‹ Psychologie économique (volume 2)Chapitre 5 sur 19 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Parles comparaisons multipliées qui précèdent, j'ai cherché à faire sortir TÉconomie politique de son isolement majestueux et décevant. Tâchons de montrer maintenant que, si Ton concevait la pensée de constituer à côté d'elle et ^ tir un plan plus ou moins rapproché du sien, une théorie ^^s connaissances (science pédagogique, dans le sens encyclopédique de logique sociale pure et appliquée), une théo- ^^^ des pouvoirs (science politique), une théorie des droits ^^ cies devoirs (science juridique et morale), une théorie des ^^xités (science esthétique), de manière à pouvoir les ^^^trasser toutes ensemble avec elle dans une même théorie générale de la valeur, il faudrait nécessairement faire subir ^^ plan sur lequel la théorie des richesses a été édifiée ou ^^liafaudée jusqu'ici un complet remaniement.

Xies défauts et les lacunes de ce plan nous sont déjà signalés par les essais embryonnaires de ces théories diverses Ws qu'ils se sont déjà produits. A propos des pouvoirs, il est vrai, ou des droits, ou des lumières, on s'est occupé, avant tout, de leur reproduction^ et de leur répartition^ de leur diffusion plutôt, comme à propos des richesses, mais on s'est occupé aussi de leurs origines, de leur véritable production par insertions successives d'idées nouvelles, ce dont l'économie politique n'a nul souci; et l'on s'est occupé plus encore de leurs accords ou de leurs désaccords et de leur emploi. L'économie politique ne paraît pas se douter qu'il y ait des accords ou des désaccords (psychologiques) des richesses entre elles.

Tarde. — Psych. écon. 1. — 7

M. Gide a critiqué avec beaucoup de raison la division ^a quatre branches, devenue classique : production (lisez rep^*^' duciion], circulation^ répartition^ consommation. 11 n'a jamais pu comprendre, dit-il, à quoi répond la circulation . « Elle n'est rien de plus qu'une conséquence et un aspect de la division du travail. » Il aurait pu pousser, je crois, sat critique plus avant. D'abord, à quoi bon consacrer toute une partie de la science des richesses à leur consommation? On a pu remarquer combien ce chapitre-là est vide et insignifiant, farci de remplissages hétérogènes, de généralités sur le luxe notamment, dans la plupart des traités. En réalité, la consommation est inséparable de la production qui ne se conçoit pas sans elle, qui ne doit faire qu'un théoriquemexi*' avec elle. La reproduction des besoins, chez le consomma-' teur, explique et provoque seule la reproduction des effortadaptés à leur satisfaction, chez le producteur. La consonï^ mation, considérée à part de la production (reproductio: des articles consommés, n'est qu'un fait de jouissance înd viduelle, qui ne prend un caractère social qu'autant qu'eK sert à leur reproduction directe ou indirecte ou à cell ^ d'autres articles, ou à la création d'articles nouveaux. Dar^- * le premier cas, elle fait partie du titre de la productioX' (reproduction) des richesses, où, en effet, il est nécessaire-' ment question à chaque ligne de la consommation des subsistances par les travailleurs. Dans le second cas, elle rentre dans le titre inédit de l'adaptation économique, car un nouvel article n'a de succès (sans succès il ne compte pas socialement), que s'il est adapté à des besoins nouveaux ou mieux adapté à des besoins anciens. Reste le cas où la consommation est absolument inféconde : cette destruction pure et simple de richesse, perte sèche pour la société, est un simple accident qui n'intéresse pas plus la science théorique qu'un incendie ou un éboulement de rocher.

Des quatre branches de l'Economie politique, deux sont coupées. Conserverons-nous au moins les deux autres, pro-

d'iection (reproduction) et répartition? Mais ce dernier mot

est ambigu. Si, par répartition des richesses, on entend leur

diffusion, ce qui suppose la propagation imitative du désir

tlix'on a de chacune d'elles, de la confiance qu'on a en leur

iililité, il n'y a pas lieu de séparer de la reproduction des

richesses cette répartition-là qui a avec elle un lien si étroit.

