Macbeth, acte V, se. I
Certains somnambulismes monoïd^Mques sont létliargiques. Le sujet est immobile et semble endormi. Quand, entré dans un somnambulismr de nature dillércnte il donne lui-même des détails sur son état psychologique, ou lorsqu'on parvient à se renseigner sur les circonstances dans lesquelles l.i léthargie a commencé, on apprend qut'l se croif mort (la rêverie, s'allongeant progressivement, a embrassé toute sa vie et s'est étendue jusqu'à sa mori). On aurait beau le mettre à la torture, il ne se réveillerait pas : le réveil, à moins d'être spontané, ne sera obtenu que si l'on parvient à entreidans le système d'idées dans lequel le malade s'est endormi.
Des notions exposées ci-dessus se déduit le parallélisme qu'on va voir institué, — d'une part entre la rêverie et les différentes « oraisons », d'abord ordinaires. puis extraordinaires ou mystiques aboutissant à l'extase; d'autre part entre l'extase et certaines formes dr somnambulisme.
L'oraison dite ordinaire comporte quatre degrés : ht prière vocale, la méditation, l'oraison affective, l'oraison de simple regard ou de simplicité.
La prière vocale, qui suffit à déterminer et à maintenir, à travers mille distractions, la « polarisation afTeclive » de l'ùme et son orientation religieuse, ne peut être considérée en tout état de cause, que comme « une
modeste étape de début dans la voie de l'union myslique' ».
Je la mon lionne pour mémoire, et viens à la méditation, le plus important, au point de vue psychologique, dos « exercices spirituels ».
Le sujet qui médite s'efforce de s'isoler, de substituer à sa perception du monde extérieur celle d'un milieu intérieur fictif (c'est en quoi consiste la construction o\x fabrication du lieu"'^ ; et, les scènes qu'il se représente, il ne se les représente pas à l'état de simples tableaux; ces scènes, il doit, autant que possible, les vivre, feindre qu'il en est le témoin^ En un mot, l'exercice del'imal^ination, tel qu'on lui recommande de le pratiquer, ne (end pas à la concentration de l'attention volontaire; il h-nd au contraire à favoriser le déroulement automatique des émotions et des images. Par cette tendance, la méditation se rapproche de la rêverie superficielle, qui, elle aussi, évolue vers l'automatisme. Au travail de l'imagination succède, il est vrai, chez le sujet qui médite, le travail de l'entendement ; mais ce travail se ramène pour lui à des « considérations » , qui ne sont