‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 45 sur 136 · T GRADUATION DE TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

T GRADUATION DE TEMPÉRATURE

Un autre avantage îiicalculnblo sera croblonir la gradualîoo de température. L'ordre civilisé et barbare laissant les trois quarts de la terre en friche et le reste en culture trèsimiMirfaite, ne peut pas remédier aux intempéries des saisons; elles prendront une marche r^ulièrt) dans Tordre combiné. L'adoucissement sera de |2 degrés pour les régions incultes, et au moins de 6 degrés pour celles dont la culture est ébauchée, comme France, Allemagne, Italie. Cette amélioration est d'autant plus urgente, que la température se dégrade insensiblement en Europe , et déjà il n'y a plus de printemps en France. Â peine en retrouve-t-on quelque lueur une année sur trois, et seulement pendant le troisième mois, où l'on passe subitement de l'hiver à lelé. Ce désordre va so réparer très-promptement , et dès le XIX* siècle les orangais croîtront en plein champ sur les bords de la Loire, comme la Touraine : c'est ce que je démontrerai plus loin dans les dialogues de l'an 2000.

Le bénéfice de la température ne portera que sur la froidure. Nul pays ne sera plus chaud qu'il n*est actuellement. Au contraire, les chaleurs seront tempérées plus régulièrement par des pluies moins fortes dans un pays comme l'Afrique , où elles sont [ ] par les sables qu'on fixera , humectera et cultivera.

Il est à remarquer que les civilisés, loin d*avoir su étendre les unités à la Civilisation , ne les ont pas môme étendues à un seul empira. Des provinces réunies depuis mille ans sous un même souverain conservent obstinément des patois divers, n'adoptent que par violence les réformes les plus salutaires, comme l'unité métrique (4), opération à laquelle toutes les

(1) Je ne prétends pas faire l'éloge du système mélrlqoa de la WnuBit, n est eontralre à la nature en coordonnant les calculs au nombre 10 et à set puissances. Le nombre naturel à la numératioo , é'est celai qui contient le plus de diviseurs communs dans li moindre somme d'unités. C'est donc le nombre 13. Aussi Dieu a-t-n fixé à ce nombre les passions radicales, les sons et tous les olijels sur lesquels il voulait établir les combinaisons les plus variées.

Par un basard bien surprenant, le pied de roi de Paris se trouve mesure naturelle ; en voici les raisons. La Sie partie de la hauteur à laquelle s'élève Tetn dans les pompes aspirantes, est une des di-

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nations auraient dû adhérer spontanément, puisque la France, qui faisait tous les frais de ce travail, sacrifia ses propres habitudes à un plan d'unité. Mais Torgueil civilisé est un orgueil insurmontable. Il ne faut point accuser de résistance les préventions populaires ; elle est l'effet d'un esprit haineux qui anime toutes les classes de civilisés et entretient les disparates de peuple à peuple , de village à village. Rien ne serait plus aisé que d'établir les unités de relatiens, même chez les barbares. A Gonstantinople, où le peuple est aussi brute qu'en aucun lieu de la terre, il parle connmunément cinq à six langues. 11 pourrait donc, en tous lieu)L, apprendre celle qui serait adoptée pour T Unité, si Tsiprit de contradiction qui domine chez les Civilisés et Barbares pouvait se prêter à une telle mesure. La création d'un iaogige universel, sera une des premières entreprises de Tordre combiné et un bambin qui ne parlerait pas la langue unitaire ne serait pas admis dans le deuxième chœur lorsqu'il s'y présenterait à Tâge de 4 ans.

4^ rérilé des relatioru.

Il n'est aucune chose sur laquelle on ait si mal raisonné que sur la vérilé. On n'a jamais recherché à quoi elle servirait si elle était mise en usage partiel ou général.

 l'employer partiellement, elle causerait la ruine de tous

visions de la mesure naturelle; or, ce 32*' étant rigoureusement égal au pied de roi de Paris, celui-ci est mesure naturelle par suite de celte conformité. Eu outre , les subdivisions du pied de Paris étaui adaptées au nombre i2, il arrive que le pied, le pouoe et la ligne de Paris seront reconnus puissances de la division naturelle adupiée par toute la icrre.

Les Taruires, qui comptent par 9 et ses puissances, se moquent des civilisés, qui cuuipteul par lu. L'une et l'autre numéralion sont également (iéfeclueuses. La réforme sera bien facile : il tufllra d'ajouter 2 chilfres aux 10 exiàUmls. La numération déoinude nous vient des sauvages, qui comptent par le nombre de leurs doigU, sans s'apercevoir que les pouces sont faits pour ((marquer les divisions et puissances de ]2;j èlie posés en divers sens sur les 12 phalanges des 2 mains, et y marquent le nombre dans l'ordre duodécimal, Jusqu'à l'inllui (^car les 2 pouces, en prcnaut seulement S positions marqueront jusqu'à la Impuissance de 12, environ 760 mUUards)).

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VÊJIITE DK8 RELATIONS. 137

ceux qui la pratiqueraient. Tant ({u il y a dos fri|)ond , ils profitent de la duperie do ceux ({ui a^^issent de bonne foi dans les affaires. C'est donc vouloir le mal dos honnêtes gens que de leur prêcher la pratique de hi vérité tant qu'on n a pas trouvé un moyen de réprimer tous les fripons. Dans une ville où la moitié des marchands, des gens de lui et des médecins s'accorderait simultanément à dire la vérité, cette moitié serait bientôt ruinée au iKînéfice do l'autre moitié, qui continuerait à pratiquer le mensonge.

i En pratique générale , la vérité causerait le renversement subit de la Civilisation. Voilà une solution à laquelle ne s'attendaient guère ceux qui cherchent la vérité depuis tant de siècles. Eh bien ! qu'ils fassent le calcul des résultats que donnerait la vérité si elle était universellement pratiquée dans les relations industrielles, si tous les financiers, tous les marchands, tous les gens de loi , enfin tous les citoyens, depuis le roi jusqu'au paysan , devenaient tout à coup véridiques en affaires industrielles (on peut excepter si Ton veut les relations amoureuses; on ne changera rien à la chance , en supposant que le mensonge se maintienne en affaires d'amour, tandis qu'il serait pleinement banni des rapports industriels), je dis que dans ce cas la Civilisation serait anéantie au bout d'un ou deux ans, et sa chute entraînerait celle des sociétés barbares et sauvages.

Je n'explique pas quelle révolution causerait cette introduction subite de la vérité; il faut bien laisser quelques problèmes à résoudre aux prétendus amis de cette vérité qui n'ont jamais déterminé à quoi elle pourrait servir en usage partiel ou général.

Entretemi» j'observe que Dieu nous avait donné une grande quantité de moyens pour sortir de la Civilisation, puisqu'on pouvait en sortir par le seul calcul dont il s'agit, par le calcul hypothétique de la vériti*. C'est un problème du genre algébrique, où l'on suppose la vérité possible, et où l'on opère sur Tordre social comme si l'on connaissait une méthode pour la faire dominer pleinement. Dès-lors on découvre l'ordre d'association graduée dans lequel elle domino par les immenses bienfaits qu'elle procure. Ainsi Ion arrive à la solution de l'inconnue ou détermination d'un ordre do relations véridiquofs, par cela seul qu'on a supposé la vérité possible.

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