‹ Psychologie des grands hommes (volume 2)Chapitre 34 sur 64 · Sa mère était la fameuse Charlotte de Montmorencv · texte numérisé non relu

Sa mère était la fameuse Charlotte de Montmorencv

rency par leurs mères. La famille de Montmorency eût donc pu être socialement éteinte ; elle eût revécu naturellemejit dans les deux illustres personnages que nous venons de rappeler. De même, le fameux connétable de Saint-Paul se retrouve dans les Guise ; et, comme dans la plupart des cas, c'est par la voie féminine qu'il est, pour ainsi dire, rentré dans l'histoire. Sa petite-fille Antoinette de Bourbon épouse Claude de Guise, le fondateur de la maison. Or « elle avait, dit Michelet, le sang de son aïeul, avec une violence sinistre qu'elle fit passer à ses enfants » ; ce fut elle qui poussa François au massacre de Vassy. Ainsi encore, les célèbres capitaines Maurice et Henri de Nassau revivent dans Turenne, leur neveu, le fils de leur sœur Elisabeth.

Mais la famille que nous appelons ici naturelle se distingue encore d'une autre façon de la fa-

dont Henri IV fut si épcrdumcnt amoureux. Lllc avait, dit Michelet (voy. Histoire de France, l. XI, p. 110), avec une beauté fatidique, légendaire, le cœur haut etambitieux. Henri IV, expliquant à Sully ce qu'il avait éprouvé devant elle, lui disait que dans son regard elle lui avait para unique, non seulement en beauté, mais en courage* Et le poétique historien s'écrie qu'il y avait dans ses yeux a comme un éclair de Rocroy»*

mille sociale. Il arrive très souvent que les historiens nous disent : Telle famille, la famille des Saulx-Tavannes, la famille des Guise, commence avec tel personnage, en telle année. C'est en celle année effectivement que le nom, le titre, les privilèges distinctifs de cette famille apparaissent pour la première fois. Mais enfin ce fondateur avait lui aussi une famille et des aïeux. 11 arrive môme très souvent que c'est lui qui restera le représentant le plus illustre de ce nom qu'il inaugure, et que la décadence, plus ou moins rapide, commencera dès après lui *. On peut en conclure que, s'il résume en sa personne un certain nombre de qualités différentes qui se complètent les unes les autres, il les tient précisément de cette famille antérieure, que le nom nouveau dont il se fait gloire va laisser dans Tobscurité. Ceux-ci, lisons-nous, viennent d'une vieille famille d'Anjou, ceux-là d'une vieille famille de Lorraine ou de Provence ; comme on dit que, parmi nos grands littérateurs ou nos grands savants, l'un sort d'une

i. C'est très exactement le cas poar la famille des Saulx- Tavannes, d'après son intéressant et judicieux historien, M.L. Pingaud.

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race patriarcale de bons magistrats, l'autre d'une suite d'artisans laborieux, et ainsi de suite. Il peut donc être également vrai : 1® que ces familles obscures et méritantes sont celles qui vivent le plus longtemps et qui ont le plus de chances de produire un jour ou Tautre quelque personnage extraordinaire ; 2° que c'est justement quand avec l'illustration commencent la lutte, le danger, la fatigue, que le principe de la décadence est fatalement posé ! H reste toutefois l'espérance de voir cette vertu refleurir, si elle se repose en quelque sorte sous la forme féminine, et si elle se retrempe dans des alliances heureusement choisies, pour reparaître, ainsi restaurée, sous un nom nouveau.

La seconde difficulté n'est pas non plus sans réponse. Expliquer, disions-nous, le caractère et le tempérament des grands hommes, ou expliquer le succès de leurs tentatives, ce n'est pas expliquer le génie même. On peut répliquer que, si ce n'est pas là toute Texplication, c'en est au moins ou le commencement ou l'achèvement.

