AVANT-PROPOS
Quel que soit l'intérêt des problèmes qui se posent à leur sujet, est-il encore temps de parler des mystiques, d'en parler autrement qu'en historien, en curieux ? — Leui^ état d'âme semble aboli, dépassé, voire même, au premier aspect, incompatible avec le nôtre.
Mais, à y regarder de plus pî^ès — l'abus Journalier qui se fait du mot est, à cet égard, significatif — l'on constate que notre littérature, notre philosophie, notre société tout entière sont imprégnées de mysticisme ; d'un mysticisme vague, à vrai dire, et mal défini, qui se réduit à des tendances. Ces tendances, à la faveur des événements inouïs que nous avons vécus et sommes appelés à vivre, se développeront, sans nul doute, et se feront plus précises. Car le mysticisme est, parmi bien d'autres choses, une tentative d'évasion. Chassées de leurs abris séculaires, les âmes, dans le fracas des grandes commotions sociales, tourbillonnent éperdues, et, fuyant un monde bouleversé, se jettent au gouffre d'en haut.
Donc, on peut prévoir une renaissance du mysti-