‹ Psychologie des grands hommesChapitre 2 sur 98 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Depuis la première édition de ce livre, plusieurs écrits remarqués ont agité les mêmes questions : je citerai particulièrement la thèse de M. Séailles sur le Génie dans VArtf certains articles de M. Brunetière dans la Revue des Deux Mondes et Tédition française de l'ouvrage de M. Lom* broso sur le Génie et la Folie, Il m'était impossible de remanier mon travail sans tenir compte de ces nouvelles recherches ou de ces nouvelles réflexions.

Dans des articles où il examinait mon livre et celui de M. Séailles, M. Brunetière se montrait surtout scandalisé que des psychologues, des hommes de science (ou s'eflTorçant d'être tels) osassent toucher à l'appréciation dés grands écrivains. C'était là, disait-il, l'œuvre de la critique : or, la critique, ajoutait-il, n'est pas une science, et elle n'a même rien de commun avec la science.

Il y a lieu de croire que l'éminent critique est aujourd'hui revenu de cette doctrine si absolue. N'a-t-il pas entrepris tout récemment de faire de l'histoire littéraire une branche de l'histoire naturelle et de retrouver dans la succession des « genres » dont il s'occupe, une suite de transformations soumises aux mêmes lois que les transformations des espèces vivantes? La critique, je le sais, n'est pas tout à fait la même chose que l'histoire littéraire, pas plus que la psychologie des grands hommes n'est la même chose que la critique : mais tout cela se touche d'assez près. Or, si la succession des genres a ses lois (ce que M. Brunetière prouve aujourd'hui), l'appari-

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