‹ Psychologie naturelle (volume 3)Chapitre 12 sur 17 · SUR LE LIBRE ARBITRE · texte numérisé non relu

SUR LE LIBRE ARBITRE

Le principe que les actes indifliérents à la morale devant la conscience de l'individu ne sont point décidés, voulus, par le libre arbitre, ne sont point libres, en un mot, principe qui m'a servi à élucider la question du libre arbitre, n'est point nouveau, puisqu'il date des stoïciens. Ce principe, n'ayant jamais été appuyé de preuves scientifiques, a été nié par les philosophes, qui ont considéré comme

libres toutes les décisions de l'homiiie émanant de sa p^ sonnalité, de ses désirs, c'est-à-dire les décisions non imposées par la force.

Ce principe ne peut plus actuellement être mis en doute, ayant été démontré dans cet ouvrage par une des lois qui dirigent Tesprit humain dans ses actes. Cette loi est la loi de rintérét, par laquelle nous décidons, nous voulons ce qui nous plaît le plus, lorsque aucune obligation morale ne nous engage pas à nous décider pour ce qui nous plsdt le moins. Or, si nos éléments instinctifs nous sont donnés, non par nous-mêmes, mais par les lois naturelles; si nos désirs sont une manifestation de ces éléments inètinctife indépendante de notre volonté, et si ce sont ces désirsles plus grands àe ceux que nous éprouvons, qui fixent nos déterminations, nos volontés, dans les cas où aucune obligation morale ne nous engage à faire autrement, n'est-il pas prouvé que tous les actes indifférents au bien et au mai devant la conscience n'ont rien de libre, puisqu'ils dépendent de désirs dont la manifestation est indépendante de notre vouloir ? Si je reviens ici sur cette importante solution, afin delà rendre aussi évidente que possible, c'est que je trouve dans un ouvrage écrit par un savant philosophe moderne que : Ton n'a jamais prouvé que les actions qui n'ont pas une valeur morale ne sont pas libres * .

< A. Lemoine ; U aliéné devant la philosophie, la morale el la société^ pag. 307.

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