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LES PHÉNOMÈNES MYSTIQUES VISIONS ET PAROLES SURNATURELLES

Lnterprétation psychologique.

I. — Inlerprétalion des visions et des paroles imaginaires ; des visions et des paioles intellectuelles.

II. — Évolution des phénomt''ncs mystiques dans le sens hallucinatoire : le cas de sainte Thérèse. Ce processus a-t-il un caractère pathologique ? Question de savoir s'il existe des hallucinations normales: l'hallucination interprétée comme une délicience de l'attention volontaire.

III. — Origine subconsciente des hallucinations chez les mystiques. — La subconscience pathologique ; la subconscience normale (d'après Myers, James, Delacroix). Utilisation littéraire et religieuse de la notion de subconscience normale.

IV. — Critique de la théorie, appliquée aux phénomènes mystiques, de la subconscience pathologique; critique de la théorie de la subconscience normale (au sens de .Myers, etc.). — Les phénomènes mysticjues envisagés comme se rattachant à l'étal d'inspiration.

Visions et paroles imaginaires*.

Trt's courtes, cl consistant en des manifestations à l'élal, soit (le simulacres, soit d' « imagées vivantes »,

i. Je laisse de côté les visions el les paroles corporelles, qui n'ont

d'objets parfois incomplets', ces objets n'étant d'ailleurs ni localisés au dehors, ni masqués par les objets interposés (par les paupières abaissées du sujet, par exemple), — les visions imaginaires ne sont évidennnent pas des phénomènes de perception normale. On ne peut les considérer non plus comme des phénomènes imaginatifs, puisque le sujet les extériorise, puisqu'elles sur- \ iennent et disparaissent sans qu'il puisse rien ni pour en provoquer ou en empêcher l'apparition, ni pour en prolonger ou en raccourcir la durée, ni pour en augmenter ou en diminuer l'intensité^; puisqu'elles ont une netteté, un éclat incomparables, auxquels les représentations de l'imagination ne sauraient atteindre', qu'elles donnent l'impression de l'absolue réalité*, laissent un souvenir inoubliable", et s'accompagnent d'un état émotif intense ainsi que d'effets moraux, voire même physiques surprenants".

Pas plus que les visions du même genre, les paroles dites imaginaires ne correspondent à des perceptions \éritables, puisque leur émission ne détermine pas de

pas d'originalité psychologique et qu'on observe rarement chez nos sujets. Sainte Thérèse, je le rappelle, déclare n'avoir « jamais rien vu ni entendu par les yeux et les oreilles du corps ».

1. Sainte Thérèse, Vie, ch. xxviii : « 11 lui plut un jour, tandis que j'étais en oraison, de me montrer seulement ses mains... Peu de jours après, je vis sa divine tigure... »

2. Ib., ch. XXIX : « Nous n'y pouvons rien retrancher ni rien ajouter... Quoi que nous fassions pour la voir ou ne la point voir, tout est inutile... Ces visions ne dépendent en rien de notre volonté... »

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