‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 39 sur 161 · PSYCHOLOGIE DES MYSTI(^)UES · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE DES MYSTI(^)UES

riasis. Dans («'Hcs-ci, 1»' mal iiail des orj^anes roproduc- Icuis. (loiil rinilation rejaillit sur 1«* cerveau ; dans rérolonuinie, raiiKuir esl dans la hMe : le nyniplioluane <'t le satyrisiaque sonl victimes d un désordre physi(jue ; rérotouiauiaque esl le jouet de son imagination. L érotomanie esl à la nymphomanie et au satyliasis ce (jue les affections vives du cœur, mais chastes et honnêtes, sont au lihertinaj^e eUVéné ».

Que les mystiques soient alleinls de manie erotique, personne ne le prétendra.

Quelques-uns d'enlic eux se flattent de n'avoir jamais ou |)res(jue jamais connu les' vexations de la chaii'. 'Ic-moin sainte Thérèse (jui, lorstjue ses fdles la consultaient à ce sujet, se récusait, paraît-il, faute d'expérience-. — « Après avoir vécu (|uel(juc temps dans la reli<^ion, nous dit Ihistorien de la mère Agnès de Jésus ^ (1602-1634), elle expérimenta une fois ce qui arrive aux personnes de son sexe, et (ju'elle ignorait

1. Magnan les qualifierait de cérébraux antérieurs ou psychiques. (Leçons cliniques, t. 1, p. '.V27 ; il, p. 52). Chez les cérébraux antérieurs, (lit-il, la moi'lle n'agit point, l'instinct de la génération est aboli. Le cérébral antérieur « reste cantonné en pleine région frontale, dans le domaine de l'idéation... 11 n'a pour son idole que de chastes et respectueux hommages... c'est l'amour sans désirs vénériens, en dehors de toute préoccupation charnelle... »

2. Acla, n" l"26o: « Nuuquam beata Teresia tentationes caruis experta fuit, illasque omnino ignotavit. Ex quo non semel cvenit, quod cum aliquic moniales carnis stimulis vexata^', illam pro remedio consequcndo consulerent, illis respondere solebat ([uod aliam personam consulerent : quia ipsa in bac maleria consilium dare non valebat; cum hnjusmodi luotus, Del misericordia, nunquam passa fuisset, ac proinde cujusmodi essent igiioraret. » Cf. lielution I au P. Rodrijfue Alvarez : « elle demeure dans un oubli absolu de son corps ».

3. Vie, par M. de Lantages, éd. revue par l'abbé Lucot, t. Il, p. 76.

cnli^rcmciil jusqu'alors. Aussilôl ({u'clhî s'on aporçul, elle se [)rosi('rMa devant sou divin Epoux et lui dit: « Ali, quelles ordures, mon Seigneur! Ou délivrez-moi de cela ou fuites-moi mourir : je ne veux point vivre à celte condition ». Cette prière fervente fut si parfaitrinenl exaucée, que jamais depuis rien de semblable ne lui est arrivé. » — Quant à Mar|^uerite-Marie Alacoque, elh; déclare expressément, dans son autobiograpbie, n'avoir subi d'impressions sexuelles qu'en une seule occasion, un jour que sa supérieure l'avait envoyée tenir devant le Saint-Sacrement la place de Louis XIV : « Mon persécuteur (le démon) ne cessait de m'attaquer de toutes parts, à la réserve de l'impureté, dont mon divin Maître lui avait défendu de me tenter, quoiqu'une fois il me fit souffrir des peines épouvantables, et voici comment. C'est que ma Supérieure me dit : « Allez tenir la place de notre roi devant le Saint-Sacrement » . Et y étant, je me sentis si fortement attaquée d'abominables tentations d'impuretés qu'il me sendjlait être déjà dans l'enfer. Je soutins cette peine plusieurs heures jusqu'à ce que ma Supérieure m'eut levé cette obéissance... »

Réelle ou supposée, partielle ou totale, une telle immu nité est, à vrai dire, peu commune. La plupart des mystiques ont r«'eu le « soufflet de Satan* » ; et ils accusent, au moins au début de leur vie spirituelle, de violentes tentations d'impureté, tentations rangées par les théologiens au nombre des épreuves purificatrices qui préparent à la haute contemplation'. Et, sans parler de

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