Mais, si par répartition des richesses, on vise surtout leur

échange, leur appropriation et l'association libre ou forcée

qui se crée ainsi entre les co-échangistes, sous Tempire des

circonstances dominantes ou des règles imposées, ce n'est

P^is ici, c'est ailleurs, comme nous allons le voir plus loin,

qu'il est à propos d'en parler. 11 convient donc d'exposer en

^loc, dans un même chapitre, sans solution factice de conti-

'^uîté, tout ce qui a trait à la reproduction et à la diffusion

^^s richesses. Je dis diffusion plutôt que répartition, car

^iles tendent essentiellement à se répandre de plus en plus,

^ travers les frontières des pays et les distances des couches

^^cîales : c'est là leur manière naturelle de se répartir.

Il ne subsiste qu'une seule des quatre parties de l'écono- ^î^ politique. Lui laisserons-nous son ancien titre : « pro- ^^ction des richesses? » Non, il est doublement défec- ^^e\ix, car, d'une part, il s'agît des m^inières de reproduire ^^ richesse déjà créée, et non de la produire pour la première ^Qis; d'autre part, pourquoi ne s'occuper, dans la science économique, que de ces entités, les richesses, et non des hommes qui les demandent ou les fabriquent? On a reproché avec raison aux criminalîstes classiques de n'avoir égard qu'aux crimes et non aux criminels ; un reproche analogue, celui de s'inquiéter beaucoup plus des produits que des ;;roducteurs, est mérité par nombre d'économistes du passé. Aujourd'hui, il est vrai, en économie politique comme en criminalistique^ une réaction vive s'opère contre cette obsession de l'abstraction scolastique et ce mépris de la réalité vivante. Donc, il importe de changer l'étiquette du sac dont le contenu n'est plus le même et est destiné à se modifier

IW I>SYCHOLOGIE ÉœSOMIQUE

encore. Au lieu de « production des richesses », disons répétition économique ; et par là nous entendrons les relations que les hommes ont entre eux, au point de vue de la propagation de leurs besoins semblables, de leurs travaux semblables, de leurs jugements semblables portés sur l'utilité plus ou moins grande de ces travaux et de leur résultat, d^^ leurs transactions semblables. Circulation et répartition des richesses ne sont qu'un effet de la répétition îmitative de^ besoins, des travaux, des intérêts et de leur rayonnemeat réciproque par l'échange. Noter la connexion de cette propagation par imitation avec la propagation des hommes eav mêmes par génération, car le problème de la populatioa «^ pose ici comme partout en tête de la science. 11 y aurai* ^ marquer la profonde analogie entre les lois qui régissent ^^ répétition des richesses et celle des hommes : la tenda^^^^ à croître en progression géométrique s'applique aux riches ^^^ comme aux hommes, en dépit du contraste factice et errcr^^® que Malthus a cru apercevoir entre les deux. Malthus ^^^ que la population tendk grandir en progression géométrjq^*^^ tandis que les subsistances ne seraient susceptibles c^0^' d'une progression arithmétique. Mais ces subsistanc-^^^

qu'est-ce? Des plantes, des animaux, des produits chic^^^" ques ou industriels. Or, les animaux comme les plant^^^^ les bœufs et les moutons comme les céréales, tendent^ ^^ même titre que Thomme, ni plus ni moins, c'est-à-dire en tant qu'êtres vivants, à une multiplication rayonnante^ de plus en plus large; et, si cette tendance est contrariée par des obstacles de plus en plus forts en ce qui concerne les plantes et les animaux, elle ne Test pas moins en ce qui concerne Tespèce humaine. Si, quand l'humanité naissante servait d'aliment favori aux grands fauves des âges préhistoriques, quelque Malthus eût apparu parmi les ours ou les lions des cavernes, il aurait pu faire, en la retournant, la même remarque que le Malthus historique et songer tristement aux faibles progrès de l'espèce humaine, nourriture

dos ours ou des lions, pendant que ceux-ci se multipliaient si Tile. Quant aux produits industriels, ils tendent ^ussi à se î^^pandre par rayonnement, mais par rayonnement imitatif ; c^fc.r la seule différence, à cet égard, entre Tart pastoral et '-'^^igriculture d'une part, et l'industrie de l'autre, c'est que le E^^tre et l'agriculLure font travailler au profit de l'homme la îiidance des animaux ou des plantes à se multiplier par îpétition — génération (combinée avec la répétition-iraitaoa des divers pâtres ou des divers agriculteurs), tandis ^xie l'industrie proprement dite est une répétition — imitation seulement.

