‹ Psychologie des Derniers ValoisChapitre 4 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

J’étudie trois rois de France, François Il, Charles IX et Henri III. J’ai cru intéressant de montrer l'influence d’une lourde hérédité et d’une mauvaise éducation sur l’état mental de ces trois souverains. Cette étude a surtout pour but d'expliquer leurs errements et leurs mauvaises actions en montrant qu’ils ne furent responsables ni des uns, ni des autres. Un homme normal pense et agit sainement, mais cela ne revient-il pas à dire que ses cellules psychiques ne souffrent d'aucune perturbation ? Mais, lorsque l'ancêtre charge son descendant d’une lourde hérédité qui peut se traduire aussi bien par des anomalies de la pensée que par des malformations physiques, jugerat-on ce descendant coupable ?

Chaque être vivant a ses habitudes et ne désire que ce que ses organes lui permettent d'atteindre ; il en est de même du cerveau, cet autre organe. Quand il est malade, il inspire des désirs et réalise une volonté morbide, car, en somme, la psychose est devenue l’expression complète de sa fonction, comme il est devenu fonction d’un estomac cancéreux de sécréter un suc hypochlorhydrique.

Nous avons coutume de nous apitoyer sur le sort de

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ceux qui traînent une vie misérable empoisonnée par une affection congénitale. Bien plus dignes de notre pitié, j'entends de celle du médecin, ces malheureux dont l'esprit est seul malade, car, incompris du vulgaire, ils auront à en subir l'appréciation sévère et, quelquefois même, la condamnation sans appel. Ainsi en a-t-1l été des Valois. On ne leur a pas tenu compte de leurs ancêtres. C'est parce qu’on n’a pas cherché dans le lointain de leurs antécédents et dans la fatalité de leur naissance le secret de leur dégénérescence qu’on les a si durement jugés.

L’historien, sans doute, est habile à exhumer pour nous des poussières du passé des civilisations entières, à faire revivre devant nos yeux, avec leurs passions, des générations dont le souvenir se perdait dans l’obscurité profonde de l'oubli; mais, rechercher le pourquoi de ces actions bonnes ou mauvaises qu’il approuve où qu’il blâme, il ne l’essaie pas ; disons mieux, il ne le pourrait pas. C’est au médecin qu’il appartient d’aborder ces questions et de les résoudre.

La vie est une; c’est un mécanisme dont les fonctions sont les rouages ; à ce titre toutes sont égales ; à ce titre, elles ne sont que les éléments d’une seule et même unité qui, sous peine de n’être pas comprise, doit rester l’objet d’une seule et unique science : la science de la nature humaine, et la science de la nature humaine, c’est la science du médecin. Pour être psychologue, il n’est pas inutile d’être physiologiste ; à plus forte raison, quand il s’agit de psychologie pathologique, est-il bon d’avoir connaissance des maladies qui peuvent retentir sur lesprit. L’influence du physique sur le moral est assuré-

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