G2 PSYCHOLOGIE DES MYSTIQUES
tenlalions de la chair témoigne de leur intég^rité psychiijiu'. Tandis que, perdant toute retenue et tout sentiment d«' (k'ei'nee, les niuliicureux atlt'irUs de folie éroti(jur olit-issent aveuglément aux impulsions irrésistibles qui les affolent, — chez les mystiques la volonté reste rntiî'iT. Loin de eéder aux dt'sirs dont ils sont parfoisohsédés, ou de se laisser aller, suivant le conseil d'un Molinos*, à je ne sais quelle passivité éhont('e, on les voit se rouler dans les ronces ou se jeter d;ins l'eau glacée, ou, pour éteindre en eux le feu de la concupiscence, employer — telle une Angèle de Foligno" — des moyens encore plus énergiques. En un mol, ils opposent aux révoltes de la chair une résistance héroï- (jue rt persévérante (jui exclut absolument la folie.
Ces révoltes, d'ailleurs, ne sont dans leur vie, toute d'abnégation, de sacrilice, (piun épisode transitoire et préliminaire. Elles font bientôt place à des « sécheresses», à des souffrances physiques et morales « intolérables^ », indéfininienl prolongées, et tout à fait incompatibles, au moins dans la plupart des cas, avec les émotions sexuelles. En outre, la continence absolue où ils viviMit, h's mortifications de toute sorte qu'ils s'imposent jnoduisent à la longue leur effet. Leur organisme sexuel, privé de tout exercice, finit par s'atroj)hicr, et ils en viennent à l'état de ce sage de l'Inde
^. l)i-crct de l'Iiiquisilion du 28 août 1087, formulant sa doctrine, art. 41, 42; ibid. 47: « Cuni liujusniodi violenti;i' occurrunt, sinere oportet nt Salanas oppretur, nullam alhibeiido industriain, niillnnique propriiim conatiini, sed pormanere delict homo in suo niliilo ; et etianisi seipiantiir polluliones et actus obsceni propriis manibus, et etiain pcjora, non opiis est se ipsiiin inquietare. »
2. Fr. Arnaldus, Vitn D. Anijeliv : « In locis verecundis est tantus ipnis (|"iod consiievi apponere igaem niaterialem ad extinguendiim alium i;,Miem concupiscentiie. »