‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 122 sur 161 · Voy. ch. IV · texte numérisé non relu

Voy. ch. IV

3. La « fabrication du lieu «, dit saint François de Sales, « n'est autre chose que de proposer à son imagination le corps du mystère que l'on veut méditer, comme s'il se passoit réellement et de fait en notre présence. » — Cf. Roothaan, De la manière de méditer : « On évitera avec soin, dans la représentation des objets sensibles, de se les figurer comme de simples tableaux ou comme des faits accomplis il y a plusieurs siècles. On agira au contraire comme si l'on était soi-même actuellement témoin de tous ces faits, comme si l'on était dans rétable de Bethléem ou sur le Calvaire, comme voyant tout de ses yeux, comme entendant tout de ses oreilles, comme étant réellement présent à l'accomplissement de tous ces mystères. » — Le P. Roothaan, « si le sujet sur lequel on médite ne tombe pas sous les sens, comme le péché, la vertu ou tout autre objet spirituel », recommande, dans la mesure où il est possible, l'emploi du même procédé.

pas lies réflexions véritables et n'ont pour objet que d' « émouvoir ses afFections en Dieu et aux ciioses divines' », et d'exalter vn son ànie de certaines pensées et surtout de certains sentiments.

Mais poursuivons. — De même qu'à la rêverie superficielle succède éventuellement, chez les anormaux, la rêverie profonde, qui peu à peu se fait subconsciente ; de même, à la méditation, qui, pour le sujet prédestiné aux états mystiques, devient à la longue impossible'', tendent à succéder des « oraisons » difiérentes, où la défaillance de l'attention volontaire, la difficulté de produire des actes s'accentuenl progressivement. Ces oraisons sont l'oraison affective, dans laquelle « les affections tiennent beaucoup plus de place que les considérations et les raisonnements », et l'oraison dite de sùnpficité ou de simple rerjard, où la simplilicution est poussée encore plus loin : « l'intuition y remplace en grande partie les raisonnements; les affections et résolutions y sont peu variées et traduites en peu de paroles^ ».

L'oraison de simplicité nous amène au seuil des oraisons proprement mystiques, lesquelles commencent

K. Inlrod. h la vie dév., 2« p., ch. v : « En quoi, ajoute saint François de Sales, la méditation est différente de l'élude et des;inlres pensées et considérations, lesquelles ne se font pas pour acquérir la vertu ou l'amour de Dien, mais pour (pielques autres fins <t intentions, comme pour devenir savant, pour en écrire ou dispuier. »

2. Montée, 1. Il, cli. xiii : Des si;ines aujrqnels l'Iiommc spirituel reconnaîtra qu'il peut commencer à dépouiller son intellect des formes imaginaires et à laisser de côté la méditation d'scursire. Le premier de ces signes, c'est la difficulté qu'il éprouve à méditer, à se servir de l'imagination ; le second, c'est nn'il n'a aucun désir d'appliquer volontairement son imagination à des objets iiarticnliers ; le troisième « consiste dans la joie intime (jue son âme trouve en pleine solitude, dans une attention pleine d'amour à Dieu. Dans ce bienheureux état, sa mémoire, son entendement ou sa volonté ne produisent aucun acte, du moins aucun acte raisonné... »

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