INTRODUCTION
Deux ordres de connaissances sont nécessaires pour fonder toute science. Les premières ont rapport à l’objet même de la science, à ce que nos sens et notre intelligence peuvent nous apprendre sur les qualités, sur les propriétés de cet objet, et sur ses facultés, s’il s’agit d’un être appartenant au règne animal. Ces notions sont les préliminaires obligés de la science, mais elles ne la constituent pas d’une manière complète.
Les secondes connaissances, qui l’établissent définitivement et qui la rendent pratique par les conclusions certaines qu’elles permettent de tirer, sont celles q ui se rapportent aux luis auxquelles l’objet est soumis. Ces connaissances sont de beaucoup les plus difficiles à obtenir, les lois naturelles ne pouvant être aperçues qu’à la suite d’un travail toujours long et pénible , à moins cependant qu’elles ne soient des principes universels dont l’évidence est patente par ellemême.
La science humaine, étant formée par la connaissance des êtres créés et des lois qui les régissent , représente donc la pensée de Dieu découverte par l’homme au moyen
(le l’observation et du raisonnement ; elle rattache, par la connaissance des lois naturelles , les eiïets à leur cause première, la volonté du Créateur qui a fait ces lois. Pour nous, comme pour la plupart de ceux qui les emploient, les expressions : nature , lois naturelles , n’ont pas d’autre signification. C’est donc à tort que certaines personnes déclament contre le naturalisme , représenté par leur imagination comme un fantôme d’athéisme et de matérialisme.
La psychologie , décorée du nom de science , n’a point complètement mérité ce titre, n’ayant pas même parcouru, jusqu’à ce jour, sa première étape. Si nous possédons des connaissances assez étendues sur les facultés de l’esprit , ces connaissances sont incomplètes et entachées d’erreurs. On est même si peu fixé sur les fonctions de ces facultés , que Von attribue à certaines d’entre elles des fonctions qui appartiennent à des facultés de nature différente. Il arrive souvent, par exemple, que l’on considère comme un produit des facultés intellectuelles, des effets qui appartiennent aux facultés morales. Quant aux lois directrices de l’activité des facultés psychiques , les philosophes n’en ont découvert aucune ; et cependant il en existe. Notre esprit, faisant partie de la création et naturellement associé au plan divin, n’a pas été abandonné exceptionnellement aux caprices du hasard ou d’une aveugle fatalité ; les activités dont l’a doué son Auteur ont dû par conséquent recevoir de lui le principe de leur direction. La psychologie, réduite aujourd’hui à une description imparfaite des
divers pouvoirs de l’esprit, attend donc encore le moment où elle pourra compter parmi les sciences naturelles.
On peut se convaincre de l’état d’infériorité dans lequel est demeurée la psychologie, lorsqu’on voit le vague, l’incertitude qui règne sur les questions qui la louchent de plus près, celles, par exemple, qui ont trait à la raison et au libre arbitre ; lorsqu’on trouve la raison confondue tous les jours avec la faculté de réfléchir, de raisonner ; lorsque le caractère psychologique de la déraison , c’est-à-dire de la folie, n’a point été spécifié d’une manière suffisante; lorsque, enfin, sous le nom de liberté sont confondus les deux pouvoirs de nature différente, et dont un seul mérite ce nom, par lesquels nous voulons, nous prenons des déterminations. Aussi la psychologie, manquant de hases solides, n’inspire aucune confiance. Tantôt elle subit le reproche de n'avoir aucune utilité pratique; tantôt, lorsque sous le nom de jt/iilosuphie e lie propose quelques sages conseils, ces conseils sont qualifiés de dangereux.
