A VANT-PROPOS
iège de France en 1900-1001. 11 est
Ce livre est la substance d'un cours
domaine économique et, ce me semble, la confirmation d'idées générales que j'ai depuis longtemps exposées. Ce qu'il y a de plus caractéristique dans le point de vue auquel je me place pour explorer à mon tour un champ si souvent parcouru était déjà en germe dans plusieurs études publiées par la Revue philosophique dès 1881 et par la Revue d? économie politique quelques années plus tard. Envisagée sous son aspect industrieux, laborieux, producteur, comme par son côté criminel, immoral, destructeur, la vie sociale m'a paru relever avant tout de X ïnler-ps/jcliologie, qui étudie ses rapports élémentaires. J'ai pensé cependant qu'il était inutile d'intituler cet ouvrage « Cours à*inter-p$tfchologie économique », titre qui eût été peut-être plus exact, mais moins clair et moins simple.
Octobre 1901.
Avant d'aborder le sujet spécial de ce traité, il me semble bon de tracer à grands traits la conception générale de la société humaine à laquelle on est conduit quand, tenant fermement en main les principes sur lesquels se fonde à mon avis la science sociale, on les applique non seulement au côté économique mais à tous les autres côtés sociaux de l'humanité.
Ces principes, je n'ai pas à ]es démontrer de nouveau ; je me borne à les répéter en les résumant. La société est un tissu d'actions inter-spirituelles , d'états mentaux agissant les uns sur les autres, mais non pas de n'importe quelle manière. Expliquons-nous clairement. Chaque action interspiiituelle consiste dans le rapport de deux êtres animés — d'abord, la mère et l'enfant — dont l'un impressionne l'autre, dont l'un enseigne ou dirige l'autre, dont l'un parle à l'autre qui l'écoute, dont l'un, en un mot, modifie l'autre
Tarde. — Psych. écon. T. — l