Voir de Loménie, les Mirabeau
LA PRÉPARATION PAR L'hÉRÉDITÉ. 83
puissantes, mais incomplètes ». Et Sainte-Beuve a pu dire que le père du grand orateur était d'une de ces races sans mélange, dont l'heure finale avait sonné. Voilà Tune des deux origines ; voyons l'autre, et voyons le mélange attendu. « Mirabeau tenait de sa mère des caractères qui gâtaient fort et qui ravalaient même, disait son père, la hauteur originelle du type, qui en altéraient certainement la noblesse, mais qui en corrigèrent aussi la dureté. Il tenait de sa mère la largeur du visage, les instincts, les appétits prodigues et sensuels, mais probablement aussi ce certain fonds gaillard et gaulois, cette faculté de se familiariser et de s'humaniser, que les Riquetti n'avaient pas et qui deviendra un des moyens dé sa puissance *. » Le marquis avait donc beau s'écrier que son fils avait n toutes les qualités viles de la souche maternelle! i> il avait beau se lamenter de le voir pencher « vers la canaille plumière, écrivassière I » Ce n'est qu'en descendant ainsi des hauteurs abruptes de sa famille pour (l se répandre, se précipiter et distribuer à tous », que son fils est devenu l'orateur, le politique, le grand homme dont la gloire égale celle de la Révolution qu'il a servie *. Quelle objection soulèvent ces intéressants rapprochements? Celle-ci, sans doute, que les conditions extérieures du succès sont une chose, et que