D'abord si un grand homme est essentiellement celui qui fait de grandes choses, est-il possible

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que parmi les éléments de sa grandeur on néglige ceux qui lui ont donné le succès ? Uesprit ne crée qu'à la condition de descendre dans la matière : il la dominé sans doute et la transforme à son image, mais non sans se plier à quelques-unes de ses exigences. Le grand homme et le saint ont été parfois réunis : on ne peut espérer qu'ils le soient toujours. Souvent le saint s'éloigne du monde, parce qu'il le méprise : il se recueille dans la paix de sa corftcience et travaille pour l'éternité. Nos grands hommes combattent pour cette société même, si mélangée de vices et de vertus ; ils se meuvent tout entiers dans cette histoire, toujours agitée en des sens si divers par les guerres et les révolutions. Comment donc ne pas faire entrer dans leur génie créateur ces caractères qui leur ont permis d'agir profondément sur les hommes auxquels ils ont été contraints de se mêler ?

Allons maintenant à ces traits plus délicats et plus superficiels qui leur donnent leur physionomie originale . Il n'en faut point exagérer l'importance sans doute ; et l'on comprend qu'ils eussent pu être remplacés par d'autres sans que la puis-

sance intime et profonde des facultés essentielles en eût subi d'altéraiion. Mais la fusion des goûts et le mélange des caractères n'en sont pas moins un acheminement à la combinaison des aptitudes. S'il est vrai que le naturel d'un individu compte des éléments nombreux, empruntés à des sources différentes, il y a là une présomption très forte en faveur de cette idée, que la vigueur de l'intelligence a pu s'être formée graduellement, elle aussi, à la faveur de tels emprunts. D'un côté, les éléments qui entrent dans la constitution du génie sont complexes ; de l'autre, les influences héréditaires sont nombreuses : le nombre de celles-ci ne doit- il pas servir à expliquer la complexité de ceux-là ?

Telles sont les réponses que nous croyons pouvoir être faites à nos propres objections. Elles ne dissipent pas toute obscurité. En posant devant nous cette multiplicité d'éléments et cette multiplicité d'influences, en nous montrant dans la majeure partie des grands hommes les résultats d'une élaboration sourde et silencieuse, opérée par des aïeux modestes, simples et calmes, il ne faut pas se dissimuler qu'elles cachent les don-

nées du problème dans une région souvent bien ténébreuse. Poursuivre ainsi les destinées de forces soumises par essence à une sorte de dispersion et d'émiettement continuels restera toujours une tâche difficile. Croire enfin qu'avec des conditions si nombreuses et si divisées, avec mille influences qui se croisent, se combattent, se réduisent ou s'annulent mutuellement au jour le jour, on puisse fréquemment trouver une tendance accentuée à la consolidation et à l'embellissement d'un type un et original, ce serait une singulière illusion. Mais nous savons depuis longtemps que rien n'est en eflet plus rare et plus imprévu que le génie. Il arrivera donc quelquefois que certaines qualités psycho-physiologiques dominantes, une fois données, exerceront sur la suite des combinaisons héréditaires une influence, une attraction assez décisives, pour produire à la longue une organisation en même temps très riche et très une. Il arrivera aussi que par un concours de circonstances exceptionnelles, une semblable organisation apparaîtra sans avoir été préparée par un aussi long travail de la race. Il arrivera enfin que ce tavail ou échouera complè-

tement ou ne réussira qu'à moitié. Mais s'il est prouvé, par un certain nombre de faits positifs et de correctes inductions, qu'un tel travail n'est pas rare et que quelquefois il aboutit, c'est encore là un résultat que nous aurions tort- de mépriser. Une famille qui dure longtemps a son grand homme en perspective, comme un soldat qui n'est pas tué a son bâton de maréchal dans sa giberne : ce sont là deux vérités fort approximatives sans doute. Pas plus l'une que l'autre, elles ne doivent être prises au pied de la lettre ; mais pas plus l'une que l'autre, elles ne méritent d'être raillées. Les Lamoignon, les Jussieu, les de Candolle ne sont pas arrivés au génie ;mais la famille de Charles Martel, mais les- Bach, mais les Mirabeau, mais les collatéraux des Montmorency et des Nassau y sont visiblement arrivés. Quant aux premiers, on avouera bien qu'en y tendant, ils n'ont pas tout à faitperdu leur temps et leur peine.