Maïs poursuivons l'esquisse de notre plan de psychologie économique. Nous arrêterons-nous là, au titre de la Répétition économique? Non, évidemment. Les besoins et les travaux des hommes ne se répètent pas seulement, ils s'opposent souvent, et plus souvent s'adaptent. C'est à la condition d'être adaptés les uns aux autres qu'ils parviennent à se répéter. On pourrait donc, si l'on voulait, placer en première ligne leurs rapports d'adaptation, mais peu importe. — Sous le titre d'opposition économique je me propose de comprendre les rapports des hommes au point de vue de la contradiction psychologique et inaperçue de leurs besoins et de leurs jugements d'utilité, du conflit plus apparent de leurs travaux par la concurrence, par les grèves, par les guerres commerciales, etc. Toute la théorie des prix^ de la valeurcoiU, qui suppose des luttes internes et des sacrifices de désirs à d'autres désirs, se rattache à ce même sujet. — Sous le titre d'adaptation économique, il sera traité des rapports que les hommes ont entre eux au point de vue de la coopération de leurs inventions anciennes à la satisfaction d'un besoin nouveau ou à la meilleure satisfaction d'un besoin ancien, ou de la coopération de leurs efforts et de leurs travaux en vue de la reproduction des richesses déjà inventées {association implicite ou explicite, organisation naturelle ou artificielle du travail). L'invention et Tassocia-

102 PSYCHOLOGIE ËCONOxMlQUE

lion seraient présentées sous le même jour, comme il co nvient. Toutes les « harmonies économiques » seraient discutées là, celles qui existent et aussi celles qui devraient exister et qui existeront.

Notre discussion nous conduit donc à substituer aux quatre divisions classiques de la science des richesses, trois divisions fort différentes. Si Ton veut bien se donner la peiao d'essayer un refonte de l'économie politique sur ce nouveaux type, on verra, je crois, ce qu^elle peut y gagner en élimination de ce qui lui est étranger, en meilleure dîstributio de ce qui lui appartient et qu'elle possédait déjà, en acquis lion de ce qu'elle avait négligé de revendiquer comme sie Elle deviendra à la fois plus nette et plus dense, mieux dél mitée et mieux remplie. Et, en même temps, apparaîtra fécondité de ce classement Iripartite qui peut être appliqu aussi bien à la théorie des connaissances, à la théorie de^ pouvoirs, des droits, des devoirs, à l'esthétique. Mais dison quelques mots encore de l'opposition et de l'adaptation éc nomiques. Ce qu'il est essentiel de remarquer, c'est que ^ en tête de ces deux divisions inédites aussi bien que de 1^^ première, se place le problème de la population, posé e termes différents pour chacune d'elles. La répétition écono— mique n'avait à envisager la population qu'au point de vuô de son accroissement numérique par génération ; l'opposition économique devrait s'occuper de sa destruction par la guerre, cette anti-génération. Par rapport au progrès lent des subsistances, l'excès possible de la population avait le droit d'effrayer ; par rapport à l'éventualité des conflits, au progrès rapide des armements, le déficit possible de population est, au contraire, un juste sujet d'effroi pour le patriote. Et de quel droit l'économiste se désintéresserait-il de la patrie ?

