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un développement complet dee trois phalanges. Colburn partageait cette polydaclylie avec deux (ou trois) de ses frères ; il la tenait de son père et de son arrièregrand' m ère.
Mangiainele. — C'était un petit ptltre sicilien, qui vint en 1837, âgé de dix ans, à Paris, pour se faire examiner par Arago. 11 était fils d'un pauvre paysan, qui n'avait eu les moyens de lui donner aucune instruction. Il avait trouvé lui-même des procédés de calcul mental qui lui servaient à résoudre des problèmes compliqués, mais qu'on n'a jamais expliqués d'une manière satisfaisante. Mangiamele fut présenté par Arago à l'Académie des Sciences. Il résolut plusieurs questions devant l'assemblée. On lui demanda par exemple : Quelle est la racine cubique de 3790416? Au bout d'une demi-minute, il répondit : 156, ce qui est correct.
Base. — Bien que les différents calculateurs que nous passons rapidement en revue appartiennent, par suite d'une foule de traits communs, à une sorte de famille naturelle, quelques-uns gardent leur originalité propre, et se distinguent des autres par quelque qualité. Dase est de ceux-là : calculateur mental d'une grande puissance, il a mis ses aptitudes au service de la science; il a eu le temps et la patience de calculer les tables de logarithmes; il n'a pas été seulement un prodige, mais encore un homme utile.
Né en 1824, il possédait, comme ses émules, un don naturel pour le calcul, don que l'exercice n'a fait qu'agrandir. Calculateur dans le sens étroit du mot, il ne put jamais apprendre les mathématiques, malgré l'effort
de maîtres éminents qui s'intéressèrent à lui; on ne parvint pas à faire pénétrer dans sa tête la plus simple proposition géométrique. Il était même, à ce qu'on assure, d'une intelligence très obtuse pour tout ce qui n'était pas calcul mental.
Comme calculateur mental, Dase réunissait deux qualités qui, au dire des autorités en la matière, sont également nécessaires à ces exercices : la mémoire des chiffres et l'aptitude à calculer. Il semble cependant, si on en croit quelques observations qui nous sont parvenues, que chez lui la faculté de calcul était beaucoup plus faible que la mémoire; celle-ci avait une amplitude remarquable. Gauss en a fait la remarque. U constate que Dase a besoin de 8 heures 3/4 pour multiplier mentalement l'un par l'autre deux nombres composés chacun de 100 chiffres ; c'est là, pense-t-il, une forte perte de temps, car un calculateur d'une habileté modérée pourrait faire la même opération sur le papier dans la moitié du temps indiqué.
Cependant Schumacher a donné quelques autres résultats, qui semblent contredire l'opinion de Gauss. Dase multipliait deux nombres de 8 chiffres chacun en 54 secondes; deux nombres de 20 chiffres chacun en 6 minutes. Nous croyons que c'est là une rapidité fort considérable, et supérieure à celle d'Inaudi *.
Les principaux travaux scientifiques qu'on doit à Dase sont : le calcul des logarithmes naturels des nombres depuis 1 jusqu'à 1 005 000, et la table des facteurs et des nombres premiers depuis le septième jusqu'au