IV PSYCHOLOGIE COMPAREE
avec l'homme supérieur ; la corapariiison de l'homme et de l'animal. Il y a Jà, vous le voyez, un champ extrêmement vaste qui peut être indéfiniment remué. Le parcourir en entier- nous serait impossible ; il importe donc de bien marquer tout d'abord comment nous pensons nous y orienter.
Au XVII^ siècle (je ne crois pas remonter trop haut), la psychologie était dominée tout entière par une conception unique : l'action de Dieu sur nos âmes expliquait tout. C'était une sorte de gravitation morale universelle analogue à celle que Newton découvrait dans le monde physique. Les Descartes et les Malebranche ne voyaient dans les puissances de notre âme que le mouvement imprimé à la créature par îson auteur, mouve^ ment trop souvent arrêté ou détourné par la créature, mais demeurant néanmoins sous Ja main et dans la dépendance constante du Créateur. Je n'ai pas à vous apprendre que ce mode d'explication n'a pas gardé grande faveur bien longtemps. Les regards de la science se sont portés depuis lors sur J'infîniment petit; le microscope a tout décomposé, dans la pensée comme dans la matière, et c'est dans l'accumulation et le groupement spontané d'innombrables mouvements élémentaires qu'on se flatte de trouver aujourd'hui le secret de toute existence.
Chercher ces faits élémentaires, les distinguer, les analyser dans leurs parties les plus ténues, les placer les uns à côté des autres, c'est là très certainement une