‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 154 sur 161 · Chemin de la Perf., ch. xlii · texte numérisé non relu

Chemin de la Perf., ch. xlii

2. Fondations, ch. xxiv : « Dans un si pressant besoin, voici, mes filles, la belle hôtellerie que nous remontrâmes. Pour tout abri, on ne put nous donner qu'une petite chambre sans fenêtres, située immédiatement sous le toit... On me plaça sur un lit de si singulière structure que j'aurais mieux aimé coucher par terre. Il était si haut d'un côté et si bas de l'autre que je ne m'y pouvais tenir ; en outre, il me semblait n'être composé que de pierres pointues... » — Comparer Don Quichotte, 1™ p., ch. xvi : « Cette gentille personne (Maritorne)vint aider la fille de la maison et toutes deux dressèrent un méchant lit dans un galetas... C'étaient tout bonnement quatre planches mal rabotées posées sur deux bancs inégaux ; un matelas si mince qu'il avait l'air d'une courte-pointe, tout <ouvert d'aspérités qu'on aurait prises au toucher pour des cailloux... Ce fut sur ce maudit grabat que s'étendit don Quichotte... »

A la fin du xvii« siècle, les hùtellcries espagnoles n'étaient guère plus confortables qu'au xvi« (voy. la Relation du voyage d'Espagne de 1699).

3. L. Rius, Bihliofirafia critica de las obras de Miguel de Cettanles .M"»» d'Aulnoy, Saavedra. .Madrid, 1895, t. 1.

4. Compendio de las solenes fiestas que en toda Espaùa se hicieron en la béatification de N. B. M. Teresa de Jésus. Madrid, 1615.

le rôle, à son époque, était prépondérant dans la vie intellectuelle et religieuse de l'Espagne.

Il serait absurde, à coup sur, de travestir en une sorte d' « anticlérical » avant la lettre le soldat de Lépante, le pieux écrivain qui s'affilia, en 1609, à la confrérie du Saint- Sacrement et mourut tertiaire de saint François. Mais il n'en reste pas moins qu'il oppose constamment, dans son livre, la prose à la poésie ; qu'il ridiculise toutes les formes de l'exaltation humaine ; que, chez lui, l'idéal est « traité d'impossible, et raillé' »; (ju'il est un « réaliste » dans toute la force du terme, un réaliste très peu enclin de sa nature à sympathiser avec les mystiques, et qui ne devait voir en eux que des rêveurs éveillés pareils à son don Quichotte, des chercheurs de surnalurelles aventures, ayant pour château enclianté le « château intérieur » de la vierge d'Avila ■-'.

Quand don Quichotte et Sancho enfourchent, les yeux bandés, le cheval de bois Clavileno ^ qu'ils croient s'envoler avec lui, traverser la seconde, puis la troisième région de l'air, et, la barbe roussie par les ctoupes allumées qu'on leur passe au ras du visage, pénétrer jusqu'à la « région du feu », — ne s'agit-il pas, en réalité, des mystiques ; et n'est-ce pas à leur prétention de se hausser aux secrets célestes et d'entrer, par delà l'inlelligible, en contact avec l'essence divine, que Cervantes veut s'en prendre? — Il est permis de poser la question.

Une autre page du livre* donne beaucoup à penser, celle

\. Victor Hugo, William Shakespedre.

2. On a souvenl signalé le goTiL des mystiques pour la littérature chevalen-squp. Sainte Tliérèse ralTolait dans sa jeunesse des romans de chevalerie {Vie par elle-même, cli. ir) ; elle eut même, paraît-il, l'idée d'en composer un en coUalioralion avec son frère Hodrigu(^ (Ribera, Vie de sainte Thérèse, 1. 1, cli. v). — Saint l.unace, blessé à Hampelune, clianuail ses loisirs en lisant Amadis Je Gaule ; et, plus tard, iSl"" Guyon era[)ortera dans sa prison le livre de Cervantes, où — c'est Voltaire qui l'a remarqué — se trouve exprimée en quelques mots (l™ p., ch. xxxi) la tliéorie quiétiste.

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