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FOmCATIOIf
AXKtM 1852.
PARIS
LIBRAIRIE PHÀLANSTÉRIENNE,
^T QflAI TOLTAIIB, 88, BU FAGB »« FONT AOf A|.,
EXPLICATION Ï>BS SiGHES.
L« double parenlbèie [( )] indique des mot* ou des pw-
tagee rayéi dans le mBaiiscrlt.
Le crocbei [ ] indique ou un blimc dam le mimuïcrit,
ou une Inlercalation faite par les éditeurs.
Pige 2b. — On a omis de menlionucr que le cahier de l'^moup A mtpri$ (brine la pièce lis de la cou BupplémeniairB.
Page 314. A l'avaDt-dendére ligne : oa ordre Incohftm, H*tt «a ordie Incohétent.
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mifuflcnnni
AUX PABÎIS POLITIQUES.
(1821.-5* cahier , cote 9. )
J'écris pour les gens qui ne cherchent pas à s'amuser, mais à s'instruire sur rAssociation.
Sur un sujet aussi rebattu, aussi embrouillé que la politique civilisée, on ne doit entrer en scène qu'autant qu'on est assuré d'y entremettre de puissants moyens de conciliation.
Le. premier que je ferai valoir sera ma neutralité. Je n'ai jamais figuré ni dans les fonctions publiques, ni dans les intrigues de parti. Je suis bien fondé à dire : MM Galba CHko^ ViUlHus, nec betuficio me injuria cognili. Etayé de cette recommandation, je vais faire valoir aux divers partis les motifs qui les invitent à se rallier à la théorie de l'As* sociatîon.
Le plus pressant est l'aberralion générale en études poli** tiques. Personne ne doute qu'elle existe. On cherche des garanties et on n'a su en découvrir aucune branche. Ainsi , en intrigues ((philosophiques)) sociales, plus on accumule de
les dispositions : on n'en a proposé aucune , pas raêm des testaments amicaux, que la délicatesse devait si A des hommes qui auraient un penchant réel aux idé< raies.
Alors même qu'on aurait découvert ces garanties, il fallu beaucoup de temps pour les établir. Une seule d'extirpation de l'indigence exigeait au moins 50 ans ( paratifs, en supposant qu'on eut organisé les 4 corpo qui doivent effectuer ce service. Quelle comparaison telle entreprise avec celle de l'association qui, d'une à l'autre, et sur un petit terrain d'un quart de lieue < peut élever l'humanité entière aux destinées heureus l'harmonie universelle !
Les partis quelconques doivent donc remercier le 9or découverte qui les délivre à la fois de leurs propres e: des lenteurs qu'aurait entraînées un remède adapté ai tutnes civilisées, puisque l'effet désastreux des ten d'amélioration a 'démontré que ce n'est pas dans le civilisé qu'il faut chercher les voies du bien.
Si jamais le génie dût être honteux de lui-même, c'< jourd'hoi, où il est convaincu que le bien qu'il dés liberté, est préciséroeut celui dont il faut le priver en sation. Lee tentatives de liberté n'aboutissent qu*à or; un despotisme renforcé. En vit-on jamais de pire qu d'un empereur qui faisait conscrire les filles des riche
ILUSIONR MU uasaTî. 3
D'oùrient ce hoateux réaullatî De c« qu9 la Civiligatioa
est trop pauvre pour convenir avec la liberté. Uq peupla aSamé inclinera toujours â la licenc« et les agitateurs trouveraient sans ceeio en lui un ressort da coromolion tant qu^oD n'aviserait paii avant tout à l'élever au bien-être domestiquc.
Or, partout où les agitateurs ont des cbancei de succta, l'Autorité est réduite à leur opposer lo despotisme pour aa propre iilr<;lé. Louis XVI, Antoinette et £lisabet)i périrent faule d'avoir usé à tempe de celle précaution.
