SYNTHÈSE ET VARIATIONS HE L'ÉTAT MENTAL
tant pour reculé i* l’insomnie qui l’attend, que pour prendre à l’avance sa compensation du malaise du lendemain. Ainsi beaucoup de neurasthéniques paraissent-ils infatigables le soir, et ne peuvent se décider à aller se mettre au lit.
Les repas ont également une influence manifeste sur l’état affectif. Quand l’estomac fonctionne suffisamment bien, quand la dyspepsie et la dilatation ne sont pas trop marquées, quand la digestion s’accomplit dans le délai normal, l’ingestion d’aliments procure en général au neurasthénique quelques instants de bien-être. L’élévation de la tension artérielle ramène la chaleur et l’euphorie, atténue la céphalée, la dépression, la tristesse, l’inquiétude. Cette amélioration subsiste jusque vers la fin de la digestion, moment auquel l’accablement reparaît avec plus d’intensité.
Au contraire, si la dyspepsie est très accusée, le repas suscite de la somnolence, de l’engourdissement, une envie impérieuse de dormir. Il semble dans ces cas que la digestion laborieuse accapare à son profit toute
l'énergie nerveuse du sujet, et que le reste de l’organisme, privé de stimulation sul'fisanlc souffre davantage de la dépression.
Les rapports sexuels provoquent parfois chez les neurasthéniques un moment d’euphorie et une flambée d’énergie. L’axiome « post coïtum animal triste » n’est pas toujours vrai. J’ai vu des sujets déprimés, retrouver après l’acte un regain de force, de vitalité, de volonté. Amélioration brève et trompeuse du reste : car elle est suivie, par compensation, d’une chute plus profonde dans la lassitude et la tristesse, au point que certains neurasthéniques, raisonnables et sages, évitent l’acte sexuel et ses occasions pour échapper à ces représailles de l’organisme surmené.
Toutes les stimulations soulagent le neurasthénique en diminuant la dépression. Le mouvement, l’effort, l’exercice au grand air, l’équitation, la bicyclette, l’automobile, créent ainsi momentanément l’atténuation de la tristesse, de l’ennui, des idées noires.
L’hydrothérapie procure les mêmes avantages.
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La musique est également un lac d’oubli où l’esprit mélancolique se noie : aussi beaucoup de neurasthéniques sont-ils des mélomanes fervents.
L’agitation mondaine confère à certains quelques instants d’oubli et de bien-être.
Les émotions sthéniques telles que la joie, la colère, atténuent également ou même font disparaître complètement la fatigue du neurasthénique. Mais ici encore celte euphorie est passagère et trompeuse. Vienne à s’éteindre l’excitation émotionnelle, et l’épuisement nerveux reprend tous ses droits. C’est pourquoi les améliorations fournies par la psychothérapie aux neurasthéniques sont si transitoires et si fragiles. Sous l’influence des paroles réconfortantes du médecin, des espoirs qu’il suggère, des perspectives de guérison qu’il fait entrevoir, le malade se sent momentanément soulagé de ses misères. Mais ces bienfaits ne durent guère plus que les paroles fugitives du thérapeute. Rendu à luimême, soustrait aux stimulations curatives, le malade îelombe dans son accablement, parce que cet accablement n’est pas l’effet
d’une représentation psychique seule, mais la traduction d’un organisme épuisé qui combat et qui souffre.
Les neurasthéniques sont sensibles encore à d’autres influences, à* la lumière, à la pression barométrique, aux conditions météorologiques. Un ciel bleu, un soleil radieux glissent un peu de clarlé dans leur âme en deuil, alors qu’un ciel gris, des nuages pluvieux augmentent leur accablement. Le spleen britannique n’est qu’une forme de neurasthénie entretenue par l’absence de radiations lumineuses.
11 est enfin certaines substances excitantes pour le système nerveux qui remontent momentanément l’asthénie et la fatigue, dissipent la tristesse et l’ennui, rassure'ntl’inquiétude, substances bien connues de tous les malades : thé, café, coca, kola, morphine, alcool, etc. Nous dirons au prix de quelles compensations s’achètent ces instants d’amé- I ioration trompeuse.
En résumé, on peut dire que toutes les stimulations, de quelque nature qu elles soient.
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soulagent, et améliorent momentanément le malade : toutes les causes de dépression au contraire aggravent et rendent plus pénible son état. Les troubles psychiques suivent les oscillations de la tension nerveuse : si celleci remonte, les troubles s’améliorent, s’atténuent; si celle-ci s'abaisse, ils s’aggravent, se renforcent.
Et l’action des excitants nous prouve bien que l’état mental neurasthénique relève essentiellement de la chute du potentiel nerveux. En effet, l’alcool, la morphine, le thé, le cale, par une action purement physique, transfigurent instantanément les malades, leur façon de sentir et de réagir, tout leur caractère. D’un homme fatigué, triste, ennuyé, aboulique, ils font comme par enchantement un homme gai, content, actif, énergique. Malheureusement, cette stimulation n’est que passagère, est suivie d’une dépression plus profonde. Mais, s’il existait un procédé permettant de relever le potentiel nerveux d’une façon durable, il constituerait le traitement spécifique de la neurasthénie.
On a proposé diverses classifications de la neurasthénie, variables selon leurs auteurs. Voici les principales que je rapporte pour mémoire.
üeaiid. — Cérébrasthénie.
Myélasthénie.
Forme gastrique.
Forme génitale.
Neurasthénie traumatique.
Hémineurasthénie.
Hystéro-neurasthénie.
liouvï-iiE-r. — Neurasthénie cérébro-spinale.
» cérébrale ou cérébrasthé-
nie
n spinale ou myélasthénie.
« aiguë
» héréditaire.
liouviîRET. — Neurasthénie féminine.
» génitale.
Hystéro-neurasthénie.
Hystéro-neurasthénie traumatique.
Leyillain. — I. — Variétés cliniques.
Forme cérébro-spinale commune.
Ilémineurasthénie.
Cérébrasthénie.
Myélasthénie.
Neurasthénie cérébro-gastrique et cérébro-cardiaque.
Névrose gastrique:
Neurasthénie sexuelle.