‹ Psychologie des grands hommesChapitre 56 sur 98 · Camenes du lundiy t. III, Étude sur la duchesse du Maine · texte numérisé non relu

Camenes du lundiy t. III, Étude sur la duchesse du Maine

au fond de Tâme rien moins que celte bonté naturelle dont l'a loué Bossuet; mais son grand esprit et son vaillant cœur couvraient bien des choses. Pourtant il ne fallait pas le contrarier à certains moments; caractère violent et despotique, il s'irritait de la contradiction, même quand il ne s'agissait que des ouvrages de l'esprit. Boileau s'en aperçut, un jour qu'il différait de sentiment avec lui. Dorénavant, disait-il, je serai toujours de l'avis de M. le Prince, surtout quand il aura tort. En général, les descendants du grand Gondé ne furent pas bons. La brutalité, poussée jusqu'à la férocité, perçait déjà dans celui qu'on appelait M. le Duc (le petit -fils), et dans cet autre M. le Duc, qui fut premier ministre après le Régent; elle éclata à nu dans le comte de Charolais. Les violences, l'impossibilité de supporter aucune contradiction se marquaient chez eux en traits énergiques et frénétiques. L'esprit du grand aïeul se soutint cependant avec distinction encore et se distribua comme en brillantes parcelles dans la personne de plus d'un rejeton. La duchesse du Maine fut à cet égard des mieux partagées *. Il est à remarquer qu'à ce degré si prochain la race déjà s'appauvrissait au physique et que la taille s'en ressentait. La duchesse du Maine, aussi bien que ses sœurs, était presque naine; elle qui était une des plus grandes de la famille, elle ne paraissait pas

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