‹ Psychologie du militaire professionnel (volume 2)Chapitre 2 sur 15 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

g£n£ralit£s

Ge premier essai traite de la profession mili* laire.

A notre 6poque ot la religion « Patriotisme » a, pour beaucoup, remplacd la religion chr6tienne, sans que dans Tune comme dans Tautre, Fobjet du culle puisse 6tre bien d6termin6, bien congu, il est probable que nombre de gens trouveront sin« guli^rement audacieux qu*on ose toucher k la profession militaire, sacr^e entre toutes, puisqu^elle est la sauvegarde de la patrie. G*est faire lik.cBUYre d'antipatriote, diront-ils, en vouant ces iClidacieuz aux g6monies. Pen importe au savant,' k rhomme de science Ypu6 k la recherche de la.

y6rit6, c^ il doit, quand il Ta ou croit Favoir trouy6e, la clamer au monde entier quoiqu'il en puisse r^sulter pour lui, les siens ou sa patrie. Son devoir c'est d'etre loyal dans Tezpositioa de& faits, logique dans les dMuctions ; son devoir c'est d' examiner les hommes et les ph^nom^nea dans esprit de parti, sans sectarisme ou fanatisme. Nous pensons que cet essai, i&manant d*un homme qui n*a d*autre culte que celui de la v6rit6, satisfait k ces conditions qu'il s^est, d'ailleurs, efforc6 d'atteindre.

Actuellement, dans tous les pays de civilisation europ6enne, le service militaire est obligatoire pour tous les hommes valides. (1) lis passent Sl la caserne un temps plus ou moins long, sept ans au maximum, et reprennent la vie civile. Ind6nia^ blement le milieu agit sur eux pendant ce temps ; on ne pent toutefoiR consid6rer comme profession-* nels ces soldats par obligation. Nous sommes done amends, pour ^tudier Tinfluence de la profession' militaire sur la mentality, c'est-k-dire pourd^ter*' miner la psychologic professionnelle, k ne eonsld^rer que les militaires par vocation, c*est*&-dire

(1) Exception doH ^re faite pour rAngleterre. Si, en ce pays, la loi ordonne le service poor tons, chaque ann6e le Parlement en suspend TappUcation ; aussi Tarm^e anglaise est toute emigre proiessionnefle.

— isles officiers et un petit nombre de sous-offlciers rengag^s. Nous n^gligerons ces derniers parce que, g6ii6ralement issus d*une classe sociale moina ^lev^e, moias affln^e, la profession doit agir sur ces indiiddus avec plus de force que sur les officiers, issus d'une classe sociale affln^e, ayant des rapports frequents avec un monde poli et police. Si done nous montrons clairement Tiu^ fluence du metier sur la mentality des officiers, on en d^duira qu^elle se fait sentir sur celle dea sou3-officiers en accentuant les ph^nom^DOS observes chez les premiers. L'observation dea faits confirme cette mani^re de voir. II y a 1& encore effet d'imitation des sup^rieurs par lea inf6rieurs tant par tendance naturelle que par int^rftt.

Ces considerations expliquent ce fait que nos ezemples sent choisis seulement parmi les officiers, de preference meme parmi les officiers sup^rieurs ou g^neraux, parce que la haute situation que ces derniers occupent dans la societe tend k attenuer, chez eux, Tessence professionnelle ; il est vrai que cette attenuation est compensee par le temps plus long pendant lequel la profession agit sur Tintellectualite de ces indi-^ vidus.

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