PSYCHOLOGIE COMPARÉE. XXI
OU locales; or c'est là qu'il faut chercher Texplication de sa nature ou de son énergie spéciale, dans quelque rang que ce soit de la hiérarchie psychologique. La raison qui fait que le renard dans son terrier ne se plaît pas aux mêmes images que le lièvre dans le sien n'est pas différente de celle qui donne à tel homme l'imagination d'un musicien, à tel autre celle d'un peintre. Le musicien est essentiellement celui qui sait entendre intérieurement des combinaisons de sons suivies; le peintre est celui qui sait, les yeux fermés, voir nettement et brillamment des contours, des reliefs, des couleurs. Chez le premier, c'est surtout le système auditif qui imagine ; chez le second, c'est le système visuel. Ainsi, est-ce le système olfactif qui prédomine chez le carnassier. L'explication est toute semblable.
Supposez maintenant que l'imagination de l'un des organes soit surexcitée à un tel point que, dans le concert habituel de ces imaginations vivant côte à côte, elle seule puisse être entendue, vous voyez d'un seul coup d'œil se dérouler devant vous les phénomènes de l'illusion, de rhallucination, de l'idée fixe, de la folie impulsive, du délire. Résolvez ainsi en leurs éléments ces facultés que l'on considérait jadis comme des puissances irréductibles, aussitôt vous lisez à livre ouvert dans les états les plus éloignés en apparence, comme vous lisez facilement dans un vrai livre, une fois que vous avez décomposé les vingt-quatre lettres dont se forment tous les mots de la langue.
C'est en usant plus hardiment encore de cette méthode qu'on a voulu expliquer récemment les variétés, les maladies et la nature intime de la mémoire ^ Comme la vie d'un organisme se résout dans les vies multiples des organes, des tissus, des éléments anatomiques qui