Comment l’homme, dont les connaissances scientifiques sur les objets qui l’environnent sont déjà si étendues, en est-il encore aux premiers rudiments sur les questions qui, le regardant personnellement, devraient l’intéresser le plus? Il a découvert la distance qui le sépare des étoiles, la composition chimique de ces astres par la couleur de leurs feux; il connait la forme, la grandeur des planètes, leur densité, leur marche dans l’espace, le temps qu’elles mettent à faire leur révolution sur leur axe et autour du soleil ; il a trouvé le moyen de transmettre instantanément sa
pensée aux dislances les plus éloignées, et c’est à peine s’il connaît les facultés génératrices de cette pensée ; il crée tous les jours des sciences nouvelles, et il ne se connaît pas lui-même, bien que le précepte de Socrate : Connais-toi toi-même, ait été répété par toutes les écoles philosophiques ! Ce n’est point à la difficulté de fonder la science de l’esprit, difficulté qui, en définitive, n’est pas plus grande que celle d établir les autres sciences, qu’il faut attribuer l’étal d’infériorité de la première vis-à-vis de cellesci ; c’est à l’éloignement trop habituel dans lequel se sont tenus les philosophes, de la seule méthode capable de faire progresser la psychologie. Entraînés vers les conceptions métaphysiques par les nobles sentiments qui élèvent l’âme jusqu’au surnaturel, ces grands esprits ont négligé la recherche des connaissances réellement scientifiques que l’on peut acquérir sur les facultés de l’esprit au moyen de l’observation des faits et du raisonnement, et fisse sont épuisés en vaines discussions , soit sur des subtilités imaginaires et d’une utilité douteuse, soit sur des questions insolubles pour l’homme. Le mélange de métaphysique, de psychologie et même d’histoire naturelle, de nombreuses idées imaginaires et de quelques vérités, mélange auquel on a donné le nom d e philosophie, a tellement séduit, malgré les opinions les plus disparates qu’on y rencontre, ceux qui en ont fait l’objet de leurs réflexions, que plusieurs l’ont considéré comme les dernières limites auxquelles pouvait atteindre l’esprit humain, comme une arche sainte à laquelle il n’était pas permis de toucher. Cette admiration et ce res-
pecl exagérés ayant probablement détourné les penseurs de se livrer à de nouvelles recherches, ont dû contribuer sans doute à retarder le progrès delà psychologie. Eli» ce propos, nous ne pouvons nous empêcher de faire observer combien la croyance que tout a été dit en psychologie est générale dans la classe instruite de la société. On encourage le progrès des autres sciences en formulant des questions qui les intéressent, en mettant la solution de ces questions au concours, en récompensant ceux qui ont trouvé cette solution. A-t-on jamais songé à encourager de cette manière le progrès de la psychologie? Le nombre des personnes qui s’occupent de celte science est même si restreint, et les questions qui ont rapport à cette science attirent si peu l'attention du public, que celui qui entreprend un travail sur celle matière ne peut être mu que par un seul sentiment : l’amour de la vérité, et ne doit espérer d’autre récompense, pour sa peine, que la satisfaction que ce sentiment lui fera éprouver.
Bacon, substituant l’observation des faits et l’induction raisonnée à l’hypothèse et à l’analogie, a fixé la seule route à suivre pour fonder les sciences. La méthode qui fit avancer si rapidement celles qui ont pour objet le monde physique, n’a pas été sans inlluence sur la psychologie. Le siècle dernier et le commencement de celui-ci ont produit l’école Écossaise, représentée par Hutcheson , Reid et Dugald-Stewart, qui appliquèrent, beaucoup plus qu’on ne lavait fait précédemment, les principes de leur illustre compatriote a l’étude des facultés psychiques. Aussi leurs
travaux ont-ils élu plus fructueux pour la science qui a l’esprit pour objet, que les brillantes dissertations des philosophes métaphysiciens. Si tout n’est pas nouveau, original, dans leurs écrits; s’ils ont laissé beaucoup à récolter à leurs successeurs, ils ont eu, entre autres mérites, celui d’avoir engagé la psychologie sur le seul terrain où elle pouvait progresser. Blâmant la direction trop souvent suivie avant eux, ces grands penseurs proscrivirent de l’étude de cette science le concours de l'imagination , comme empêchant la découverte de la vérité, et comme entraînant l’esprit dans des égarements qualifiés par Reid de folie métaphysique.
