‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 30 sur 161 · Bougaud, Histoire de sainte Chantai, ch. xxxii · texte numérisé non relu

Bougaud, Histoire de sainte Chantai, ch. xxxii

Rien ne peut donner une idée de la violence des tentations qui assaillirent la mère de Chantai dans les dernières années de sa vie. «Voyez-vous, mes filles, disait-elle, je suis maintenant réduite à un tel point, (|ue rien de tout ce monde ne peut me donner de soulagement, sinon ce seul mot : LA MORT. Je fureté partout dans mon esprit pour voir combien mes père, grand-père et aïeux ont vécu, afin de donner du soulagement à monàme par la pensée que je n'ai plus guère à rester dans ce monde... »

... Son mot ordinaire était c. qu'il se fallait sacrifier à la vie, comme autrefois les martyrs se sacrifioient à la mort ».

On trouve (K'peinlt'.s dans (•cite pago, comme en un tableau d'après nature, la plupart des souffrances mystiques. Mais la description que j'ai entrepris d'en donner serait incomplète, si je ne signalais les états extrêmes oïl elles aboutissent parfois. Il arrive qu'à la suite d'assauts répétés, la force de résistance du sujet s'épuise et que sa raison fléchisse. II tombe alors dans la mélancolie. La mélancolie (au sens médical du mot) est caractérisée, comme on sait, par une augmentation des phénomènes inhibitoires, par un état de complète atonie intellectuelle et physique'. Or, dans les cas extrêmes dont je parle, cette loi d'inhibition se vérifie. On constate, chez les mystiques, l'abolition des phénomènes moteurs. J'emprunte à l'iiistoricn du P. Surin* ces lignes décisives :

... S'il voulait prendre quelque nourriture, les démons... souvent l'en empêchaient ; s'il voulait huire, ils lui arrêtaient le bras ; il a été longtemps sans pouvoir lire et près de vingt ans sans pouvoir se vêtir ni se déshabiller,

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