Psychologie
Ce cours de psychologie et de philosophie est le fruit de quinze années (roiseignement. Qu'on nous permette de dire ici dans quel esprit il a été conçu, rédigé et enseigné.
Nous nous sommes constamment et d'abord appliqué à mettre les problèmes en relief, cherchant à en dégager le sens et à en donner l'intelligence, à souligner leurs parentés et leurs généalogies, à les présenter enfin dans leur ordre et leurs cadres naturels. Nous avons pris soin également de soumettre avant tout à Vélève des faits et des analyses de faits, dans lesquels il puisse trouver dxs éléments de solution à sa portée, et indépendants de l'histoire. Bref, nous avons délibérément donné partout le pas à la méthode positive sur la méthode historique et sur la méthode dialectique, pensant que celles-ci doivent toujours rester à leur rang naturel, qui est le secoïid. Cela nous a conduit à réduire le plus possible la part des théories et des discussions. On nen trouve guère dans les manuels scientifiques de physique ou de physiologie ; c'est d'ailleurs un assez mauvais signe pour une science que la surabondance des théories; c'est un signe qu'elle est encore loin d'être constituée. On en trouvera ici plus que nous n'aurions voulu, encore que nous nous soyons borné à celles qui présentent une valeur actuelle. Au moins avons-nous tâché d'éliminer toutes celles qui ne subsistent que par tradition scolaire, et qui réussissent à encombrer la mémoire et Vimagination au détriment de l'intelligence.
PRKFACE
^ Le même souci de méthode positive nous a fait sacriftei- tout l'appareil bibliographique des citations et des références, et ce que l'on est convenu d'appeler . la littérature du sujet ». Cette littérature est indispensable au travailleur, qui d'ailleurs ne la cherche pas dans un manuel; mais l'expérience prouve quelle est facilement nuisible à l'élève; elle le déconcerte el l embarrasse, et contribue encore à le détourner du fond des choses. Aféme en mettant tout au mieux, l'appareil historique et critique lui donne on ne sait quelle inquiétude de se trouver en présence d'une science qui se fait, toute encombrée d'échafaudages et de bâtisses extérieures, là où il s'atieyidait à trouver le monument d'une science faite, et qui s'enseigne. Sans doute, ni la psychologie ni la philosophie ne sont achevées ; mais il n'en est pas 7noins vrai qu'elles ont des parties solides et bien assises. Ce sont ces parties qu'il convient de dégager les premières. C'est pourquoi nous avons cru devoir partout insister sur le côté positif des questions, sur les faits bien acquis, sur leurs explications les mieux établies, sur les résultats les plus certains du travail des professionnels, sur les perspectives claires et bien ouvertes oii la vue se repose et s'oriente avec aisance.
C'est pour cette raison encore que nous avons dû, à notre très grand regret, renoncer à signalera mesure les livres et les articles de revue dont nous nous sommes inspiré. Ils sont trop nombreux, et leur simple ^nention eût alourdi et obscurci Ve.cposition des idées. Nous aimons à penser que l'on retrouvera dans ces pages les résultats des plus importants travaux scientifiques et critiques publiés jusqu'il ce jour. En ce qui concerne en particulier le cours de psychologie, nous nous faisons un plaisir et un devoir de dire tout ce qu'il doit aux écoles française, suisse et américaine et de remercier une fois pour toutes MM Rabier, Ribot, Bergson. P. Janet. liinet, Séailles, Dunan, Bourdon. Goblot, Roustan; MM Flournoy, Claparède ; MM James, Titchener, Miller, Baldwin : etc., etc., tous ceux enfin dont les idées et les analyse.^ 7i.nis ont paru mériter d'entrer dans le domaine universel des conclusions acquises, celles que doit populariser un manuel.