La voie tracée par les philosophes Écossais a-t-elle été suivie comme elle aurait dû l’être? La psychologie a-t-elle réellement fait des progrès depuis eux ? Je ne le pense pas. Les philosophes modernes paraissent avoir borné leurs prétentions à faire l’historique et la critique des travaux de leurs prédécesseurs, dans de savants ouvrages où les questions obscures et controversées de la psychologie sont restées stationnaires. Ou bien encore ils ont recueilli les diverses opinions philosophiques déjà proposées, poulies concilier et pour en composer un système plus général , c’est-à-dire, ils ont fait de l’éclectisme. Sans nier l’importance de l’histoire de la philosophie, et tout en rendant justice à l’éclectisme, qui n’en est qu’un dérivé, on est à se demander si les philosophes modernes ont réellement introduit quelque connaissance nouvelle dans la science, s’ils ont fait progresser la psychologie.
Ce n’est point un traité de psychologie que nous présentons ici. Le but de cet ouvrage est de rectifier diverses erreurs, d’enrichir la science de quelques solutions nouvelles, sans nous arrêter sur les connaissances précédemment acquises. Nous introduirons définitivement la psychologie dans le domaine des sciences exactes, en formulant la loi qui régie l’exercice des facultés réllectives lorsqu’elles fonctionnent simultanément avec les facultés instinctives ou morales. Celte loi, d’une remarquable simplicité, nous permettra de résoudre des problèmes restés insolubles jusqu’à ce jour. Nous saurons également ce qu’il faut entendre par raison ; et en spécifiant le caractère psychologique de la folie, soit chez le malade, soit chez l’homme bien portant, nous saurons pourquoi la folie et la raison peuvent exister en même temps chez le même individu ; pourquoi l'homme le plus intelligent, le plus instruit, le plus intellectuellement raisonnable, peut être moralement fou, privé delà raison morale et de la liberté morale, et irresponsable moralement de ses actes. Nous dégagerons
la liberté morale qui s’exerce sur des désirs intéressant le
bien et le mal, et a l’égard desquels la conscience se sent liée, liberté qui seule rend moralement responsable, des autres libertés, simples pouvoirs de faire ce que l’on désire; pouvoirs par lesquels l’homme veut également , par lesquels il prend des déterminations à l’égard de désirs, de penchants qui sont indifférents devant sa conscience au bien et au mal , et envers lesquels il ne se sent lié par aucune obligation. Enfin, nous démontrerons que, de loules
les sciences, aucune n’est plus féconde en préceptes pratiques que la psychologie , et qu’aucune n’en donne de plus importants.
Les philosophes ont interprété en général d’une manière trop étroite le précepte de Socrate : Con nais-toi toi-mème. S’étant étudiés dans le silence du cabinet et dans le calme des passions, c’est-à-dire dans une circonstance particulière, et n’ayant porté leur attention que sur quelques individus semblables à eux, ils n’ont observé que les régions pures et sereines de l’intelligence et de la morale. Dans ce champ limité, ils ont connu partiellement quelques hommes, mais ils n’ont point connu l’homme : leur psychologie a donc été incomplète. En négligeant l’étude des manifestations psychiques dans les diverses races humaines, et celle des manifestations anomales de leur propre race dans les actes bizarres, irrationnels et criminels, ils se sont privés d’une source féconde en découvertes psychologiques. Pour faire progresser une science, il ne suffit pas seulement d’attaquer son objet par le travail de la pensée ; il faut encore que celte attaque soit dirigée vers le côté où cet objet se laisse le mieux pénétrer. Or nous verrons combien l’étude des anomalies psychiques aide à dévoiler les mystères de la science de l’esprit. En lisant, sans idées préconçues, le compte-rendu des procès criminels, je fus frappé de la constance avec laquelle se répétait, chez les individus qui commettent de sang-froid les grands crimes, un état psychique caractérisé par l’absence de toute réprobation morale contre le désir de commettre ces actes pendant