Ces conclusions risquent de paraître modestes ; et peut-être se demandera-t-on si la théorie de

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rhérédité ne dispose pas, pour les agrandir, de certaines ressources auxquelles nous n'avons jusqu'ici rien emprunté. L'hérédité est soumise à des métamorphoses, aucun physiologiste, aucun médecin n'en doute ; et nous avons rappelé nousmême qu'au génie succédait souvent le désordre ou l'impuissance. N'y aurait-il donc pas, dans ces métamorphoses, une loi d'alternance qui ferait du ^énie une phase intermédiaire entre deux ordres d'anomalies? De tout temps, le vulgaire a été frappé de ce qu'il y a d'original, d'insolite, de hors nature dans ces personnages extraordinaires. Il a d'abord constaté que chez les Alexandre, les César, les Charles V, les Henri IV, les Cromwell, les Gondé, les Mirabeau, les Napoléon, comme chez les Rousseau et les Voltaire, tout n'était pas également digne d'admiration et de sympathie. Puis, sur ces hommes et sur leurs pareils, il a recueilli de tous côtés des anecdotes étranges, le? faisant agir contre toute règle et sans le secours, évidemment trop grossier, du bon sens. Toute bizarrerie et tout excès qu'il a surpris chez eux lui ont peu à peu semblé comme des parties intégrantes de leurs facultés et des conditions de leur

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grandeur. Bref, il a confondu les inspirés avec les extatiques, les visionnaires, les hallucinés. Il s'est enfin trouvé des savants pour justifier cette confusion. On a consacré des livres ingénieux à développer des propositions comme la suivante : « Les dispositions d'esprit qui font qu'un homme se distingue des autres hommes par l'originalité de ses vues et de ses conceptions, par son excentricité ou l'énergie de ses facultés affectives, par la transcendance de ses facultés intellectuelles, prennent leur source dans les mêmes conditions organiques que les divers troubles moraux dont la folie et l'idiotie sont l'expression la plus complète *. »

Mais il y a deux interprétations de cette théorie. La première tend à établir que l'homme de génie lui-même, par une tension de toutes ses facultés qui va jusqu'à « la perte de la conscience ou à l'extase », est véritablemeiit un malade. Autrement dit; « le génie est une névrose » ; ou encore, « la conslitution de beaucoup d'hommes de génie est

1. J. Moreau de Tours, La psychologie morbide dans ses rapports avec la philosophie de V histoire, ou de V influence des névropathies sur le dynamisme intellectuel.

bien réellement la même que celle des idiots * » . Nous considérons cette interprétation-là comme réfutée surabondamment. Soutenir que la force et la faiblesse, la maladie et la santé, Tordre et le désordre sont mêmes choses ou tiennent à de semblables conditions, c'est un pur jeu d'esprit. Nous n'en dirons rien de plus *. On l'a senti du reste parmi ceux qui cherchent toujours à tout phénomène mental des explications purement physiologiques, et l'on a donné de la théorie cette autre interprétation que nous venons de désigner par lesmots de métamorphose ou d'alternance. Si, a-t-on dit, les cas de surexcitation maladive et ceux d'originalité puissante ne coïncident pas, du moins ils se succèdent, et il est possible qu'ils s'engendrent, comme dans Platon, les contraires et, dans le proverbe populaire, les extrêmes. De même que le rhumatisme articulaire alterne avec la chorée ou danse de Saint-Guy, ainsi la puissance inventive peut alterner avec une variété

1. Ces différentes expressions sont tirées du livre de Mopeau de Tours.

2. Nous renvoyons aux spirituelles pages de M. Paul Janet, dans Le cerveau et la pensée, et Albert Lemoine, dans Lame et le corps.

quelconque de Taliénation mentale. Les faiblesses et les excès qu'il est impossible de ne pas voir chez la plupart des grands hommes sont alors des symptômes secondaires, moins développés, moins dominants surtout dans Fétat qui précède que dans celui qui doit suivre, mais attestant bien une transition, un passage en Ire les deux.

Disons tout de suite que cette forme de la théorie nous parait aussi confuse et aussi fausse que la première ; nous allons essayer de le prouver, car nous voudrions débarrasser de toute compromission avec de semblables hypothèses la doctrine dont nous avons montré les parties solides, les côtés vrais dans les développements qui précèdent.

