AVANT-PROPOS VII
qu'ils lui attribuaient, c'est-à-dire, le sentinient, (ai^O-ri-Ti-). »
C'est cette direction, fausse à son avis, que M. Hanslick se propose de rectifier, en ramenant Testhe'tique musicale à ;< une connaissance des choses aussi objective que possible, c'est-à-dire complètement dégage'e du « moi » et conside'rant les choses en elles-mêmes » . Il n'est donc pas e'tonnant qu'en relisant l'ouvrage de M. Hanslick, nous ayons pre'vu et redouté pour notre essai de psychologie musicale une objection ou plutôt une question préalable. Au moment d'étudier la traduction par la musique d'un groupe de sentiments, nous ne pouvions oublier qu'un de nos plus éminents confrères a déclaré la musique incapable de traduire les sentiments, et tenté de fixer le beau musical en dehors de toute expression.
Où donc a-t-il prétendu le circonscrire ? Uniquement dans les qualités spécifiques de la musique, dans la musique en soi et non en nous. Le beau musical est, pour M. Hanslick, une sorte de beau indépendant, n'ayant pas besoin de tirer sa substance du dehors et existant uniquement dans les sons et dans leurs combinaisons artistiques. « Les rapports bien ordonnés de sonorités pleines de charme par elles-mêmes, qui