la préméditation, et par l’absence non moins absolue de remords après leur exécution *. Je fus alors induit à examiner si cette particularité appartenait seulement aux cas qui s’étaient offerts à mon attention , ou bien si elle était une règle invariable, ce qui aurait été contraire aux idées que l’enseignement et la tradition m’avaient données sur la conscience morale, réputée universellement ressentie, et sur le remords, considéré comme un châtiment inlligé aux criminels. J étudiai cette question toute neuve sur la plus vaste échelle possible, afin d’en avoir une solution exacte. Je m’adressai pour cela à la collection de la Gazette des Tribunaux remontant à 1825, et j’acquis promptement la certitude que la particularité psychique que je viens d'indiquer était une règle invariable chez ces criminels. Le crime commis de sang-froid, n’ayant lieu que dans une condition psychique constante, trouvait sa cause indispensable dans cette condition même. Or celle-ci étant l’absence du sens moral, du sentiment qui donne la conscience du bien et du mal, du sentiment qui inspire la réprobation contre les désirs criminels et le remords sur le crime commis, et cette absence étant une anomalie fort grave, je me demandai si cette anomalie ne compromettait pas la raison et le libre arbitre de ceux qui en étaient affectés. J’étudiai donc le rôle que pouvait jouer le sens moral dans la production de la raison et du libre arbitre, et je reconnus bientôt que la présence de ce sentiment supérieur
1 Cette proposition recevra son explication et ses preuves les plus complètes.
cnnslitUcTit la condition essentielle à l’existence et à l’exercice de la raison morale et de la liberté morale, et quecette liberté seule méritait le nom de libre arbitre. Je trouvai ainsi le principe constitutif essentiel de ces deux pouvoirs. De nouvelles recherches sur des faits de toute nature me convainquirent de plus en plus de la justesse de ces idées. Je pus alors préciser les conditions nécessaires à l’existence de la raison et du libre arbitre, définir ces pouvoirs d’après leur nature, et rectifier à leur égard plusieurs erreurs considérées comme des vérités. La raison et le libre arbitre
ne m’apparaissaient plus, ainsi qu’on me l’avait enseigné, comme des facultés premières, mais comme la conséquence de l’exercice de certaines facultés intellectuelles et morales. L’existence et la perfection de la raison et du libre arbitre dépendaient de l’existence et de la perfection de ces facultés intellectuelles et morales; dès-lors, la raison et le libre arbitre ne se présentaient plus comme des pouvoirs qui ne pouvaient exister que complets et permanents, mais comme des pouvoirs que l’esprit pouvait posséder relativement, partiellement et même temporairement. Enfin, les cas extrêmes par leur anomalie étant ceux dans lesquels les lois naturelles se laissent quelquefois le mieux apercevoir, je ne tardai pas à découvrir la loi qui préside à l’exercice simultané des facultés réfleetives et des facultés instinctives.
Portant également mon attention sur les personnes qui se trouvent sous l’influence des passions, je constatai ce qui suit : Les unes commettent des actes immoraux sans en être détournées avant par leur consience, et sans en
éprouver du remords après, c’est-à-dire étant aveuglées par leur passion. Puis , dès que cette passion s’apaise ou s’évanouit , ces personnes cessent d’être aveuglées, et ressentent contre leurs actes une réprobation morale qu’elles ne ressentaient point peu d’instants auparavant.
