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Psychologie musicale

Dans les quatre articles, publiés précédemment par la Revue des Deux-Mondes^ et qui forment ce petit volume, on ne doit chercher ni une théorie, ni un traité, mais seulement quelques exemples de psychologie musicale. Une idée commune les relie. Cette idée, c'est que la beauté suprême de la musique consiste dans l'expression. Pour comprendre la musique et l'admirer, il faut sans doute la considérer en elle-même et dans sa valeur intrinsèque; pour la sentir et l'aimer, il faut surtout la regarder, ou mieux l'écouter comme l'interprète des sentiments, des passions, de rame enfin.

Cette idée, si simple et même banale qu'elle paraisse d'abord, a été très-contestée . Elle Test

VI AVAÎST-PROPOS

encore. Les uns l'admettent ; les autres la répudient. Ici elle passe pour pernicieuse erreur; là, pour vérité nécessaire ; on y voit tantôt le fondement, tantôt la ruine de Testhétique musicale. Qui faut-il croire ? Ainsi qu'il arrive d'ordinaire, personne entièrement, et tout le monde un peu.

Avant de prendre parti, rappelons le débat. Les maîtres de la philosophie de l'art y sont intervenus : à l'étranger Hegel, Herbert Spencer, M. Hanslick ; de Laprade, Taine, MM. Sully- Prudhomme et Lévêque chez nous.

Dans une brochure considérable intitulée : Du beau dans la musique, M . le professeur Hanslick, de Vienne, a tenté plus qu'une réforme, un véritable renversement de l'esthétique musicale. .Jusqu'ici, dit-il, en commençant, on admettait <( que cette science doit s'occuper moins d'approfondir ce qui est beau dans la musique en ellemême, que de dépeindre les sentiments qui s'éveillent en nous au contact de la musique. Cette direction donnée à l'étude, correspond parfaitement au point de vue des anciens systèmes esthétiques, qui ne considéraient le beau que dans son r:ipport avec l'effet produit sur nous par ses manifestations, et avaient, en conséquence, dénommé la philosophie du beau d'après l'origine

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