‹ Psychologie des mystiques catholiques orthodoxesChapitre 38 sur 161 · L'Expérience religieuse, ch. i · texte numérisé non relu

L'Expérience religieuse, ch. i

ni PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES

lianco avec la divinift^ ou bien rncore d'expiation, — <Im'z celui-là au seul (It'sir de plairr et de donner à lObjet aimé des g^ages de son amour.

Mais l'on se prévaut de idiflinairr conncxilt' que l'on <d)serve entre le dt'dire sexurl et le délire religieux. — il est facile de ré'pondn* que « la teneur d'un délire ne lournit au diagnostic aucune iiulicalit)n j)récise ' » : c'est sa genèse et son é\oluli()ii qu il faut considérer; que le dt'lire religi<!ux ne correspond à aucune lésion cérébrale déterminée: qu'il n'est pas une entité morbide, mais une simple forme délirante, se rattacbant à de certaines habitudes d'esprit et, le plus souvent, à des idées de persécution ou de grandeur; (|ue. ])ar suite, l'on ne peut rien concluri' de son association nxrc le délire sexuel.

Il n'y a non j)his aucun argumeni à liicrd ime comparaison entre l'extase mystique el lOrgasme vénérien. La théorie érologénique de l'extase'" a pour elle de cerlaines apparences, mais elle attribue aux émotions sexuelles, susceplibles de s'associer à nimporte (juelle autre émotion vive, une spécificité qui ne leur appartient pas. 11 v a de plus — je réponds ici à Max Nordau — Ofjposilion complèleenli'eleprocessus extatique, processus de simj>lilication, de « rétrécissement » psychique, et la « désagrégation explosive » en quoi consiste le mode de fonctionnement noi'mal des centres sexuels. Les mystiques, à coup sûr, goûtent dans l'extase d'ineffables (l(''lices, et se servent, pour les exprimer, du lan-

l. iMagnan, Leçons rliniiiues sur les maladies ineiitahs, 2 si'ric, l"leçon.

i. Sur ci'Ue théorie, « qui assimile l'extase mystique à une extase sexiiollc mal interprétée et qui ramène toute la reli^iion à dos déviations de l'instinct génital », voir les remarques de M. Klournoy (l/ne m</sli(]ue moderne. Archives de jisycliolmjie, t. XV, mai lUi-'i).

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gage (le 1 ;im()ui". Mais je in"expli<jiierai hienlôt au sujet <le ce langage et de riulerpiélaliori (juil y a lieu d'en donner.

Je viens à M. Leuba, et constate que sa définilion de réroloinanie est trop large et trop vague pour i-ester caraclt'ristique'. Il est possible que, comme il le veut, toute émotion tendre évcillcj en une certaine mesure, les cenlies sexuels, et que l'organisme sexuel ait sa part dans les joies que nous dispensent, par exemple, la musique ou la poésie, et jusque dans les plus chastes épanchements de l'amour maternel ou de l'amour filial. Seulement, s'il en est ainsi, la qualification d «Totomanes (au sens que lui donne notre auteur) ne peut plus être réservée à telle catégorie spéciale d'individus : on devra l'appliquer à tous les hommes, par cela seul qu'ils ont un corps et qu'à chacun de leurs états de conscience correspond un état somatique approprié.

Mais la qualification a, dans le vocabulaire médical, un sens précis et tout différent de celui qu'on vient de lui voir attribué. Et l'on peut se demander si, dans ce sens médical, elle ne convient pas aux mystiques.

Les aliénistes distinguent Y ('rotomanie de la manie erotique, dont la nymphomanie et le satyriasis sont les formes extrêmes. « L'érotomanie, dit Esquirol", diffère essentiellement de la nymphomanie et du saty-

1. 11 la définit « la capaiilé de satisfaire les instincts sexuels sans l'intervention de l'acte normal. »

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