Pour plus de facilité, distinguons dans la question trois cas ou trois moments successifs possibles : 1** Le grand homme hérite de ses ascendants les bizarreries et les faiblesses qui se mêlent à son génie. 2° C'est dans le grand homme luimême qu'elles apparaissent pour la première fois : il en est pour ainsi dire l'auteur ou du moins la première victime. 3° Le grand homme transmet ce triste héritage à sa postérité.

Les hommes de génie sont très souvent déparés par des imperfections qu'ils tiennent de leurs parents, cela ne fait pas question. Nous savons tous qu'il y avait chez Henri IV des contrastes inouïs ; que si, pour sa gloire et pour la nôtre, il tenait de Jeanne d'Albret, il y avait aussi en lui beaucoup de Henri d'Albret ; qu'à côté d'un sérieux qui allait parfois jusqu'à la solennité et d'une hauteur Vraiment royale, les biographes relèvent en lui à plaisir des traits de légèreté coupable et de trivialité. Tous nous disent que c'était un mélange extraordinaire de courage sain et robuste et de complaisantes faiblesses, d'ingratitude et de fidélité, de générosité de cœur et de ruse, on peut aller jusqu'à dire d'esprit, d'héroïsme et de -ridicule *.

Il est de même acquis que l'on retrouve dans le grand Frédéric son aïeul Frédéric P', le brillant et généreux fondateur de la Société royale de Berlin (dont le premier président fut Leibniz),

!. Voy., dans V Histoire de France de Michelel, tome IX> la description de Taccoutrement sous lequel il s'était travesti pour chevaucher incognito à la portière de Charlotte de Montmorency.

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mais aussi son père Frédéric-Guillaume I", le roisergent, celui qui poussait jusqu'à des manies si singulières le souci de transformer ses villes en des casernes, son État en un vaste camp. De là l'impression parfois douteuse que produisent non seulement sa vie, mais la lecture de ses écrits ; car un critique a pu caractériser très exactement sa correspondance en disant qu'on y trouvait « des taches de bière et de tabac sur des pages de Marc-Aurèle ».

Napoléon I*' tenait de son père non seulement cette âpre ambition, ce mélange d'astuce et de convoitise dont nous avons déjà parlé, mais une disposition cancéreuse et une agitation nerveuse qui, avec un peu de bonne volonté, a paru revêtir dans sa jeunesse un caractère « épileptiforme».

Ârrètons-nous à ces exemples saillants et authentiques, et concédons qu'on en pourrait d'ailleurs apporter beaucoup d'autres. Sont-ce là des phénomènes de métamorphose et d'alternance ?

On l'admettrait si les vices ou les misères des auteurs disparaissaient pour un temps chez leurs produits^ en y faisant place au génie. On retrou-

verait alors dans la vivacité du génie Téqui valent de la violence criminelle ou maladive dont elle serait la simple transformation. Ainsi, quand la chorée succède au rhumatisme articulaire, c'est que le rhumatisme articulaire a disparu. Mais comment dire ici qu'il y ait métamorphose, puisqu'il y a coïncidence? La violente amour que Henri IV portait à ses sujets était-elle une transfo'rmation de celle que l'un ou l'autre de ses aïeux pouvait porter à ses maîtresses ? Mais non !

puisque toutes deux subsistaient également chez le bon roi avec une pareille vivacité.

Comment celte grandeur et ces faiblesses se développent-elles ainsi côte à côte ? demandera-ton. C'est là une question qui se présente si naturellement ici que nous ne devons point l'éviter. La Rochefoucauld a écrit à ce sujet une maxime souvent répétée sous diverses formes et en sens non moins divers. « Il n'appartient, dit-il, qu'aux grands hommes d'avoir de grands défauts *. >$ Comprendrons-nous que la grandeur des défauts est la conséquence, le signe et la mesure de la

i. Édilion Duplessis, dans la Bibliothèque eizévîrienne p. 168.

