PROPRIÉTÉS MATHÉMATIQUES DES SÉRIES PASSIONNÉES
Pour appliquer les démonstrations mathématiques aux dispositions de l'ordre combiné, il faudrait d'abord faire connaître pleinement les résultats de ce nouvel ordre. Jusque-là on ne peut que foire entrevoir Fanalogie des théorèmes en géométrie avec ceux du mouvement social. — Je m'arrête au premier de tous.
Dans toute secte groupée, l'influence des groupes extrêmes est égale à l'influence des groupes moyens.
Je vais ébaucher la démonstration. — J*ai dit qu'entre les divers groupes d'une série il s'établit une sorte de rivalités d'émulation, que chaque groupe se gonfle d'amour propre, se persuade que sa passion est la plus louable de la Série, et prétend que les passions des autres groupes sont d'un ordre inférieur. Ainsi , le groupe des hyacinthes critique le groupe des tulipes, le groupe des galantes critique le groupe des coquettes, et réciproquement. Une série est en critique perpétuelle dans toutes ses branches. Si ses divers groupes pouvaient concilier leurs goi\ts, s'ils cessaient de rabaisser Umt ce qui ne flatte pas et ne partage pus leur passion , la série perdrait ses ressorts et son mécanisme , qui est une balance des rivalités.
Le choc des prétentions de divers groupes tend à former des ligues entre les passions très-voisines ou très-éloignées. Chaque groupe, voyant qu'il ne peut pas être seul admiré, senl dominant, se rallie ï quelques autres. Par exemple» dans une exposition de fleurs, les groupes de tulipes et de renoncules ont intérêt à se liguer et se faire valoir l'un par l'autre, car tous deux brillent par l'éclat des couleurs sans parfum. Voilà des ligues de groupes rapprochés; passons à celles de groupes éloignés. Les groupes de fleurs à haute tige , comoM la grenade et le laurier-rose, sont en ligue naturelle, pour Jezpoaitioni arec les fleurs les plus imperceptibles, avec
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les violeltefl, les pensées, les petites margueritos et aotras (leurs à bordure. Celles-ci , pour bien se présenter, dolfont être placées dans de petits vases de porcelaine autour de k grande caisse d'un grenadier ou d'un laurier<roae.
D'autres motifs provoquent des ligues entre les groupes d'espèces rapprochées , et puis entre ceux dont les préten* tiens sont si éloignées, qu'il n*en peut résulter aucune jalousie. Ces petites coalitions d*amour propre seraient plus inté> rossantes a examiner dans des séries amoureuses ou scientifiques. On reconnaîtrait que la nature a préparé en tout sens la ligue des groupes extrêmes contre les groupes moyenst ligue qui est le pivot de l'harmonie entre les divers groupes d'une série, et qui les maintient, non pas en concordai maîa en balance, malgré leurs inconciliables prétentions.
On peut juger, d'après ces détails , qu'il faut avoir une connaissance profonde des résultats de l'ordre combiné mmt d'étudier si leur système est calculé en tout point sur la géo« métrie, ainsi que je l'ai annoncé.
Si le jeu des passions rangées en séries de groupes donna en tout sens des résultats géométriques, il s'ensuivra quo le jeu des passions rangées en incohérence , c est-A-diro la Civilisation , la Barbarie, les cinq sociétés à Camilles, don vent donner en tout sens des résultats anti-géométriquia. J'en citerai un exemple, soit l'analogie d'un effet de passion avec la réflexion parallèle des rayons partant du foyer de In parabole.
La parabole est courbe typique de consanguinité (pnlar" nité ou famille). Le foyer d'un groupe de parenté sa ooflupoae du père et de la mère. S'ils distribuaient leur héritage pnr égale portion aux enfants, sans avantage pour l'un ni prhm* tion pour l'autre, ils imiteraient l'effet de la parabole, qui distribue ses rayons de niveau sans convergence ni divoT' gence.
((Cette égale distribution d'hérédité devient tiMfi dans Tordre combiné. — Je dis nuage et non pas loi; car les père et mère seront absolument libres de disposer à leur gi^ ; mais il arrivera que les 7/8 d'entre eux adopteront la coutume de diviiier l'héritage par égales portions. Cet usage deviendra donc propriété générale du corps social , pvisqu'il sera adopté par les 7/d de ses membres. (Il faut se rappelor A cette occasion que rezception de 4/8 est inhérenlo h tout
L*HÈHTAOB FAMIUAL. 487
théorème du mouvement eocial. Cette exception est le seul procédé que la nature ait pu employer pour établir des tran- &tioD8 ou liens entre toutes les branches de son système.)
