Dans une lettre à Metternich, citée par M. Jung
Maïs cette division qui s'opère ainsi dans un même homme entre son génie et ses faiblesses, d'où vient-elle? Et comment comprendre exactementune telle anomalie? Voici une autre maxime de La Rochefoucauld *, qui nous l'explique en deux mots profonds : « Les grandes âmes ne sont
pas celles qui ont moins de passions et plus de vertus que les âmes communes, mais seulement celles qui ont de plus grands desseins. » Voilà toute la vérité. Espérer que les grands hommes n'auront point de passions, point de défauts, est le fait d'une admiration naïve que notre nature, en somme, ne mérite pas. Attribuer la supériorité des hommes de génie à la violence de leurs instincts, c'est rabaisser cette même nature à outrance ; c'est injustement diminuer ce que d'autres veulent meilleur qu'il n'est possible de l'obtenir. Supposons donc une âme vigoureuse, mais pétrie de ce même levain qui fermente chez nous tous, ou pour le bien ou pour le mal. Toute force tend à s'exercer, donc à s'appliquer, et à s'appliquer à un objet dont l'importance soit en