Par un autre côté, plus exclusivement social, cette question capitale de la guerre appartient à Téconomiste : par le côté de la fabrication des armes et des munitions, de l'ali-

mcntation des troupes, de la construction des vaisseaux de g-uierre. Celte production de Toutillage belliqueux est une irxcSustrie à part, mais qui, protectrice de toutes les autres, ii>€5 saurait être passée sous silence ou dédaigneusement traître en passant. Pourquoi n'aurait-elle pas ses « lois naturelles » aussi, comme les autres ? Si les économistes ne les ont pas cherchées, c'est peut-être parce qu'ils ont senti d'instînct, l'impossibilité de les faire rentrer dans leurs règles ti*op étroites. Ces singulières richesses qui remplissent les ^ï'senaux de l'État ou ses chantiers maritimes ne sont pas ^Gstînées, comme les autres, à être échangées ni vendues, '^aîs bien à être données ou volées à l'ennemi et consom- ^^^ées par cette donation même ou le vol. Que viendrait faire ^^i l'idée, soi-disant universelle, du libre échange? Il n'y a ^^1 échange. Peut-on s'en rapporter à l'initiative privée pour ^^xxstruire les grands cuirassés et les fusils perfectionnés? ^^ doit-on ici appliquer le principe du laissez-faire et du ^*^sez-passer? La marine de l'Etat forme avec la marine ^^^rchande un profond contraste au point de vue économique, ^^rnme la cavalerie avec l'art pastoral, comme l'artillerie ^Vec la carrosserie. L'industrie guerrière est essentiellement Collectiviste et prohibitionnîste. Elle est et doit rester un Monopole de l'État. Autant, pour le progrès des industries pacifiques, la nation est intéressée à la divulgation des secrets de fabrique, des inventions nouvelles, autant elle doit désirer que, pour tout ce qui touche aux industries militaires, les inventions nouvelles restent enveloppées d'un profond mystère, trop souvent, hélas ! décevant. De là l'espionnage et le contre-espionnage, les trahisons, les procès de trahison, et les illusions vaniteuses des diverses armées, jusqu'au jour décisif du combat. Ce caractère mystérieux des procédés de fabrication était commun, dans les temps les plus reculés, à toute industrie, par suite de Thostilité fréquente des classes ou des cités ; à présent il est restreint en temps de paix à l'industrie guerrière, mais, en temps de

guerre, où toute industrie a la guerre pour âme, le mono- | 3 pôle antique tend de nouveau à se généraliser. Pour être monopolisées, les industries guerrières des divers Etats n'en 1 - 1 sont pas moins concurrentes ; au contraire. Mais Tidée de | i concurrence a ici un sens tout autre que l'acception usuelle, et un sens bien plus pur. où Tidée de conflit destructeur se pré- 1 1 sente dégagée de tout alliage avec celle de concours fécond.

L'étude de la concurrence des industries guerrières, comme celle de la guerre elle-même, comme celle de 1^ concurrence des industries quelconques, conduit à reconnaître l'élargissement progressif de ces diverses oppositîoï^^ qui deviennent à la fois de moins en moins nombreuses ^^ de plus en plus importantes *, condition favorable à 1^^^ apaisement futur. Par cette tendance à Tamplification in^^' finie, Topposition économique ressemble à la répétition é^^^' noraique et aussi, comme nous allons le voir, àl'adaptatE ^^ économique.

A ce dernier point de vue, comme aux deux précédea *^' se pose pour l'économiste le problème de la populaticr ^> dans des 'termes nouveaux. Il ne suffit pas d'étudier I ^^ questions qui se rattachent à l'excès ou au déficit de pop '•^' lation, et à la destruction belliqueuse des populations; ^^ faut s'inquiéter avant tout des causes de l'amélioration ^^^ de la dégénérescence de la race, des conditions hygiéniqu^^ et des institutions sociales qui permettent à la race (^ s'adapter de mieux en mieux à sa destinée, notamment la reproduction des richesses et à la défense nationale. Il e^ inouï qu'une science si préoccupée de l'élevage des an£' maux et de la culture des plantes, en vue des progrès de le richesse, ait si peu de souci de la viriculture.

