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LES MÉTHODES

La recherche de la meilleure adaptation de l’homme à son travail, comme toute recherche digne de ce nom, demande un plan d'étude, une méthode. La question paraît simple mais elle a diverses solutions suivant les écoles qui s'affrontent. Nous nous proposons d'envisager deux grands groupes de méthodes visant d’ailleurs des buts différents.

Le premier groupe comprend la méthode scientifique et la méthode clinique.

a) Le méthode scientifique

La méthode scientifique s’appuie sur les résultats bruts que donnent les épreuves et les tests contrôlés avec toute la rigueur de la statistique. Un test bien appliqué ne peut donner qu’une réponse vraie et qu’une seule.

b) La méthode clinique

La méthode clinique accorde au contraire la primauté à l’aspect unique, spécifique de chaque cas humain, insistant sur le comportement à la tâche et sur le caractère.

Il ne paraît pas y avoir de moyen terme entre les deux. En fait, dans la pratique, la distinction se fait beaucoup moins suivant le cas étudié par le psychotechnicien. S’agitil d’une désignation d’un cadre d'entreprise, c’est la se-

conde méthode qui prévaudra. S'agit-il au contraire d’une désignation d’un conducteur de pont roulant, nombre de psychotechniciens emploieront la première.

La discussion du deuxième groupe de méthodes peut apparaître au prime abord d’un intérêt plutôt théorique. En fait, l'application de l’une ou de l’autre méthode peut être lourde de conséquences.

Nous nous sommes permis de faire de larges emprunts à BONNARDEL dans son livre Adaptation de l'homme à son travail. L'auteur distingue les tendances dogmatiques, les tendances essayistes et les tendances expérimentales structurales.

a) Tendance dogmatique

Le dogmatisme affirme les «aptitudes » demandées par les métiers et demandées à l’homme. Mais ces aptitudes (jugement, mémoire, dextérité, visualité, organisation, coordination des mouvements, etc, etc.) ne sont que des aspects séparés arbitrairement de la vie de l'esprit. Or rien n’est prouvé que ces aptitudes, ces aspects conditionnent la vie mentale de l’homme et, ce qui nous intéresse, son comportement professionnel. Nous opérons «comme si » la psychologie était entièrement résolue. Ce dogmatisme repose donc sur des incertitudes. On ne sait pas ce que l’on a à mesurer ni ce que l’on mesure et c’est là-dessus que reposent les tests.

b) Tendance essayiste

Si le dogmatique dit : « Voici ce qui doit se passer », l'essayiste dit : «Que va-t-il se passer ? on va voir ». L’essayiste n’a donc aucune prétention. Il sait qu’il doit débuter par des expériences de portée pratique facilement accesible et immédiate. Il sait qu’il n’élimine pas complètement l’écart entre la note globale de l'examen

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psychotechnique et la notation professionnelle. Plus il pourra s’en rapprocher, plus son examen sera valable. Les tests doivent donc sans cesse être essayés sur un grand nombre et sans cesse modifiés en rapport avec la réussite professionnelle.

C’est dans ces phrases que nous avons trouvé lexplication véritable de la continuelle expérimentation en psychotechnique. Avant de les lire nous y avions vu la preuve d’une science mal équilibrée, nous y voyons maintenant la preuve d’une science consciente du travail qu’elle s’est imposée et de la relativité des moyens dont elle dispose.

c) Tendance expérimentale structurale

Cest l’analyse factorielle imaginée par SPEARMANN. Ici on ne connaît que les tests dont on fait une analyse très poussée par recoupements entre eux et notations de leurs corrélations. On en dégage des facteurs qui sont communs à plusieurs tests. Si devant x tests le même facteur existe, par exemple la rapidité d’esprit, c’est que la rapidité doit rentrer dans la vie mentale. En même temps on aura décelé le test qui révélera le mieux la rapidité, qui sera «saturé » en facteur rapidité. PIERON, cité par FLACHOT, trouve que « l'analyse factorielle devra rendre à la pratique psychologique des services certains, mais ces services resteront limités ». Disons aussi que les calculs de corrélations qu’elle impose exigent des connaissances mathématiques au moins du niveau des classes de mathématiques supérieures. On ne peut guère mieux mettre la nature en équation.

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