PREFACE
Le titre de cet ouvrage en indique suffisamment l'objet. Mais je crois devoir dire en quelques mots la manière dont je l'ai conçu et traité.
Au point de vue d'une classification, les artistes, — musiciens, sculpteurs, peintres et poètes, peuvent être considérés comme une grande famille ; les arts du dessin formeraient un genre de cette famille, et la peinture une espèce, comportant des variétés. La marche la plus naturelle, pour arriver à déterminer le type de cette espèce, est d'aller de la diversité à l'unité, des peintres au peintre. On ne peut guère, d'ailleurs, connaître le peintre que par sa psychologie; les recherches anatomiques et physiologiques ne sauraient encore être ici d'un bien utile secours. De là, le titre et le plan de cet ouvrage; l'intelligence et le caractère y occupent la place la plus considérable.
Les questions de physiologie et d'hérédité ont fourni cependant la première partie du livre; il n'est pas impossible de découvrir certaines relations entre le tempérament et les qualité de l'àme ou de l'esprit, et
Arréat. *
Il PRÉFACE
rhérédité psychologique demeure aussi observable comme telle. Dans la deuxième partie, on abordera rétude de l'intelligence par celle de la vocation, — sentiments esthétiques, mémoire professionnelle,vision, révolution de l'art étant rattachée aux progrès de notre analyse visuelle ; on achèvera cette étude dans la troisième partie, en examinant les caractères intellectuels généraux, les mémoires et aptitudes diverses, le milieu, Tœuvre et l'artiste. Puis viendra le caractère, — sentiments, passions et volonté; enfin, la pathologie, — infirmités de l'œil, génie et dégénérescence. Cette distribution m'a paru convenir le mieux à mon sujet. Un simple coup d'oeil jeté sur la table des matières fera bien saisir, du reste, l'ordonnance des chapitres et la liaison des parties de ce travail.
On ne s'étonnera pas de trouver dans nos peintres des qualités qui appartiennent aussi aux artistes en général. Ils se ressemblent entre eux plus qu'ils ne ressemblent aux poètes ou aux musiciens; mais ils ressemblent à ces derniers plus qu'aux autres hommes. Cela même pourra sembler évident au premier abord. Il n'en est pas moins difficile de le prouver et d'en donner les raisons. Cet essai gagnerait beaucoup, sans doute, à être achevé par la description de quelques espèces sociales, telles que le musicien, l'avocat, le médecin, le géomètre. La comparaison que l'on ferait des unes avec les autres aiderait singulièrement à les concevoir d'une manière plus précise. On avancerait d'un pas dans la psychologie professionnelle, et même, si ce n'est trop dire, dans l'histoire naturelle des sociétés.
Ce modeste ouvrage ne vise pas si loin. Les psycho-