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grandeur de celui en qui nous les surprenons ? C'est, si Ton veut, un signe de la violence de son tempérament ou de la persistance prolongée de ses habitudes, ce qui est une tout autre chose. Concédons cependant que c'est quelquefois le signe d'une grandeur native égarée, d'un fonds riche et mal cultivé. Ainsi l'on dira que la violence de la maladie et de la douleur dans une organisation physique atteste bien souvent l'énergie de la vie qui lutte et se débat. Mais enfin, quand l'organisme en est là, la puissance de la vie est bien menacée ; et quand la force des facultés mentales ou affectives se manifeste par la grandeur des défauts, il est difficile de ne pas accorder que la grandeur totale du personnage y perd plus qu'elle n'y gagne. Dans tous les cas, rien. absolument ne prouve que ce mode de manifestalion de la grandeur ait quelque chose de nécessaire, et surtout qu'il soit une des qualités €u des vertus constitutives du génie.

Une interprétation plus juste de la maxime de La Rochefoucauld est celle-ci : 11 n'appartient quaux grands hommes d avoir de grands défauts... impunément. Qu'un homme de génie ait

des faiblesses, des vices, des désordres, c'est son affaire ! Ce que nous, humanité, qui lui décernons la gloire comme prix de ses services, voulons de lui, c'est qu'il les ait compensés par un surcroît de dévouement, d'amour du beau, de lucidité d'intelligence, de force d'attention, en un mot qu'ils ne l'aient pas empêché de faire de grandes choses. Dans les conditions ordinaires de la vie, ni le désordre qui disperse, ni la violence qui épuise, ne laissent les facultés assez intactes pour produire une œuvre virile. Mais le grand homme est précisément celui qui demeure assez fort pour se ressaisir au milieu de ses. chutes et discipliner à temps la fougue de ses impulsions. Qu'un écrivain ou un artiste, par exemple, étudie ses propres passions, puis les dépeigne ou les exprime avec éclat, cela est possible ! Mais encore faut-il qu'il ait repris sur eux son empire, et que l'étude ait restauré en lui, dans son énergie et sa pureté, cette autre passion qui finale^ ment doit surmonter toutes les autres, la passion de l'art et du beau. En d'autre? termes, il faut que ses défauts respectent le domaine sacré ' 3i il exerce l'art qu'il aime et où il accomplit

son œuvre propre [oo(.t\o>t ip-^o^, selon l'expression classique d'Aristote). C'est bien là, si nous voulons y regarder de près, ce que nous voyons dans rhistoire des lettres et des arls, comme dans rijistoire proprement dite.

On a beaucoup parlé des entraînements d'Alfred de Musset. Mais, à côté d'eux la critique a toujours vu le ferme et lucide bon sens qui soutenait ses fantaisies les plus légères, et M. Nisard a pu dire, sans paradoxe, que cet enfant du dix-neuvième siècle le plus troublé, était, sur les points essentiels de la poésie, demeuré de. Técole de Boileau. Chez Napoléon P', que d'excès, et pour rappeler le mot du moraliste, qui semblera ici bien indulgent, que de défauts! One de violences particulièrement, et que de mépris pour les autres hommes ! Quel dédain de leur vie, de leurs intérêts et de leurs droits I Quel abandon sauvage à ses caprices et à ses convoitises les plus insensées, dissimulé sous une ostentation plus ou moins sincère de fatalisme ^ ! Mais qu'est-ce avant tout que Napo-

1. Il s*en estdéfenduà Sainte-Hélène. Mais les apologies de Sainte-Hélène équivalent bien souvent à des aveux mal déguisés, st mêlés de remords ou de repentirs.

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des résistances, de ne tenir aucun compte i traditions populaires, ni des lois économi voilà bien la source principale de ses illusii de ses folies. Mais retrouve-t-on rien de i|| dans l'organisation de ses campagnes et d

conduite de ses batailles? On sait au contraii jamais capitaine ne mit autant de soin à toi brasser, à tout connaîlre, pour discerner temps d avance « le point précis où il fallait fi pour qu'un coup décisif emportât tout le res

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une défaite possible et à se ménager une re enfin, pour répéter ses propres expressions profiter de tout, à ne rien négliger de ce qui rait lui donner quelques chances de plus. »

1. 11 fut grand auBsi dans les parties deTurt d'admini pouvait s'appliquer utilement la méthode qu'il imposai ganisation de ses armées,

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