Voir Confessions de Saint-Augustin
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teurs. Les hommes, disait Bagehot, sont guidés par des modèles, non par des raisonnements, et il avait raison, mais il oubliait d'ajouter qu 1 « ils sont guidés surtout par de mauvais modèles ». C'est la poire pourrie qui gâte les bonnes : on n'a jamais vu celles-ci bonifier celle-là. Le microbe du mal a une puissance d'expansion infiniment supérieure à celle du microbe du bien, à supposer que ce dernier existe, puisque, si bien des maladies sont contagieuses, il n'est pas également prouvé que la bonne santé soit également contagieuse.
Il est bien plus facile de tomber malade par suggestion que de guérir ainsi. Et il est plus facile de subir la corruption sociale, que de raffermir son propre caractère, d'autant plus que la corruption morale présente la grande attraction de l'intérêt. Un petit accroc à la conscience peut avoir pour résultat un avantage économique immense et à l'époque bourgeoise que nous traversons l'argent brille d'un éclat trop resplendissant pour ne pas éblouir ceux mêmes qui se croient, et qui sont jusqu'à un- certain point, des hommes honnêtes. Le milieu les entoure comme dans une spirale et c'est vraiment un boa constrictor qui étouffe peu à peu délicatesse, honneur, remords même.
Qui peut analyser les différentes raisons de cette dégénérescence ? Avant tout la vie de député, j'entends les heures passées à la Chambre, n'est assurément pas pour fortifier le caractère. Au milieu de ces discours, qu'on débite pour des idées politiques et qui ne sont souvent que du commérage, la volonté se fond en paroles. En côtoyant sans cesse les adversaires, les convictions les
mieux trempées s'émoussent, s'amollissent. Le sarcasme des collègues roués humilie dès l'abord les naïfs et honnêtes politiciens ; les révoltes spontanées qu'ils ont assez de pudeur pour montrer, trouvent des sceptiques, des indifférents, des railleurs ; leur honnêteté rigide commence à vaciller devant ce plébiscite contraire et ils se demandent si les autres avaient raison et une fois que le doute a pénétré, comme devant l'honneur hésiter c'est être déconfit, la victoire de l'immoralité est certaine. Un caprice d'abord, une injustice microscopique ensuite : et voilà la brèche ouverte. Et au fur et à mesure qu'on avance dans cette voie, assez roide pour faire se précipiter jusqu'au fond ceux qui y ont mis le pied une seule fois, la conscience cherche à excuser le changement de front par la consolation la plus jésuite et la plus inutile : tous font de même ! ma responsabilité, si toutefois elle existe, est infinitésimale ! Et de la sorte on ne trouve pas seulement dans le fait d'être plusieurs une sorte de corruption, on y trouve aussi, dernier tort, l'illusion d'une excuse.
Le très petit nombre de ceux qui échappent à cette lèpre, les réfractaires, ne peut rien pour diminuer l'épidémie. Rarement ils se font dénonciateurs parce que l'honnête homme est pitoyable et, je le dis à regret, même lâche dans certains cas. Lâcheté qui dérive chez lui d'une vertu, la pitié. En jugeant les autres à son aune, il s'imagine et se représente l'humiliation du coquin qui est déshonoré, et il n'ose lui jeter l'accusation à la face.
Pour se conduire héroïquement sur le champ de bataille, il faut être un peu cruel ; de même pour être cou-
rageux et franc dans le monde politique, il faut être dénué d'une certaine délicatesse de sentiments. Il n'y a qu'un devoir élevé, impérieux qui puisse vaincre cette réserve et changer un collègue en accusateur.
La conséquence en est que les honnêtes gens, avec leur attitude passive, facilitent les louches entreprises des coquins et de tous ces faibles hommes, ces hommesroseaux comme dirait Balzac, qui plient au souffle du vent et au gré des hommes forts.
Il se forme ainsi peu à peu une association inavouée, latente, inconsciente même, si nous voulons, qui étend ses lacs invisibles sur toute la vie publique. C'est une puissance qu'on n'a pas le courage de nommer, mais qu'on connaît; c'est une force qu'on ne voit pas, mais qu'on sent ; elle ressemble aux eaux souterraines qu'on ne soupçonne pas à la surface de certaines terres mais qui sont la cause du genre de végétation qui croit sur le sol.
Et cette végétation c'est le favoritisme, l'immoralité, le crime.
