‹ Psychologie du libre arbitre;Chapitre 5 sur 33 · QUELQUES DEFINITIONS PRELIMINAIRES Q · texte numérisé non relu

QUELQUES DEFINITIONS PRELIMINAIRES Q

l'intégrité de chacune y soit altérée par le concours des autres, de sorte que cette unité se conçoit décomposable en de nouvelles unités, synthèses de telles ou telles des composantes.

Le mot ne saurait se définir tout entier au moyen des seules données que fournit la conscience : il dépasse le champ de celle-ci. Elle n'atteint pas, en effet, l'être du moi, le substratum psychique, et n'en éclaire pas non plus toutes les modifications, ni tous les actes ; un certain nombre en demeurent toujours inconscients. Les autres variations psychiques sont susceptibles de passer de l'état inconscient à l'état conscient et réciproquement du second au premier. Dans ce dernier cas elles affectent, sous le nom de souvenirs latents, une nouvelle forme, et le retour à l'état conscient par la réminiscence transforme ceux-ci à leur tour en souvenirs évoqués. L'indétermination des limites du moi semble autoriser la critique à demander s'il en comporte. Y a- t-il plusieurs psychiques individualisés, en d'autres termes: suis-je seul dans l'Univers à constituer un moi et même y at-ildans l'Univers autre chose que moi? Ne suis-je pas tout? Cette question, ridicule au premier abord, n'est pas, à la réflexion, aussi aisément soluble qu'elle le semble. Je ne puis pour la résoudre consulter que ma conscience. Or elle ne me révèle qu'une part du moi et rien ne l'oblige

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à assigner au moi des bornes. Certaines sensations, celles de la vue, apparaissent à la conscience spontanée comme extérieures au moi : la synthèse de couleurs vertes et de couleurs brunes qu'on appelle arbre est un état de sensibilité nerveuse extériorisé par tous les hommes, excepté les philosophes qui se demandent avec Kant si hors de la conscience quelque chose répond aux modifications conscientes du moi. Le doute à cet égard n'influe pas sur le résultat de mes recherches.

La différence en moi, si minime soit-elle, entre le sommeil supposé sans rêve (le sommeil complet) et le rêve ou la veille, est ce que j'appelle un état conscient. Une sensation (toucher, odeur, saveur, son, couleur), un sentiment, une idée, etc., sont des états conscients. La conscience spontanée est l'aptitude à afTecter ces états ; je ne peux que la désigner au lecteur d'après mon expérience personnelle, sans la définir, car elle est sui generis. La conscience spontanée ne se borne pas à être passive ; elle est, dans certaines fonctions, active en cela que non seulement j'éprouve des sensations et des sentiments, non seulement je suis, en quelque sorte, le miroir des choses, mais encore

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