PSYCHOLOGIE COMPAREE V
œuvre utile, intéressante, dont je n'ai nullement l'intention de médire, à laquelle même je demande à coopérer dans la mesure de mes forces. Le service qu'elle nous rend, c'est de nous montrer les resseiïiblances ; le péril auquel elle nous expose, c'est de trop isoler ces dernières, de les mettre trop exclusivement en relief, par conséquent de les exagérer. Mais ceci vaut la peine d'être plus amplement démontré.
Parmi les ressemblances partielles qui nous font rapprocher les uns des autres les différents objets de la psychologie comparée, il en est qui se découvrent bien aisément.
Les grands hommes sont remplis de bizarreries et de faiblesses, a Si, comme dit Pascal, ils ont la tête plus haute que nous, ils ont les pieds aussi bas que les nôtres ; ils y sont tous au même niveau et s'appuient sur la même terre ; et par cette extrémité ils sont aussi abaissés que nous, que les plus petits, que les enfants, que les bétês. » Le maniaque raisonne à outrance, et l'homme le plus sage fait à chaque instant des folies. L'homme civilisé a dû rougir plus d'une fois des exemples de constance et de fidélité que lui donnaient des sauvages, du dévouement naïf du nègre ou de la sévère loyauté du Peau- Rouge. Les poètes satiriques de tous les temps ont trouvé, même avant les naturalistes, que nous pouvions recevoir des bêtes plus d'une leçon. De ces dernières, qu'avons-nous besoin d'en dire ? Les descriptions de leurs industries, de leurs arts, de leurs familles, de