Dans l'ordre incohérent où nous vivons, toute passion ayant des propriétés opposées à celles de ((sa courbe typique)) l'ordre combiné, il doit arriver que les 7/8 des pères et mères libres adopteront l'inégalité de distribution des héritages, et que le 4/8 seolement des pères et mères léguera par égale poison aux divers enfants. On aurait tort de blAmer cette coutume des civilisés; car s'il existe dani9 Tordre combiné de poissanles raisons pour motiver Tégalité des successions, il existe parmi nous des raisons contraires qui motivent SNHBi fortement l'inégalité et la répartition graduée. De même , s'il existe parmi nous des raisons très* valables pour que le souverain conduise le peuple avec la verge de fer, et lui cache tonte vérité, il existera des raisons non moins fortes pour que le souverain, dans Tordre combiné, n'use d'aucune autorité, et se confie aveuglément aux Phalanges , qui nu pourront jamais avoir d'autre intérêt que le sien. C'est ce que j'expliquerai plus loin.))
On conçoit qu'avant d'appliquer des démonstrations matliématiqirâs à cet ordre combiné, où les passions produisent des résultato si opposés à la Civilisation , il faut auparavant lalre connaître l'ensemble du système social des Phalanges. Je n*en donne toi qu'un aperçu , et je ne traite qu'une brandie de Tordre domestique. Ce n'est donc ni dans ce mémoire, ■i dans le suivant , que je pourrai mettra les lecteura en état d'étudier l'application de la géométrie au mouvement aodal combîAé et la contre-analogie de la géométrie au mouvement sodai incdiérant, c'est-à-dira aux 5 périodes sociales ; Sauvagerie, Patriarchat, Barbarie, Civilisation et Oarantiea.
iPrViiéiéa MécaBl^ves «es séries ^MsleuBéee.
4* .^^ftsorpMoii de« rivaiiUs colUetivêi par fot amMéM
individuelles.
Exemple. Oronte et Cléante se trouvent collègues et assodéa dans le groupe qui cultive les tulipes. Deux heures qirès, tous deux passent à la culture des poires, et se trou-
428 PR0PB1ÉTÉ8 MECANIQUES DBS SilIES.
vent rivaux dans deux groupes qui cultivent des poires différentes et qui sont en lutte de supériorité. Dès-lors la rivalité d'Oronte et Gléante ne porte plus que sur leur industrie, car ils ont des liens d'amitié par leur identité de passion dans le groupe dos tulipes.
C'est ainsi que chacun voit une foule d*ami8 dans le groupe dont la passion lui est le plus insipide. En supposant qu*0ronte ait une antipathie pour les citrouilles ou courges, il verra parmi ceux qui les cultivent Daphuis , son collègue dans le groupe des hautbois; Actéon, son collègue, dans le groupe do la grande chasse ; Léandre, son collègue dans lin groupe de coquetterie ; Dorimon , son collègue dans un groupe de chimie. Bref, ce groupe, qui cultive les courges, si dédaignées d'Oronte , se trouve composé d'une vingtaine d'individus qui lui sont chors par leur identité en passion dans d'autres branches d'industrie et de plaisir.
