‹ Psychologie des grands hommesChapitre 41 sur 98 · Voir particulièrement M. Mézières · texte numérisé non relu

Voir particulièrement M. Mézières

ce paragraphe singulièrement profond de la Rhétorique d'Aristote « où le fait qu'avait noté Platon reparaît, mais cette fois avec la généralité qui caractérise une loi * ». « Dans les familles humaines, dit Aristote *, il y a aussi cette marche inévitable qu'on observe dans les produits de la terre. Parfois, si la famille est distinguée, il naît, pendant quelques générations*, des hommes remarquables; puis ensuite tout s'abâtardit. Les races énergiques tournent aux caractères extravagants et furieux, comme les descendants d'Alcibiade et de Denys l'Ancien; les races calmes tournent à la sottise et à la stupidité; témoin les descendants de Gimon, de Périclès et de Socrate. »

Ceci bien acquis, je remarque que, s'il y a des exceptions, c'est beaucoup plutôt dans la ligne féminine qu'on les rencontre. Ainsi Ton remarque que, dans la famille de Théodose, « le talent et la vigueur semblent s'être transmis surtout aux femmes ^ » (les Pulchérie). On rappelle que de P. Corneille descend en ligne directe Charlotte Corday, que Gustave-Adolphe eut pour fille la célèbre reine Christine, qui réunit à sa cour de Stockholm Grotius, Descartes et Vossius. On cite encore Mme de Staël, fille de Necker, comme on citait dans l'antiquité la

1. Ch. Lévêque (dans un article du Journal des savants^ consacré à la 1" édition du présent livre. Je suis heureux d'y recueillir ces précieux documents.)

2. Aristote, Rh(ft,, II, 15; trad. B. Saint-Hilaire, t. I, p. 280.

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