‹ Psychologie naturelle (volume 2)Chapitre 22 sur 23 · Deuxième Partie. — Traitement préventif du crime 3i,'i · texte numérisé non relu

Deuxième Partie. — Traitement préventif du crime 3i,'i

Les anomalies morales se manifesteront toujours dans l'humanité, car la nature de l'homme ne change pas. Ses connaissances, ses institutions , produits de ses facultés, peuvent seules progresser. — Quelque importantes que soient les améliorations introduites dans les institutions, les anomalies morales trouveront toujours moyen de se manifester. Si, malgré l’emploi des moyens préventifs, il se commettra toujours des crimes, ces moyens empêcheront cependant l'accomplissement d’un grand nombre de ces actes. — Première indication préventive: Développer les sentiments moraux des populations au moyen de la culture de ces sentiments par l'éducation morale et par l'instruction morale. L’instruction intellectuelle ne favorise la moralisation que d’une manière indirecte. — Deuxième indication préventive : Eloiyner, combattre, et supprimer, autant que possible, les causes exciluntes de la perversité. Ces principales causes sont : la misère, le luxe, les excitations générales, l’ivro-

ftneric , la contagion des mauvaises passions. — Danger de la publicité donnée aux procès criminels. — Danger présenté par la basse littérature, qui attend son succès de la relation d’actes profondément immoraux, et par certaines pièces de théâtre.

— Troisième indication préventive : Empêcher directement les crimes qui peuvent être sûrement prévus. Les individus qui menacent dans un état passionné violent et permanent, exécutent toujours tôt ou tard leurs menaces. On pourra prévenir l'exécution de ces menaces en internant dans des asiles ceux qui les profèrent. Dans ces établissements, on visera à rendre la raison, le bon sens à ces fous dangereux, et non à les punir de l’état psychique anomal qu’ils subissent involontairement —

Le but principal de la police, au lieu de consister à découvrir et à arrêter les criminels, devrait être d’empèchcr l’accomplissement du crime. — Danger que présentent les soldats ivres. Nécessité qu’ils soient désarmés hors le temps où ils sont de service.

TnoisifcMB Pahtik. — Traitement moral palliatif et curatif auquel il convient de soumettre les criminels et les délinquants :i«

Article I«r. — Traitement moral palliatif et curatif auquel doivent être soumis les criminels et les délinquants dénués de sens moral. :!8

Les individus privés de sens moral , qui ont commis quelque acte grave, doivent être placés dans un asile spécial, pour y rester en contact continuel avec des personnes morales chargées de développer les bons sentiments qu’ils peuvent avoir. — Des surveillants; qualités nécessaires pour remplir cette fonction. — Bases du traitement moral. Le surveillant doit avant tout s'attirer la confiance du surveillé, et étudier la nature instinctive de celui-ci. — Les sentiments, relativement au traitement moral, se divisent en trois catégories. La première renferme le sens moral. Ce sentiment, qui porte au bien par devoir, n’étant pas possédé par les criminels qui nous occupent, ou étant naturellement trop faible, ce n'est point à lui qu’il faut s’adresser, surtout au début. On devra s’adresser aux sentiments de la deuxième catégorie, lesquels portent au bien par l'espoir d'une satisfaction. Ces sentiments sont : 1° le sentiment religieux; 2° les affections de famille; 3° la crainte inspirée au détenu de désobliger les personnes qui lui sont dévouées; 4° l’espérance de la réhabilitation, 5° l’amour-propre, la dignité personnelle, l’estime de soi. — Chez les criminels dépourvus des sentiments de cette deuxième catégorie, on s’adressera aux éléments instinctifs de la troisième catégorie, les intérêts matériels bien entendus.— L’excellence de ce traitement moral est déjà sanctionnée par l’expérience. — Établissement pénitencier de Mettray. — Établissement pénitencier de Citeaux. — Tous les pénitenciers .agricoles ne sont pas dirigés d’après les principes adoptés à Mettray et à Citeaux. — Pénitencier de l’ile du Levant. — Nous réclamons pour les adultes le système adopté à Mettray pour les enfants , avec quelques modifications, dont la plus importante

est un plus grand nombre de surveillants. — Le système de moralisation, quoique appliqué imparfaitement aux criminels adultes dans le pénitencier d’Albert-Ville (Savoie), par M. Félix Despine, et par M. Obermayer, de Munich, a donné d’excellents résultats dans ces deux établissements. — Le traitement moral convient également aux individus affectés de l’anomalie psychique qui fait les criminels, bien qu’ils iraient point encore commis de crimes. — La culture et l’excitation des bons éléments instinctifs produisent également des effets très-remarquables sur le caractère des animaux. — Méthode de Rarey pour dompter les chevaux vicieux. — Du travail des détenus. — De la récréation. — Des punitions. — Directeurs des pénitenciers. — De la libération des détenus. — Régime auquel doivent être soumis les criminels incurables.

Article II. — Traitement auquel doivent être soumis les criminels et les délinquants doués de sens moral 503

Les personnes douées de sens moral ne pouvant commettre les grands crimes que dans l’état passionné, état psychique qui exclut le libre arbitre, ce n’est pas précisément une punition qui convient à ces personnes lorsqu’elles ont commis un de ces crimes. — Pour les actes d’une perversité moins grande, et que ces personnes peuvent commettre librement, des peines doivent être infligées, soit comme punition méritée, soit afin d’empècher, par l'effet de la crainte, que des actes semblables ne se renouvellent. — Chez ces personnes, les châtiments doivent être en rapport, non-seulement avec la gravité des fautes, mais encore avec la nature de ces fautes. — On devrait également tenir compte, dans certains cas, du caractère particulier de l’individu.

S I'Plémk vv 517

Sur la qualification d'instinctives, que j'ai donnée aux facultés mo-

Sur les lois psychiques 5l<j

Sur le libre arbitre

Sur la différence qui existe entre la raison et le libre arbitre. ; . . 523

Sur la folie 52c

Sur 1 influence que les anomalies organiques et fonctionnelles du

cerveau exercent sur les manifestations de l’esprit 527

Résumé de l'ouvrage 53 1

Page 1