QUELQUES DÉFINITIONS PRÉLIMINAIRES
J'emploierai différents mots d'un usage courant, sur le sens desquels toutefois je désire me mettre parfaitement d'accord avec le lecteur parce que leur sens banal manque de précision.
Je le prie, bien que le moi soit haïssable, de me pardonner l'usage peu modeste que je ferai de la première personne dans tout le cours de cet opuscule. C'est une analyse psychologique où j'observe ce qui se passe en moi ; c'est donc forcément de moi-même que je parle. Je ne peux qu'inviter autrui à constater sur soi les résultats de cette introspection qui, à la rigueur, ne vaut que pour
celui qui la fait. L'expression je ou moi sera plus juste en même temps que plus commode.
Dans les relations sociales ces deux vocables ne prêtent à aucun malentendu ; dans le langage philosophique il convient d'en préciser le sens. Le moi représente, dans le langage courant, outre l'unité de la synthèse psychique, par extension celle d'une synthèse physiologique. C'est pourquoi l'on dit: «mo/î corps, je pèse tant de kilogrammes )), non que le substratum de la vie psychique soit identifié à celui de la vie physiologique par ce pronom possessif et ce pronom personnel, mais le principe, quel qu'il soit, de l'unité physiologique est dans une certaine mesure subordonné à celui de l'unité psychique même aux yeux des partisans de la distinction foncière de ces deux principes.
hd. personne est synonyme du moi. C'est plus spécialement l'unité synthétique des données psychiques constitutives du moi. Cette unité, en tant que synthétique, n'est pas nécessairement indivisible ; on constate, en effet, des dédoublements de la personnalité (cas classique de Félida et beaucoup d'autres reconnus postérieurement à celui-là). La personne humaine serait donc comparable à la synthèse mécanique appelée résultante^ dont les facteurs, les composantes se manifestent dans une unité qui les implique toutes sans que