Le public sait que pour obtenir quelque chose il faut s'adresser à un député : que sa demande soit injuste, il n'importe ; et le député de demander, de prier, d'imposer et d'obtenir. Il obtient du gouvernement en hypothéquant son vote (sauf ensuite à trahir quand il sent approcher l'odeur du cadavre), il obtient des banques, en vendant la fumée de son influence, il obtient de la bureaucratie, en faisant briller l'or de sa médaille et son titre d'honorable, si peu mérité. Dans les ministères il y s. des volumes qui contiennent les recommandations des députés et personne ne trouve extraordinaire qu'il en soit
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ainsi. Et le gouvernement qui sait et qui tolère tout cela, et qui le tolère parce qu'il en retire des avantages, ne reclou le pas certains adversaires à la Chambre, parce qu'ils sont liés à lui par des nœuds trop inavouables pour qu'ils aient l'audace de dire la vérité pleine et entière. Sous les injures les plus graves des adversaires, faites pour la galerie et pour donner le change aux naïfs, l'accord persiste et la conspiration du silence. Ils ne peuvent révéler tous les crimes des adversaires, parce qu'ils seraient entraînés dans leurs ruine, eux leurs complices !
Et voilà les vrais crimes de la politique moderne faite de subterfuges et d'hypocrisie, crimes sectaires de la minorité qui est arrivée au sommet de l'échelle sociale, et qui sont un digne pendant des crimes sectaires des basses classes sociales.
Celles-ci plus franches, emploient la violence, et leurs moyens de lutte s'appellent l'assassinat, la dynamite ; celle-là, avec sa civilisation plus jésuite, emploie la fourberie, et ses moyens de lutte s'appellent le vol, le faux, le dol.
Immoralité de personnes, immoralité de parti, immoralité de gouvernement, tout cela dérive nécessairement et fatalement d'un système qui semble créé exprès pour rendre les hommes plus mauvais et non pour les rendre meilleurs.
Le député, avant de devenir tel, stigmatisait l'attitude et la conduite de ceux qui étaient alors députés ; de même que les ministres, avant d'être ministres, c'est-àdire quand ils étaient sur les bancs de l'opposition,
criaient contre le gouvernement. C'est que n'étant pas encore pris dans les dents delà roue fatale, ils avaient l'illusion qu'ils y pourraient résister. Ils ne savaient pas que la politique est une lente dépravation, àlaquelle bien peu savent échapper ; et même les meilleurs, en venant des provinces éloignées avec des idées élevées et des songes tout roses ne soupçonnaient pas que la lumière qui les attirait devait brûler leur honnêteté.
Le réquisitoire est terminé et le modeste ministère public qui Ta prononcé devrait maintenant, au lieu de requérir la peine, indiquer les remèdes au mal qu'il a déploré.
Mais en vérité ce mal a des causes si profondes et si enracinées dans la nature humaine qu'il semble bien difficile de l'éliminer. On pourrait le compareràla mort, phénomène fatal dont on cherche toujours à atténuer la gravité, mais qu'on ne supprime point.
Qui oserait combattre le droit suprême de la majorité et par conséquent le pouvoir des Parlements?
. Et quel remède peut-on apporter au fait que toute réunion, tout groupe d'hommes est moralement et intellectuellement inférieur aux éléments qui le composent, si la vie sociale n'est autre chose que la résultante ou le complexus de tous les groupes infinis qui s'agitent en elle, et qu'on appelle classes, églises, associations, partis ?
De remède il n'y en a pas, c'est évident, et la constatation de cette triste vérité est peut-être l'hypothèse la
plus pessimiste qui ait jamais été formulée. S'unir, dans le monde humain, cela veut dire devenir pire ; qUe voulez-vous trouver de plus désolant?
Gabriel Tarde, quand j'ai exposé cette idée pour la première fois (1), en a tiré avec cette pénétration de logique, qui n'est pas la moindre de ses qualités, une déduction extrêmement osée,
« Je signale sans y insister la portée inattendue dont cette loi est susceptible. On sait que les organismes ont été considérés avec raison comme des sociétés de cellules, et Ton a pu voir dans les cellules elles-mêmes des sociétés de molécules, etc.. Or, supposons que notre principe s'applique à ces sociétés biologiques ou chimiques, que, là aussi, le composé ne soit pas supérieur à ses éléments, qu'il leur soit inférieur ou tout au plus les égale ; nous voyons l'Univers tout entier nous apparaître sous un nouvel aspect et c'est aux perfectionnements du microscope, non du télescope, que nous aurons à demander la révélation des plus admirables merveilles du monde. Peut-être, en effet, est-ce en vertu d'un pur préjugé, injustifiable, que le moi de l'atome a toujours été réputé plus simple, plus pauvre, plus bas que le moi animal ou humain. Peut-être, se dépense-t-il invisiblement au fond caché des êtres vivants, dans leurs intimités élémentaires, beaucoup plus d'intelligence et d'art qu'il ne s'en exprime à leur surface.... Mais arrêtons-nous sur la pente de ces conjectures : si peu solides qu'elles soient d'ailleurs, elles le sont toujours autant
1. Voir mon volume : La Folla delinquente, 2« éd., Turin, Bocca, 1895.
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que les jugements tout faits irraisonnés auxquelles je les oppose » (1).
