‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécile (volume 2)Chapitre 92 sur 213 · Séguin, loc. cit · texte numérisé non relu

Séguin, loc. cit

2. Wil^ermuth, Congrès des médecins aliénistes allemands, 1888.

sens musical est relativement accusé chez les idiots. C'est la seule représentation artistique qui existe chez eux. 11 est partisan de la culture du chant chez les idiots, et aussi de la danse qui s'y joint pour exciter la coordination des mouvements. L'aphasie motrice qui généralement n'est pas congéniale, s'accompagne quand elle se rencontre dans la première enfance, d'un trouhle ou de la disparition de la faculté d'exécution et même de l'obnubilation ou de l'extinction des conceptions musicales dans le sensorium. Cet ordre de sensation et d'activité peut, au contraire, parfaitement subsister quand il n'existe que de la dysphasie, des troubles de la parole tendant à un développement défectueux de l'intelligence.

L'opinion de Séguin sur le rôle de la musique dans le traitement de l'idiotie diffère de celle de Wildermuth. Il la considère comme un écueil plutôt qu'un adjuvant; et en tous cas, elle doit être employée d'une certaine façon. « L'action de la musique, dit-il, principalement sur l'idiot agité, doit être prompte, soudaine même, mais une fois l'excitation produite, il faut se hâter de l'employer utilement. » Pour nous, nous pensons qu'elle peut servir surtout à développer l'éducation et par conséquent à agir ainsi sur le moral. Nous croyons d'autre part, contrairement à Séguin, que c'est pluiôt la musique grave qu'il faut employer que la musique très gaie, la première déterminant des émotions plus profondes que la seconde.

L'amour qu'ils ont du rhythme se remarque non seulement pour la déclamation, ainsi que nous l'avons dit, mais encore dans la conversation ordinaire et surtout dans le commandement. L'intonation a une très grande importance en effet, et on peut observer que, chez les enfants, il n'est pas besoin qu'ils comprennent le sens des mots pour comprendre le

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