Les antres personnes, malgré la violence de leur passion, tie sont point aveuglées par elle ; ces personnes réprouvent les pensées et les désirs pervers qu’elle leur inspire, ce qui les empêche le plus sonventde succomber à la tentation, et, si elles y succombent, ce qui leur cause du remords, soit pendant, soit principalement après l’exécution de l’acte immoral. Je pus, en analysant l’état psychique des personnes qui se trouvent dans chacun de ces deux cas, découvrir pourquoi, tantôt les passions, même peu vives, aveuglent complètement l’homme au point de l’empêcher de comprendre l’absurdité ou l’immoralité de leurs inspirations, au point de lui ravir la raison et le libre arbitre ; et pourquoi, tantôt elles ne l’aveuglent pas et le laissent entièrement libre et raisonnable, maigre leur violence extrême. Ces résultats importants n’exigeaient, pour être découverts, qu’une observation attentive ; ils eussent été obtenus par quiconque se fût livré avec persévérance à l’étude de la psychologie anomale. Une citation de Reid , que nous donnerons plus tard, permet de supposer que si ce grand observateur eut étudié les criminels, ces vérités lui eussent été probablement révélées.
Pendant plusieurs années, je méditai ces questions , cherchant à m’éclairer par les faits, sans même avoir
l'intention de publier mes recherches. Enfin, plusieurs des solutions que je viens d'indiquer devenant pour moi indubitables , et formant un corps de doctrine dont toutes les parties se soudaient les unes aux autres, je résolus de les publier. Mais, en mettant la main à l’œuvre, je vis que, pour présenter un travail même original sur la psychologie et l’exposer convenablement, je devais acquérir sur cette matière des connaissances qui me manquaient. J’employai donc à m’initier aux travaux des philosophes tout mon temps disponible. Le fruit que je retirai de cette étude fut très-important ; le champ de mes idées ne tarda point à s’élargir ; des questions nouvelles se présentant, il fallait en trouver la solution avec les principes que j’avais aperçus, sous peine de les reconnaître insuffisants, ce qui m’arriva plus d’une fois et ce qui m’obligea de les compléter par de nouvelles recherches. Je dois le reconnaître, sans ce travail subséquent à mes premières études, mon livre serait resté dans des proportions exiguës , et c’est grâce aux connaissances puisées dans les ouvrages de philosophie que j’ai pu lui donner tout son développement nécessaire. Mais quand je pense à la divergence qui existe dans les opinions des philosophes sur toutes les questions qu’ils ont traitées, je me demande si , en entrant à peu près neuf dans la carrière . et exclusivement dirigé par l’observation et le raisonnement, je n’étais pas dans de meilleures conditions pour trouver la vérité, qu’en parcourant cette même carrière puissamment influencé dès le début par des idées dont un si grand nombre sont erronées. Partir de l’igno-
rance, sauf à la dissiper plus lard , n’équivaut-il pas à faire table rase du passé, et à prendre le doute sur ce qui a été fait antérieurement comme point de départ de ses recherches , ainsi que le voulait Descartes , pour arriver à la vérité?
Malgré les lacunes et les erreurs qui se trouvent dans les ouvrages publiés jusqu’à ce jour par les psychologistes, leurs travaux n’en ont pas moins droit à toute notre admiration , comme un produit des plus importants de la pensée humaine. La vérité scientifique, si difficile à apercevoir, est presque toujours extraite du terrain préparé par l’erreur, l’homme n’arrivant pas du premier jet à celte vérité et ne l’atteignant que peu à peu, en louvoyant, pour ainsi dire, à travers des conceptions de moins en moins fausses. Ces erreurs sont même, vis-à-vis de l’humanité, des vérités relatives lorsqu’elles renferment quelques germes du vrai, lorsqu’elles conduisent graduellement à la vérité absolue, à la connaissance des lois naturelles. Gardons-nous donc de dédaigner les premiers pas forcément incertains de la science ! L’invention de ses premiers éléments nécessite souvent plus de génie et de travail que la découverte de la vérité elle-même. Poser les questions et les problèmes dont la solution constituera la science, me parait être parfois plus difficile que les résoudre.
Cet ouvrage aurait pu recevoir pour titre : De la raison et du libre arbitre ; de la déraison et de l' esclavage moral : son but étant de déterminer les cas dans lesquels la raison et le libre arbitre ont présidé aux actes de l’homme,