Victor Hugo, Napoléon le petit, Londres, 1863, p
du progrès accélère sa marche, mais aussi parce que en face de la mollesse et de l'indolence de ceux qui ont le pouvoir en main, se dresse menaçante l'audace de ceux qui le veulent ; *et qui veulent et qui prétendent l'avoir par la force, en prenant à leur compte le programme éloquent de Saint-Just et de Danton : « Oser, voilà le secret des révolutions ! »
Il y a quelque temps, les frères Goncourt lançaient un de ces paradoxes d'artiste qui ressemblent fort à des vérités que les myopes ne voient pas. « La sauvagerie ^st nécessaire, disaient-ils, tous les quatre ou cinq cents ans, pour revivifier le monde. Autrefois, en Europe, quand une veille population d'une aimable contrée était convenablement anémiée, il lui tombait du Nord sur le dos des bougres de six pieds qui refaçonnaient la race. Maintenant qu'il n'y a plus de sauvages en Europe, ce sont les ouvriers qui feront cet ouvrage là dans une cinquantaine d'année. On appellera ça — la révolution sociale (t)».
La prédiction des deux artistes sera-t-elle vraie ? fausse ? L'histoire, ce traité de sélection humaine (2), continuera-t-elle à marcher, comme par le passé, à coup de révolutions violentes ?
Peu nous importe de deviner l'avenir si ce n'est dans la mesure où cette préoccupation peut nous exciter à étudier le présent.
Nous croyons que, de même que la douleur est la sen-