‹ Psychotechnique et Médecine du TravailChapitre 36 sur 54 · RAPPORTS AVEC LE MONDE DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC LE MONDE DU TRAVAIL

Il est un problème également important à étudier, c’est celui d'essayer de connaître comment la Psychotechnique est accueillie dans les milieux professionnels. Elle l’est différemment suivant l'individu lui-même, suivant la hiérarchie qu’il occupe dans l’entreprise et aussi suivant les conclusions de l’examen qu’il aurait pu subir.

Nous avons reconnu qu’il y avait une réelle prévention à l’égard de la psychotechnique et qu’elle était acceptée avec scepticisme.

Nous ne parlerons pas de certains tests qui peuvent apparaître puérils et « faciles ». C’est l'affaire des psychotechniciens. La meilleure façon de ne pas les prendre pour des jeux d'enfants, c’est de les faire subir aux curieux. Ils s’apercevront rapidement de leur « difficulté ».

Nnous ne parlerons pas non plus de l’esprit de routine et d'inertie qui s’oppose systématiquement à toute chose nouvelle. C’est un fait, on n’y changera rien. On préfère attendre qu'un autre que soi fasse le premier l'expérience de la nouveauté.

Voyons plutôt comment employeurs, cadres et employés critiquent la psychotechnique.

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1° Les employeurs l’ignorent le plus souvent si ce n’est. dans les grandes entreprises. À part quelques «enthousiasmés », ils se montrent sceptiques et altendent avec impatience des résultats chiffrés. En les attendant ils considérent les conclusions du psychotechnicien comme un moyen supplémentaire mis à leur disposition pour apprécier les capacités de l’examiné. Les moyens traditionnels dont parle BONNARDEL restent en usage : recommandations, certificats antérieurs, diplômes, essai professionnel, situation sociale, appréciation de la maîtrise, etc. Signalons que les conclusions de l'examen médical ont souvent le même sort.

Pour les postes de sécurité et pour la prévention des Accidents du Travail, ils auraient tendance à se fier aux résultats psychotechniques pour l’embauche. En visite de contrôle ils examineraient le cas d’espèce si ces résultats sont mauvais, en fonction des notations professionnelles qui l’emportent souvent sur les premiers.

Par ailleurs les employeurs constatent aussi des échecs de la méthode dûs à des incompétences notoires. Ceci suffit à créer un climat assez trouble. Avant de faire sélectionner leurs employés, il eut été préférable qu'ils sélectionnent d’abord leur psychotechnicien d’une manière judicieuse;

2° La maîtrise, de son côté, voit dans le psychotechnicien «un empêcheur de tourner en rond». Elle le voit comme un facteur de perturbation dans les ateliers, comme une tierce personne qui s’immiscera entre elle et les ouvriers. Aura-t-elle la même autorité qui lui est dévolue ou, au contraire, ne verra-t-elle pas donner des ordres opposés aux siens ?

3° Le climat est des plus troubles chez les «psychotechniqués » ou chez ceux susceptibles de le devenir. Ici cadres et employés se donnent la main dans les revendi-

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préfère donc couvrir sa responsabilité par un neuropsychiatre (par exemple) plutôt que par le psychotechnicien.

Signalons, à la décharge des psychotechniciens, que nombre de médecins ignorent la psychotechnique, du moins ses possibilités, et que beaucoup n’y voient qu'une science mineure. Ê

Nous voyons donc que ce ne sont pas seulement des questions de frontières, mais des compartiments étanches, voire même des rivalités qu’il y a entre ces deux sciences.

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