CONTROLE DE LA PSYCHOTECHNIQUE
Pour valider cette nouvelle science, il faut qu’elle démontre son utilité et son efficience. Pour cela elle aura à
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répondre à de nombreuses questions. Ses réponses devront. se faire chiffres à l’appui, pour éviter les objections possibles.
Il y aura des questions qui resteront sans réponse. «Tel individu orienté vers le métier de maçon s’en montre satisfait. N’aurait-il pas été plus satisfait dans une autre profession ?» C’est également la question que peuvent se poser tous ceux qui n’ont pas été orientés. « Est-on absolument sûr que tel individu écarté du poste d’aiguilleur qu’il paraissait remplir dans de bonnes conditions devait obligatoirement occasionner un déraillement s’il avait été maintenu ? » On a sacrifié l’ouvrier sur l’autel de la sécurité et de la probabilité.
Ces deux questions, que d’aucuns voudront peut-être voir insolites, représentent le côté négatif. C’est le côté positif qui est intéressant pour l'industriel. « A-t-il raison de s’adresser à un service de Psychotechnique pour la sélection de son personnel ? Les résultats fournis par ce personnel concordent-ils avec les pronostics donnés ? » La réponse sera faite sur l’appréciation de la maîtrise.
Or BONNARDEL insiste sur la subjectivité de cette appréciation. La maîtrise est rarement formée à porter un jugement psychologique sur l’ouvrier.
—— Suivant les chefs, les opinions divergent parfois complètement. PIERON l’a bien mis en évidence dans la correction de copies de baccalauréats ou d’examens supérieurs, même dans les compositions de mathématiques ou de physique; |
— Le bon ou mauvais « démarrage » du début peut être déterminant de la notation professionnelle future;
— Les bons ouvriers peuvent avoir de mauvais outils et voir ainsi leur production baisser, ceci malgré leurs réclamations. Leur note professionnelle baissera d'autant;
— Le facteur «affectivité » peut jouer facilement entre ouvrier et cadre;
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—— Le contremaître peut aussi donner de bonnes notes afin qu’elles rejaillissent ensuite sur lui.
— Il peut arriver aussi le cas suivant qui se reproduit quelquefois et qui nous a été conté par le Service de Psychotechnique d’une Compagnie de tramways de la région.
Un wattman peut être brutal avec son matériel, aller très vite, «secouer ses voyageurs », et par là même être mal jugé par ses chefs. Ceux-ci remontent au service de sélection et constatent que l’examen psychotechnique était très bon et critère de valeur, ce wattman n’a jamais d’accidents. Explication peut-être simpliste : il est sûr de lui et de ses réactions et se permet la vitesse «à tout casser ». Au contraire, un Wattman timoré, arrivant en retard sur l'horaire a souvent un examen psychotechnique médiocre, et également des accidents.
Par ailleurs, dit BONNARDEL, le chronométrage est le meilleur élément dont on puisse disposer pour apprécier la validité des notations psychotechniques. Mais c’est un procédé aveugle. Tel ouvrier moyen, à un poste facile, peut être apprécié comme très bon, tel ouvrier bon, à un poste difficile ou ingrat, est mal noté, ceci dans bien des Cas.
Mais aussi le chronométrage n’est axé que sur le fac- ‘eur production et non sur le facteur bien-être ou hygiène mentale de louvrier, ainsi que sur l'intérêt mis à son travail.
En conclusion, les pourcentages rencontrés entre bonnes appréciations professionnelles et notations psychotechniques varient plus souvent entre 60 et 80 %, parfois jusqu’à
Juan KaPLaN, de Buenos-Ayres, au X° Congrès de Médecine du Travail de Lisbonne, affirme que sur 10.800 ouvriers non spécialisés, le pronostic fut bon dans 90 % des cas.
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Actuellement il est fait une expérience dans une importante usine de la région bordelaise, où à tout embauchage ou au retour du service militaire, chaque employé passe par un médecin qui leur fait subir test de Rorschach, test du Village et questionnaire de Berger. Puis il est donné aux ingénieurs, chefs de service, un imprimé où ils doivent marquer, après six mois, le profil caractériel de l’individu. Celui-ci coïncide avec le profil du psychotechnicien dans la proportion de 100 %. Seule restriction à ce chiffre, plusieurs profils ont des «trous» correspondant à des traits de caractère que la maîtrise n’a pu déceler pour plusieurs raisons.
En orientation professionnelle les résultats avoisinent tous, ou à peu près, 80 %. FLACHOT rapporte les chiffres donnés par l'O. P. de Namur : 74 % des enfants ont suivi les conseils. Parmi ceux-ci 90 % se montrent satisfaits. Le Directeur d’un collège technique a constaté que les enfants qui ne suivaient pas le conseil donné échouaïent souvent dans la profession choisie.
En prévention des accidents du travail, la S.N.C.F. écarterait 70 % des prédisposés (cité par BONNAIN).
En dernier lieu : « Un Service de Psychotechnique est-il rentable ? »
Si l’on peut facilement mettre du côté « Dépenses » les vacations du Psychotechnicien et l’achat de l’appareillage, du côté «Recettes» onne pourra jamais chiffrer complètement l’adaptation de l’homme à son métier, dans son intérêt et dans celui de l’entreprise.
La logique incite à -dire qu’il est rentable «à qui veut bien le voir » (FLACHOT).
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