‹ Psychologie des grands hommes (volume 2)Chapitre 33 sur 64 · Voy. Sainte-Beuve, Causeries du lundis IV · texte numérisé non relu

Voy. Sainte-Beuve, Causeries du lundis IV

garder ici d'une confusion facile à faire. Quand on parle des familles, on a presque toujours en vue la famille sociale, celle dont les membres sont inscrits en masse sous* une appellation commune ; or il importe, dans la question qui nous occupe, de tenir compte avant tout de la famille naturelle * ; et celle-ci se continue encore lorsque l'autre a disparu. En effet le nom, dans notre système moderne, n'est conservé que par les mâles ; et les femmes néanmoins, nous l'avons vu, exercent une action considérable, prépondérante peutêtre, sur la formation des hommes supérieure. On compte beaucoup de vigoureux et robustes capitaines, d'honnêtes soldats, de bons Français, pcùnt de grands hommes, en aucun genre, qui portent le nom de Montmorency. Mais voici l'amiral de Coligny ^ et le grand Gondé % qui sont des Montmo-

1. Le mot 7ialureUe ne vise pas ici spécialcm.?nt les nais* âances illégitimes, mais la parenté vraie qui survit au changement du nom.

2. Fils de Gaspard de Coligny et de Louise de Montmorency. Celle-ci était la sœur du connétable Anne, l'un des plus héroïques de la maison. Les études les plus récentes tendent h relever la gloire de l'amiral de Coligny et à faire de lui l'un des plus grands personnages de celte époque troublée.

Page 1