Griesinger, loc. cil
particulièrement chez le cheval, qui n'est pas un des plus intelligents cependant parmi les mammifères.
A l'instinct d'imitation on peut rattacher le jeu, bien qu'on puisse le considérer comme un instinct à part, non seulement chez l'homme, mais chez tous les animaux supérieurs. Le jeu est en effet, avant tout, d'essence physiologique. Bain l dit avec raison : « Chacun sait qu'il y a une espèce d'activité qui semble vivre d'elle même, qui ne coûte aucun effort, qui cause du plaisir, loin de fatiguer, et que ne modifie pas sensiblement ni un stimulus, ni l'idée d'un but, c'est manifestement l'effet d'une force spontanée. Le résultat de cette force spontanée est un certain mouvement qui paraît tout à fait indispensable aux jeunes êtres n'ayant pas d'autres moyens de dépenser leur activité nerveuse. » — « Le plaisir que procure ce succédané de l'activité utile, dit Perez % est proportionné à la vivacité, à l'exubérance des forces mentales et cérébrales qui montent ou baissent en raison de la vigueur et de la nutrition du système nerveux. » Cette dernière phrase nous laisse prévoir ce que sera le jeu chez l'idiot dont les forces mentales sont loin d'être vives ou exubérantes.
En réalité, en effet, les idiots ne savent pas jouer. Le besoin du jeu, qu'on observe de si bonne heure chez les nourrissons, ne se remarque plus chez l'idiot et les parents vous disent que leur enfant ne jouait jamais, que plus tard il n'aimait pas et ne savait pas s'amuser avec les enfants de son âge. Les agaceries de la mère à l'enfant, qui provoquent ses premiers rires, l'idiot y paraît insensible, et cela attire par sonétrangeté l'attention des parents.
]. Bain, La science de l'éducation.