‹ Psychologie de l'idiot et de l'imbécileChapitre 64 sur 90 · CARACTÈRE DES IDIOTS I · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DES IDIOTS I

La plupart des auteurs (Schiile, Griesinger et d'autres) distinguent deux formes, l'anergéthique et l'éréthique ; la seconde prédominerait et s'accompagnerait souvent d'excitation périodique. « Les idiots du deuxième genre, dit Griesinger, sont remuants, agités, vifs, irritables, se laissent promptement aller à leurs impressions, mais ils sont extrêmement distraits et complètement incapables de se fixer à la moindre cbosc. On est souvent étonné, quand on voit l'air vif et enjoué de ces enfants, de découvrir qu'ils ne se disent pas un mot et qu'ils ne comprennent rien. Dans quelques cas, ils sont tellement excités et turbulents, ils se remuent, sautent de tous côtés, gesticulent, rient, pleurent et crient de telle façon, pendant toute la journée entière, que cela constitue un véritable état maniaque. »

A l'inverse de ces auteurs, nous pensons au contraire que cette forme d'excitation est la moins fréquente, que ne présente pas déjà la plus grande majorité des idiots profonds. Quant aux autres, si ces deux formes existaient, certainement elles ne répondent pas au plus grand nombre de cas, pour lesquels c'est un état moyen qu'on rencontre et qu'il est, du reste, assez facile d'obtenir avec la discipline et l'éducation.

Chez les idiots légers, le fond du caractère est l'inconstance et l'obtusion des sentiments, et la faiblesse de la volonté. Leur humeur dépend surtout de leur entourage, des traitements dont ils sont l'objet. Quand on a besoin d'eux comme on le t'ait dans les asiles, ils sont le plus souvent dociles, all'ectuenx, gais et sociables. Us sont au contraire méchants et malicieux quand on les maltraite. Chez quelquesuns, on observe quelquefois une disposition mélancolique, chez d'autres une surexcitation constante.

L'aspect des imbéciles est tout autre que celui des idiots. Tout d'abord, la conformation du visage, du crâne et de tout le corps peut être parfaitement normale . Ils sont même généralement assez bien conformés. Les traits sont réguliers, mais le crâne est un peu petit, souvent même asymétrique. La face est trop large, ils manquent de grâce, sont maladroits, sauf pour certains exercices. Ils portent dans leur personne un air de suffisance, de con lentement, en rapport

PSYCHOLOGIE DE l/lblo'f ET DE L'IMBÉCILE

avec leurs idées. Indisciplinés, ils n obéissent que par crainte, sont souvent violents, surtout avec ceux qui sont plus faibles qu'eux, humbles et soumis avec ceux qu'ils sentent plus forts. Peu affectueux, égoïstes au premier chef, vantards. Ils ont fréquemment des accès de colère, sont cyniques, se livrent à toutes les perversions sexuelles. Il en est dont le caractère est absolument indomptable et qui sont d'une méchanceté raffinée remarquable. Insouciants, satisfaits d'eux-mêmes, ils ne pensent qu'à s'amuser et aux moyens d'éviter le travail .

Mais nous ne pouvons insister d'avantage, fout le Ion" de ce travail, et dans le chapitre des sentiments en particulier, nous avons à maintes reprises montré par le détail le caractère des imbéciles. — Leur physionomie est peu expressive quoique assez mobile. Mais cette mobilité ne correspond pas à des sentiments coordonnés suivis. Les changements se font sans transition, comme se succèdent leurs idées qui sont déterminées par n'importe quelle impression extérieure. Leurs jeux de physionomie sont des plus simples. Ils expriment exactement l'impression momentanée produite, sans modifications apportées par les états d'âme antérieurs. Dès que l'impression cesse, la physionomie reprend son indifférence, les phénomènes intérieurs étant trop faibles pour déterminer une réaction de la physionomie. Aussi, celle-ci estelle au repos très peu intéressante. Ce peut être — rarement—une belle statue, mais c'est une statue. La vie psychique manque. Le regard perd son éclat passager et redevient vague et indécis.

11 en est qui sont assez spirituels, — relative!»1 ni . bien entendu. C'est parmi eux qu'on recrutait autrefois les fous et les bouffons. Ils ont en effet quelquefois des saillies et îles réparties assez drôles, le plus souvent grossières. Ils composent des chansons sur leurs médecins et sur leurs maîtres, qui ne manquent pas de sel parfois, mais sont toujours méchantes. Ils saisissent en effet assez bien, nous l avons dit, le côté ridicule ou grotesque des gens et ont une grande tendance à l'exagérer. Tant que leur esprit malicieux ne va pas plus loin, il n'y a pas à se plaindre. Mais bien souvent ils causent

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