De là vient que plus les goûts et les caprices sont nombreux , plus les amitiés individuelles interviennent pour tempérer les rivalités collectives et les réduire en germes d'émulation. En supposant que le groupe des melons tout entier ait pour les courges la même antipathie qu'Oronte , il arrivera que chaque sectaire des melons se trouvera collègue par d'autres groupes avec les cultivateurs de la courge, et le choc des rivalités ne portera que sur l'industrie, sans jamais s'étendre aux individus. C'est pour cela que l'individu qui a le plus de passions dominantes concourt le mieux à serrer les liens de Tamilié i^énérale entre les membres d'une Phalange. Diminuez le nombre des passions et des caprices, vous vern*z diminuer en même proportion les effets que j'ai cités ; vous verrez les rivalités dégénérer en aigreur et animosités, parce qu'elles ne seront plus tempérées par les amitiés individuelles. C'ost ce qui arriverait si Ton formait en Civilisation 3 ou 4 séries isolées individuelles. Rien ne serait plus facile que de rassembler dans Paris 5 à 600 amateurs de fleurs , les classer par groupes et les convoquer à diverses époques pour la culture d'un parterre. Ce serait une franC' maçonnerie fleuriste. On pourrait de môme former des sectes isolées sur la culture des fruits et sur d'autres branches d'industrie ; mais si les rivalités de ces groupes s'élevaient seulement à moitié de l'essor qu'elles prendront dans l'ordre combiné, on verrait la discorde éclater entre eux et la série
RIVALITÉS COLLECTIVES, AMITlKS INDIVIDUELLES. l!0
se dissoudre avant la fin de la première année ^ mal};ré le soin qu'on aurait apporté à la former selon les règles de graduation que j'ai indiquées.
En résumé , les sectes sont naturellement ennemies entre elles; mais dans Tordre combiné, les lions d*amitié qui existent entre leurs membres sont infiniment plus forts que les rivalités collectives des sectes. Les amitiés individuelles ont, dans Tordre combiné, sept fols plus d*influence que les rivalités collectives. Au contraire, dans Tordre civilisé, les rivalités ont sept fois plus de force que h*s amitiés individuelles. C*est pourquoi Ton voit dans une révolution des hommes qui ont été grands amis s'envoyer respectivement à Téchafaud quelques mois après Tépoque de leur plus vive amitié.
Plus on prolongerait les détails relatifs aux groupes , plus on reconnaîtrait que leur accord se fonde sur le grand nombre de passions ou fantaisies de ceux qui les composent. J'estime qu'il serait impossible do mettre d'accord une Phalange où chacun des membres n'aurait qu'une douzaine de goûts dominants et bien prononcés. 11 faut , terme moyen, 30 passions dominantes dans chaque individu, et il faut que ces passions varient de temps en temps. Aussi les civilisés actuels, qui sont très-dépourvus de passions, ne pourront-ils pas, dès la première année, se mettre en harmonie industrielle. 11 faudra auparavant leur créi^r des passions et soumettre la première phalange à une discipline et à un commandement.
Pendant une année, ce terme étant nécessaire pour développer des passions chez ces bétes brutes que nous nommons des paysans, nulle Phalange ne prendra son équilibre social qu'autant qu'elle sera parvenue à cn*er des passions bien distinctes et bien rivalisées à ces ridicules paysans dont il faudra composer les 7/8 do chaque Phalange, et qui ne seront pendant la première année que des mécaniques à deux pieds auxquelles il faudra créer une âme.
J'entre dans ces détails pour faire sentir combien il sera important d'exciter chez les enfants ce grand nombre de passions, de consacrer un capital à celte semaillo spirituelle, qui ne sera pas moins importante que celle du grain. Ce fut pour éveiller en nous tant de fantaisies que Dieu créa UDe si grande variété de produits des trois règnes, aûn de multiplier et différencier sans bornes les goûts de chaque
439 ATTBACnOlf COMPOSÉE AU TKAVAIL.
individu. 8i Dieu ne 8*était pas proposé ce but, à quoi mi% vail-ii qu'il créât tant de productions différentes et tan t d*arti pour les varier encore? Trouvcra-t-on hors dejordre oom* biné quelque moyen d'expliquer les vues suivies par Dieu dans la variété de ses créations et darts la variété de noa passions?
5fi .^Uraetion compoté$ au iravaiL
Indépendamment des vues d*intérét, un simple ouvrier peut réunir 3 à i jouissances clans un travail qui s'opère par séries passionnées. Exemple :
(Je continue à tirer les exemples de la culture des fleura et des fruits dont les séries ont été citées précédemment.)
