‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécileChapitre 20 sur 90 · IMPORTANCE DE L'ATTENTION · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DE L'ATTENTION

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porter le non-développement des facultés et ensuite la persistance de ce défaut de développement, c'est-à-dire l'idiotie. Nous étudierons plus loin l'attention chez les idiots et les imbéciles, mais actuellement nous tenons à entrer dans quelques détails pour justifier la proposition que nous venons d'émettre.

L'attention, l'attention spontanée, bien entendu, paraît avoir pour cause constante des étals affectifs, lesquels sont déterminés par des sensations (Ribot)(l). D'autre part, on a remarqué (Pérez) (2) que chez les petits enfants comme chez les jeunes animaux, les plus difficilement attentifs sont, à ce qu'il semble, ceux dont l'excitabilité nerveuse est la plus grande.

Il est donc évident que la faculté d'attention est primitivement en rapport avec la vivacité des sensations. Or, chez les idiots, les sensations sont très peu vives, d'où il résulte que leur attention est très difficilement attirée ou même pas du tout dans les premiers temps de la vie, et ce fait frappe tous les parents d'idiots.

En conséquence de ce défaut d'attention, les sensations n'éveillent chez eux que des perceptions vagues, très confuses et aucune idée nette. Dès la naissance, le défaut d'attention empêche donc l'enfant de percevoir clairement des sensations, de les comparer, et par suite de produire l'idée qui résulte de cette comparaison de sensations multipliées et semblables chacune à elle-même. A mesure que son organisme se développe et devient sujet à de plus nombreuses sensations, l'attention ne se développant pas, ces sensations sont perçues consécutivement comme isolées les unes des autres, sans éveiller aucun rapport entre elles, et parlant, pas d'idées, pas de connaissances, pas de mémoire. L'état d'idiotie ne peut donc aller qu'en se confirmant de plus en plus. Les rapports les plus simples des choses, les propriétés les plus saillantes frappent toujours l'idiot de la même façon, et il ne les saisira pas plus à la centième fois qu'à la première. Dans de telles conditions, comment concevrait-on le développement du langage qui est d'une telle importance dans le développement de l'intelli-

i Ribot, Lu Psychologie de l'attention.

■ Pérez, Les Trois premières Années de l'enfant.

PSYCHOEOGIE DK L'IDIOT ET DIS L'JMBÉCILE

gence et dans la rapidité de ce développement, que des auteur* comme Esquirolet Dubois d'Amiens l'ont pris comme critérium de l'état intellectuel ? Soit, mais à la condition qu'on dise auparavant pourquoi le langage est possible ou ne l'est pas Le pourquoi réside dans l'état de l'attention, en dehors, bien entendu,- des lésions des organes d'articulation.

De môme que l'attention est la condition première du développement des premières connaissances de l'enfant, de même elle est d'une utilité indiscutable dans l'éducation et 1 instruction ultérieures. Tous les pédagogues sont d'accord sur ce point. Le rôle de l'attention dans l'éducation est trop connu aujourd'hui pour qu'il soit utile d'y insister ici. Ans* bien n'est-ce pas notre aiïaire. Nous voulons seulement retenir le fait à l'appui de notre opinion. C'est pour cela que nous avons basé notre classification des idiots, tant au point de vue de leur état actuel que du pronostic à venir, sur le développement de leur attention.

Ceci nous amène à exposer le plan que nous comptons suivre dans celte étude de la psychologie des idiots et des imbéciles.

Comme nous le disions plus haut, la sensation est la première condition de la connaissance. Nous examinerons donc d abord l'état des sensations chez, les idiots. Puis, l'attention Haut pour nous la condition psychique indispensable pour le développement de l'intelligence, nous serons tout naturellement amenés à étudier en détail. Passant alors aux d.verses facul., s auxquelles l'attention permet d'eelore. nous passerons u, revue successivement les instincts, les émotions et les sentiments, le langage, l'intelligence proprement dite, I»-™""* l'association des idées, le raisonnement, etenfm, la volonté, la personnalité et la responsabilité.

Dans cette description séparée et progressive de 1 euu psychologique des idiots et des imbéciles nous cherche on> Ltant que possible à contrôler et à dégager les lois ou les u - ,ies formulées dans la psychologie normale. Nous "P"»*" pour objets d étude que les idiots et les imbéciles sans complication d'épilepsie, celte dernière affection, qu» > «| i souvent assoc ée. pouvant par elle-même détermine, ë

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