Mais, ici comme plus haut, ce problème bio-sociologique de la population n'est que préliminaire, malgré sa gravité hors ligne. Les problèmes exclusivement sociologiques de

(I) Je me permets de renvoyer le lecteur à mes Lois sociales, à cet égard.

l'adaptation économiques sont ceux qui ont trait à Tinvention, à réchange et à l'association, trois choses intimement unies. — - Les inventions se contredisent souvent, ou se contrarient, et par ce côté de leurs rapports extérieurs, elles sont la source première de l'opposition économique. Mais chacune d'elles, prise à part, est une adaptation d'inventions anciennes naguère étrangères les unes aux autres et convergeant vers un but nouveau ; et chaque invention nouvelle, en tant qu'elle triomphe, rend plus complète l'adaptation des conditions d'existence aux besoins de l'homme. D'autre part, les inventions accumulées vont s'harmonisant et se systématisant à travers des heurts. L'enchaînement logique des inventions, qui domine toute l'évolution sociale, doit être traitée ici par l'économiste en ce qui le concerne.

Par l'échange de plus en plus libre dans un domaine de moins en moins resserré et clos, — toujours clos d'ailleurs et toujours limité, — les diverses richesses se consomment là où elles sont le plus utiles, les hommes s'utilisent de mieux en mieux, chaque homme utilise un plus grand nombre d'hommes plus éloignés et plus étrangers, et réciproquement. L'échange est déjà une espèce d'association vague et inconsciente qui va s'élargissant. — 11 n'est pas d'échange sans propriété. La question de la propriété, individuelle et coUec- .ive, peut sembler pourtant, à des yeux socialistes, se ratacher au chapitre de l'opposition plutôt qu'à celui-ci. « Qui .erre a guerre a. » Mais le partage et la délimitation des propriétés n'ont-ils pas été les seuls moyens pratiques de faire juxtaposer sans chocs continuels et meurtriers les avidités rivales, et de substituer, quand elles se heurtent, les procès aux combats, les discussions aux homicides ? Et n'est-ce pas aussi dans l'intérêt de l'harmonie et de la paix sociale que l'héritage a été imaginé ? C'est donc au chapitre de l'adaptation que la propriété doit être discutée et qu'on doit' se demander si l'indivision collective réaliserait mieux l'accord social *.

(1) Tout ce qui a trait à la légitimité ou à l'illégitimité de Tiatérêt des

lut» PSYCHOLOGIE ÉCONOMIQUE

Ce qui est certain c'est que. le principe de la propriété individuelle étant posé, à mesure qu'il s'est propagé et a provoqué les progrès de la législation, les transformations de la jurisprudence, dans le sens de son extension territoriale et de sa cohésion interne, grandissantes à la fois, on a vu le bornage et l'héritage des terres devenir un élément plus fondamental de concorde.

Enfin, l'association véritable et consciente, celle qui continue l'échange et le complète par la division croissante des travaux et surtout par la croissante collaboration des diverses catégories de travailleurs à une œuvre commune, constitue le degré supérieur de l'adaptation économique. Toute la science économique aboutit à cette question à laquelle cependant on a <ouvent accordé moins de développements qu'à celle de la division du travail, qui n'en est qu'un aspect. Toute raclivitê économique, en effet, converge vers l'association et ses agrandissements progressifs, depuis la petite culture et les petites industries familiales du plus haut passé jusqu'à la très grande culture et à la très grande industrie que commence à voir le présent, que verra surtout l'avenir, sous la forme d'ateliers ou de fermes gigantesques, dirigés par des sociétés nationales ou internationales supérieures à nos plus grandes compagnies. La loi d'amplification graduelle s'applique Ui comme plus haut avec une évidence qui doit frapper tous les veux.

Je me persuade que, refondue dans le cadre qui vient d'être esquissé bien imparfaitement, l'économie politique échapperait au reproche d'étroitessc et de sécheresse, et ferait apparaître son vrai visage, tout psychologique et tout logique, tout vivant et tout rationnel. Il s'agit de bien comprendre l'Evolution économique. Mais évolution est un mot vague ; on le précise, en lanalysant, par ces trois termes, répétition, opposition, adaptation, qui distinguent ce qu'il confond.

capitaux, de la rente des terres, du profit des entreprises, doit être, par suite, traité ici.

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