Nous-mêmes, arrêtons-nous sur la pente de ces conjectures paradoxales. L'invraisemblance de notre théorie quand on la pousse à l'extrême n'ôte rien à sa valeur quand on l'applique au cas où nous l'avons appliquée. Qu'une réunion d'hommes soit dans ses résultats collectifs inférieure à la moyenne des individus qui la composent, c'est là une affirmation dont nous nous faisons fort d'avoir donné les preuves, et nous nous en contentons (2).
Quant au droit de la majorité, tout en négligeant de faire remarquer qu'il s'explique par les Parlements, c'est-à-dire par la psychologie collective, il a été aussi combattu au point de vue pratique et théorique.
En effet, c'est en lui que repose la première raison, la raison fondamentale de la bassesse politique à laquelle nous sommes arrivés.
« Le gouvernement de la médiocrité, écrivait Stuart Mill, ne peut être qu'un gouvernement médiocre. Aucun Etat gouverné par la démocratie ou par une aristocratie nombreuse n'a jamais pu s'élever au-dessus de la médiocrité, ni dans sa conduite politique, ni dans ses opinions, ni dans ses mœurs, sauf quand le peuple souve-
1. G. Tarde, Les crimes des foules , Lyon, Storck, t. VII des Archives d'anthropologie criminelle.
2. Sur ce sujet auquel je fais seulement allusion ici très rapidement, voir la polémique que j'ai eue avec Gabriel Tarde, Enrico Ferri et Silvio Venturi, dans la Critica Sociale (n 03 . 21, 22 et 23 de 1894). J'ai expliqué là, mieuxet plus clairement que je ne puis le faire ici, toute ma pensée.
ram s'est laissé diriger par les conseils et par l'influence d'un homme ou de plusieurs hommes supérieurs » (1).
Stuart Mill condamnait donc absolument le gouvernement de la multitude, tout en admettant la possibilité d 'une exception : « quand le peuple souverain se laissait guider par un homme de génie. »
Mais dans un tel cas, au lieu d'une exception, n'estce pas une confirmation de la règle établie ?
Nous savons aussi que souvent les assemblées politiques peuvent atteindre à des hauteurs sublimes de pensée on de sentiment, quand elles sont enflammées par les paroles ardentes d'un Mirabeau ou par l'idée grandiose d'un Camille Cavour. Mais qu'est-ce que prouvant ces faits en faveur du droit de la majorité ?
Ils ne prouvent rien parce que, en de tels cas, ce n'est
i. Pour éviter toute équivoque et pour qu'on ne dise pas que je >l<imie trop d'importance à l'individu et trop peu à la collectivité mi ;m milieu, je rappelle que je parle ici au point de vue actuel, statique et non dynamique. Au point de vue dynamique, il est vrai qne les hommes de génie sont un produit nécessaire du milieu où ils n h issent, enfantements merveilleux de la collectivité, raccourcis inconscients d'un moment historique donné, — et je l'ai trop de fois reconnu ailleurs pour devoir le répéter ici. Mais au point de vue statique, il est vrai aussi que les hommes de génie sont plus qu'acteurs, qu'ils sont auteurs du drame humain, qu'ils sont, comme disait Sainte-Beuve, des rois qui créent leur peuple. A ceux qui nieraient l'influence du grand homme sur la masse, je rappelle les paroles de Bagehot : tf t r na opinion bizarre veut que ceux qui considèrent l'histoire d'un E 10 i ci I de vue scientifique soient disposés à ne pas évaluer assez haut l'influence des caractères individuels. Il serait tout aussi raisonnable de dire que ceux qui considèrent la nature à un point de vue scientiiii|NH. sont disposés à ne pas évaluer assez haut l'influence du soleil ». - Lois scientifiques du dev. des nations, Alcan, 1885, p. 106.
pas la voix de la majorité qui s'impose, mais bien le despotisme d'un seul, despotisme qui se fonde nonplus* comme jadis, sur la force matérielle, mais bien sur la suggestion inconsciente.
Toutes les fois qu'une assemblée a proclamé une vérité ou conquis un droit, toutes les fois, en somme, qu'elle n'a pas été médiocre dans ses manifestations, elle a dû suivre, comme l'hypnotisé suit son magnétiseur, un homme qui la fascinait et qui la possédait intellectuellement;. Vous pouvez dire, en des cas semblables, que le résultat est dû à l'assemblée ou à sa majorité. C'est une illusion. Ce résultat a été voulu par un seul, et c'est un seul qui l'a imposé par force suggestive à ceux qui l'entouraient (1).