Le pauvre Jacques désirait, lorsqu'il était artisan civilise, avoir un coin de jardin pour y cultiver quelques espaliers. Arrivé dans Tordre combiné , il prend aussi parti dans le groupe des poires bergamotes dont il avait cultivé quelque! arbres au village où il résidait pendant son enfance. JacqueB, enrôlé dans le groupe dus poires bcrgiimoles, a le plaisir de s'y trouver avec 30 amateurs, dont plusieurs sont des gens riches qui le protègent, parce qu'il partage et soutient chaudement leur préférence pour cette poire et leur prétention de supériorité sur les autres groupes des fondantes. Jacques prend part aux louanges que les fruits do scn groupe reçoivent dans les expositions. Quoique le plus pauvre, il assiste aux repas de corps de ce groupe. 11 y occupe un grade. Le groupe, en récompense de son zèle, l'a nommé conservateur ou directeur du matériel. 11 est du nombre des chefs qui ont rinitiative à la Bourse pour les époques d'assemblée. II est fort aimé de quelques enfants riches qui ont pris parti dans ce groupe : ces enfants demandent à Jacques des instructions que Mondor, président du groupe, ne se soucierait pas de leu> donner. Formés par les conseils de Jacques, ils parviennent au grade de bacheliers de la bergamote; leur réception vaut de la part des pères et mères quelques présents à Jacques, leur instituteur. Mille circonstances lui rendent cette culture si agréable, que, si elle ne rendait aucun bénéfice, Jacques persisterait à l'exercer et à soutenir l'honneur de son groupe , dont il est chéri. Cependant il oIh tient une forte part dans la répartition du produit , qui eit
LB FAUVM lACQUH. 484
oonkMrible, car Im itperbfli poires de ce groupe sont recherchéei et renomméei dans les Phalanges dee montagnee voiaiiiee qui ne peuvent pas briller en ce genre.
Jaoqaee recueille un grand bénéfice, une grande considérntkm et one infinité d'agréments pour s*étre livré à sa passion en enltivant cette poire dont le soin ne l'occupe qu'une 01 den heurea aux époques des assemblées, et ces assemblées, brillantes par les gens riches qui s'y trouvent, anJméee psnr les rivalités, sont une grande récitation pour Jaoqaaa, qui y est considéré comme un oracle , comme l'un des pivots de la madiine. Il regrette que les assemblées soient trop courtes et trop rares. Voilé donc le pauvre Jacques bisn ptfé pour s'être bien diverti. 11 retrouve le même avantage dans lea diveraea séries dont il est membre, et plus il se divertit, plus II s'enrichit, car tout travail , disposé par série, de> venant une fête pour ses membres riches ou pauvres, il arrive qu'en prenant part à beaucoup de travaux dans les cultures, Miriqnes, sdencee et arts, on prend part k autant de fêtes qu'il y a d'assemblées, d'où résulte cette conclusion, que pfnf on $e diveriit , plus on i*enrichU, Cette conséquence détendra beaucoup plus loin qu'on ne pense, et il sera prouvé que eeitti qui figurera le plus activement dans les repas , les maeura, les danses et Jubilations de l'ordre combiné , sera lliomiiie le plus précieux au corps social et le plus rétribué dna les bénéfices Industriels de la Phalange.
Lanasant à part la solution de ce problème, arrélons-nous un inalant à considérer l'avilissement do l'ouvrier civilisé. HoBê amm vu que Jacques s'enrichit dans son groupe de bergamotes et duis vingt autres groupes dont la société fait aaa déliées; car il les a passionnément adoptés. Aujourtflni Jacques n'a peut-être qu'une seule occupation à Inqvelle il paase tristement et isolément sa journée , et qui fait supplice; car les civilisés sont fréquemment ei^atnés le gsore de travail qui convient lo moins I ieurraraotère. C'est le père qui décide sans consulter le goût de son fila; de là vient que tant de civilisés pourvus d'aptitude et do bonnes intentions finissent par se ruiner après beaucoup do fatigue dans un genre de travail auquel leur caractère loa rendait impropres. Bientôt eu travail leur devient d'autant plus insupportable , qu'il n'est point varié ; car on n'a qêfm aool état en Civilisotion , et pour pou qu'on manque
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d*activité et d'astuce, ce travail devient insuffisant pour faire subsister une famille , ou bien l'on 8*en trouve tout à coup privé, et Ton tombe dans l'indigence par suite de quelque révolulion , ou seulement d'une nouvelle mode.
