PSYCHOLOGIE COMPAREE XXIX
ralliement et leur drapeau . Bref, les peuples dans l'histoire, comme les êtres vivants dans la nature, ont tous le principe de leur unité et de leur force dans un caractère dominateur, autour duquel se groupent de la même façon les émotions, les images, les illusions et les tendances.
Ainsi, lorsqu'on passe de l'animal à l'homme, soit à l'homme dans l'état de santé, soit à l'homme dans l'état de maladie, la méthode n'a rien échanger. Arrêtons-nous, si vous le voulez, à ce problème si discuté des différences de l'homme et de l'animal. Il s'agit toujours de chercher la signification de chacun de leurs actes , c'est-à-dire la façon dont ces actes sont amenés, la suite avec laquelle ils s'enchaînent, le but auquel ils tendent. Les représentations confuses d'actes possibles, les tendances à répéter les actes agréables, les améliorations partielles et les perfectionnements gradués qui en résultent, certainement tout cela existe à la fois dans l'animal et dans l'homme. Mais chez l'animal, ce tout est déterminé jusque dans ses moindres détails par une série d'impulsions dont le caractère dominateur de l'organisme fait l'unité : ajoutons que tout y est limité à ce que cette organisation exige et permet; car si tous les animaux, y compris l'homme, tendent à exécuter ce qu'ils imaginent, le renard n'imagine pas les mouvements du vautour, ni le singe ceux du lion .
Dans l'homme, toutes ces déterminations qui forment, en effet, la matière de ses divers systèmes d'habitudes sont enveloppés dans un genre de vie dont le travail r^*
XXX PSYCHOLOGIE COMPABEE
fléchi est la condition, le progrès soutenu la loi» bref, dont l'unité vient d'ailleurs. Que les mémoires locales, que les automnésies cérébrales d'un chien s'accordent aisément d'elles-mêmes, je le conçois, puisque chez lui tout est organisé pour la chasse et adapté le plus souvent par les soins de l'homme à une chasse toute spéciale, et que, quand le vivisecteur lui coupe le nerf olfactif, il tombe tout à coup dans une stupidité complète et une incapacité absolue. Mais si je viens à l'homme, je me demande comment ces automnésies si nombreuses s'accordent ; et, sans méconnaître aucunement la réalité de ces mémoires partielles et locales, tout instinctives, je maintiendrai la réalité d'une mémoire intelligente, dont je vous proposerai la définition suivante : La mémoire est l'ordre établi dans les mémoires par un effort conscient et réfléchi.
De même, sans nier l'existence indépendante des oi>gdnes, des cellules, des'organites, leurs exigences souvent importunes, leurs habitudes, leurs déchaînements, et leurs conflits, en y cherchant même l'explication de plus d'une des maladies de Tintelligence, je maintiendrai l'existence d'une personnalité dont je dirai qu'elle apparaît tout d'abord comme l'efFort suivi, quoique souvent contrarié, pour ordonner et régler, donc pour soumettre et discipliner les mille individualités de l'organisme. Un tel effort peut-il émaner ou plutôt peut-il dépendre d'un autre principe que d'un principe vraiment un? Je ne le crois pas. Mais c'est- là le dernier mot de la psycho-