La vie sociale, et partant la vie politique aussi, pivote sur le phénomène de la suggestion. Heureux les temps et les peuples qui ont un génie pour polariser tous les désirs, toutes les aspirations, tous les sentiments, et que la foule suit aveuglément !
Mais ces cas sont rares dans la vie des nations, et quand il n'y a pas de génie, quand ce foyer manque pour attirer toutes les énergies individuelles, nous avons alors vraiment le règne de la médiocrité, parce que la force de suggestion, au lieu de s'individualiser, se dissémine et se disperse, en donnant lieu aux mille surprises de la psychologie collective.
C'est dans ces cas, qui sont les cas les plus communs et les plus habituels, que se vérifient dans les Parlements les tristes effets que nous avons signalés et c'est pour ces cas qu'on pourrait trouver, sinon un véritable re-
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mède, du moins une atténuation du mal dans la diminution du nombre des députés.
Si, par exemple, les représentants de la nation étaient réduits à 100, il est certain que la moyenne de ces 100 personnes serait supérieure au point de vue intellectuel et au point de vue moral à la moyenne des 500 députés actuels. Et pourquoi? Parce qu'en adoptant cette diminution il serait difficile de laisser les hommes de valeur de côté, et qu'il serait au contraire facile d'exclure les hommes sans mérite. Quand il y a trop de places, la médiocrité pénètre presque nécessairement. Il faut pourtant élire le député ! et s'il n'y a personne qui mérite d'être élu, il faudra se contenter du premier venu. Il arrive pour les sièges du Parlement ce qu'il arrive pour les chaires des Universités. Tant qu'elles seront trop nombreuses, nous verrons beaucoup de professeurs qui ne sont pas dignes du poste qu'ils occupent ; diminuez le nombre des chaires, les bons professeurs prendront Je l'avance, occuperont les places, et le niveau du corps enseignant s'élèvera.
De plus on évitera, avec un nombre de députés plus restreint, un autre inconvénient. Aujourd'hui, il suffit qu'une personne s'élève dans une branche quelconque de la science ou de l'art pour que sa province, sa ville, un peu vaines de leurs concitoyens, comme les mères le sont d'un fils qui a bien réussi, se croient obligées de les jeter dans la chaudière de Montecitorio. C'est un homme de talent. Fort bien ! Mais sera-t-il, parce qu'il fait de beaux vers ou de bons livres, un homme politique laborieux et utile? C'est généralement le contraire.
Et c'est ainsi qu'on fait un député médiocre, en arrachant à Fart ou à la science un artiste excellent ou un savant d'élite. Non. Que se voue à la politique celui qui le veut, et que les électeurs envoient au Parlement celui qui a fait preuve de facultés politiques. Nous croyons que pour gouverner le peuple, ou pour faire des lois, les hommes intelligents suffisent. Mais c'est une intelligence spéciale qu'il faut avoir, comme il faut une intelligence spéciale pour chaque profession. Autrement nous verrons des avocats ministres ou sous-secrétaires d'Etat à la marine ou aux finances, des ingénieurs à la justice, et des individus qui déraisonnent d'un cœur léger au ministère de l'instruction publique.
En limitant le nombre des sièges, ces mêli-mêlos seront plus rares et moins faciles, et on aura tout à gagner en rendant hommage- à la loi de la spécialisation du travail.
Joignez à cela qu'on rendra enfin possible le payement d'une indemnité aux députés, en les obligeant à s'occuper exclusivement de remplir leur mandat. La qualité de représentant du peuple qui est une sinécure présentement et qui ne sert qu'à obtenir partout des coups de chapeau et des faveurs, deviendra une charge exigeant du travail : la responsabilité répartie sur 100 au lieu de l'être sur 500 individus, sera plus fortement sentie, et les élus devront s'occuper des choses importantes et de l'intérêt général, en laissant toutes les provinces pourvoir, dans leur autonomie et dans leur indépendance, à leurs intérêts personnels et privés, et en laissant surtout les intrigants se charger à Rome des
commissions et de la correspondance des électeurs ayant h faire valoir leurs exigences mesquines et personnelles.
Et alors il y aura peut-être une amélioration, et cet organisme parlementaire, maintenant si vieux, pourra, en se simplifiant, vivre encore quelque temps sans infamie et peut-être avec gloire. Je crois qu'on en peut dire ce qu'on dit de certains poisons : ils tuent ou raniment suivant la dose où on les emploie.
Or la dose, ou pour laisser la métaphore de côté, l'extension et l'importance que le parlementarisme a prises peu à peu, sont si grandes qu'elles menacent de tuer la vie publique. Qui sait si, en limitant la dose, on ne pourrait, au lieu de la tuer, la ranimer !
TABLE DES MATIÈRES
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