Mêmes disgrâces le poursuivent dans ses délassements. Que Jacques veuille se livrer au plus innocent de tous, cultiver un petit jardin , quelques arbres , il sera abandonné dans ce travail de sa femme et de ses enfants, Diea pe voulant pas que les enfants aient les mêmes goûts que les pères. (J'en indiquerai le motif.) Il manque d'argent pour se procurer les instruments et plantes qu'il désire; enèn , lor8qu*il aura péniblement cultivé quelques fruits dans l'espoir d'en retirer une misérable somme , on les lui volera la veille de la récolle. Ses voisins jaloux en témoigneront de la joie et Taccableront dans son malheur. « 11 convient bien , dirontils, à un misérable ouvrier de se donner un jardin comme ferait un bourgeois. Jacques ne daigne pas venir au cabaret avec nous ; c'est un monsieur qui a sa campagne et ne se mêle pas avec le peuple. Mais on lui a volé tous ses fruits. Ah ! que c'est bien fait 1 »
Les disgrâces qu'éprouve Jacques au sujet de ses fruits volés se reproduisent dans tous les plaisirs de la Civilisation. Les plaisirs préparent à tout civilisé des privations matérielles et spirituelles, notamment la perte de fortune et la perte de considération. La chance est bien différente dans Tordre combiné, où les plaisirs et le travail sont les germes des jouissances matérielles et spirituelles. C'est pour cela qu'on excitera chez les enfants l'amour des divertisements , car les divertissements se composeront de travaux productifs qui donnent un revenu à la Phalange, ou de travaux improductifs qui coopèrent indirectement au succès de l'industrie, et sont payés aussi bien que le labourage. Il sera prou^ que l'Opéra n^est pas moins utile que la charrue dans l'ordft combiné, et qu'une Phalange ne pourrait pas aller par attraction au labourage, si elle n'avait pas une salle d'opéra. Les sectes passionnées se soutiennent l'une par l'antre, et les séries qui cultivent le bled et la vigne ne pourraient pas se maintenir en accord et en attraction sans le secours des séries qui cultivent les beaux-arts, objets de première nécessité dans l'ordre combiné.
Je n'entreprendrai pas de faire connaître tous les motifs
LC PATRONAGE. 433
d*ëmnlation qui excitent au travail dans Tordre combiné. Ils contrastent si fort avec nos mœurs srossièros , qu'il me suffira d'en citer un pour faire apprécier le contraste. Je choisis le patronage.
Patronage. — Chaque groupe a dos patrons choisis parmi les hommes les plus célèbres (pii ont alTectionné les fonctions do ce groupe. Tout grand homme a dos j^oùts dominants. César et Alexandre aimaient nécessairement quohiuo plante, comme Louis XIV aimait roran(;er, ((u'il voulait voir sans cesse dans la galerie de Versailles. On choisira donc pour patron de chaque groupe (piol(|ue homme ou femme aussi renommés que César ou Newton.
Je suppose que V empereur Napoléon (a) se passionne pour une fleur quelconque, soit l'immortelle, et que dans la Phalange où il pdssera ses loisirs il demeure constamment agrégé au groupe de Timmortclle, on le choisira pour patron do cette fleur. Elle sera cultivée par toute la terre et à perpétuité sous son invocation. Son buste sera dans cha(|ue canton, au milieu du carreau d'immortelles et sur le drapeau du groupe qui les cultivera. Lorsqu'un enfant sera reçu bachelier dans dans ce groupe, le président, en lui remetlant le panache, lui dira : «Apprenez que le fameux empereur Napoléon, fondateur de l'ordre combiné, celui qui tira le genre humain du chaos civilisé et barbare, était comme nous amanc de Tlmmortelle. Nous sommes les héritiers de sa passion, son esprit revit en nous quand nous cultivons cette fleur sous ses auspices. D
Cette illusion de patronage et vingt autres, que je ne m'arrête point à décrire , exalleiU Pcnfant dans ses travaux et l'excitent par un sentiment religieux auquel se joignent les leviers des rivalités, des amitiés et tant d'autres germes d'enthousiasme que rintérét n'est plus pour lui qu'un mobile imperceptible , en comparaison des nobles sentiments qui enflamment le groupe dans ses travaux.
Nais dans l'ordre civilisé et barbare, quels ressorts faitesvous jouer pour conduire un enfant à l'industrie? Le fouet ,
(a) Ces mots sont rayés avec soin dana le manuscrit» et ausil un peo plos bas.