Première Partie. — Critique de la pénalité actuellement infligée aux
criminels 251
Article Ier. — De la peine de mort 251
1° La peine de mort, comme punition, est injuste, étant appliquée à des individus privés de sens moral , qui n’ont pas pu
vouloir et décider le crime par le libre arbitre, et qui ne l’ont voulu que par leurs désirs seulement; 2° La peine de mort, comme vengeance, est immorale, et, de plus, cette vengeance est cruelle ; 3° La peine de mort, comme épouvantail, est inutile ; elle n’empêche pas le crime, soit chez ceux qui le commettent sous l’in fluence d’une passion violente , soit chez ceux qui le commettent froidement. Motifs et faits à l’appui de cette inutilité ; 4° La peine de mort est dangereuse par le mauvais exemple qu’elle donne. — De la peine de mort appliquée au banditisme. Causes du banditisme. — Moyens rationnels capables de le faire disparaître. Les moyens de rigueur sont constamment restés sans effet sur cette maladie morale.
Article II. — Du bague
Étude psychologique sur les forçats
Article III. — De la prison en commun
La prison en commun est dangereuse par le fait du contact des criminels, alors qu’aucun moyen n’est mis en usage pour les améliorer. — Ce n’est ni par la Discipline obtenue au moyen des châtiments, ni par le travail, ni par l’instruction, que l’on peut modifier la nature instinctive des individus mal conformés moralement, c’est par la culture des sentiments moraux.
Article IV. — De l'emprisonnement cellulaire
Dangers moraux et physiques de ce système. — Comme aggravation de la peine, il est injuste. — La sévérité des châtiments n’a jamais produit les bons effets qu'on en a attendus. — En l’absence de toute base scientifique, la sévérité plus ou moins grande avec laquelle le criminel est traité, dépend des sentiments qui animent les magistrats, ce qui est très-variable. — A une maladie morale, il faut un traitement moral et non des châtiments.