Dans CCS luttes politiques, la Civiti^lion se trouve punie par où elle a péctié. Les jongleurs abusent le corps social en le leurrant d'un espoir de lilierlé bien illusoire, puisqu'elle ne remédie en rien au vioe rudical, qœ est i'Indigenu. (M réaulte-t-il de leur jonglerie? Qu'ils en sont tes premiËrw viclime». Ils l'envoyeat respect ivemeat k l'écbafaud, conine on l'a TU an 479i, et leurs divers partis, après quetquN lluclualions anarcbiques, font bleuté place i un deapotiaiM pire que celui qu'ils ont renversera H ooofiant à oes empirislM, le oorpi social mérita t* fâcheux (UooMmeDt. Sa effet, ocmmaat p«ut-on se trompar sur l«i vuM de ces ) ]? Ils savent que le prenier [ } du peuple est rindigeoee; lais de songer i y porter r^ mède, ils ne s'occupent que de cabelee électorales et drvit da stilTrage qui ne garantissent point de travail au peupla. Ilî ne font donc rien pour la masse du peuple, puisqu'ils ne paurvoientpasisonbcapialeplus pressant, qui n'eetpasle suffrage élûtorel, isais la garantie de travail.
Si la politiqtis avait su opposer ces arguments aux déa^ gogues et les sommer d'aviser au besoin urgent du peuple, pout-6tra aurait- elle réussi il former un parti d'investigaleuw sur les ntoyena d'extirper l'indigence j mais l'Adaiiaistration, à parler «et, a été aussi maladroite que ses agreaieurt ont M istacEmz. Ella os «'est occupée qu'à lea attaquer 4» fiant, an lieu de lea prendre dans leurs iilels et de les signv 1er sons la rapport de leur impéritie. Elle devait inyeaier ptwr Je I I les mesures de Garantisme et do lib^
ralianie composé que les démocrates ne asvaienl invsalari ni ne voulaient obercber.
liSê nations n« manquaut pas d'une certaine doaa il« Imb seu. CoqunoBt «'eaMt^ileH pu fait usage pour nw&dw
4 L89 ANTI-DlilUaOGim.
MB agîtatours et leur dire : Si vous Mes vraiment nos amis, occupei-vous de notre besoin principal, celui de la lortune; JDvenlez les moyens de nous enrichir atilrement que par vos mouvements révolutionnaires, qui n'aboutts»ent qu'à faire égorger une partie du peuple et cribler do délies la portion restante.
Ainsi devait raisonner la classe des opposants à la démagogie. Elle n'en a rien fait; elle s'est bornée à latler de verbiages et de despotisme. N'avait elle donc, dans ses rangs aucun bomme de génie? Je tiens qu'elle en avait beaucoup, mais personne n'a su les diriger, leur tracer une iDBrche, leur soumettre les problèmes ï résoudre.
Les snti^démagogues se sont donc bornés A déchirer la proie, en tirer leur psrl. Chacun des deux partis ■ diAmé l'autre; aucun des deux n'a abordé le problème du bonhear social, qui consiste à procurer des garanties A ta masse du peuple, et la première de ces garanties est celle du «fmtffuM inséparable de l'attraction industrielle.
Il n'est pas surprenant que tous les champions politiques aient escobardé sur une discussion si effrayante au premier abord. Les civilisés, sans distinction de pnrlis, sont des coteries d'égoïstes. Les uns et les autres se sont évertués à trahir et spolier la masse qu'il leur eût été facile de servir pour peu qu'on eût abordé franchement le problème de garantie.
Après cet eiposé des fautes réciproques. Il no reste qu'ï tout oublier, puisque tout le mal est réparé et que les nations peuvent dès ce moment passer à la richesse , à l'unilé, au bonheur, en passant à l'Association
En leur en livrant la théorie, il importait de les convaincre qu'elles sont dupes de toutes les théories politiques. Tel t été le but de ces prolégomènes : ceux qui les auront lus att^tivement seront en état de passer à la théorie de l'Association.
Quel avantage pour tous les partis de se voir enfin délivra de leurs propres I (. Toutesces luttes enveniment la plaie, entre autres les dettes publiques. Tant que ce chancre politique va croissant, le parti dominant ne saurait se croire en sûreté. 11 dort sur un baril de poudre et cherche A se dissimuler cette fâcheuse vérité, parce qu'on m
U. UVUUATIOK EST PADYRE. S
connaît pas de remède au mal ; mais lorsqu'enGn ce remède aat trouvé, lorsqu'un a un moyen assuré d'éteindre ù Jour ûie toutes les Jettes fiâcaies , (giiello siérait la démence de ceux qui, peur leur propre intérêt, a'y donneraient pas la plus aérieuee attention I
La politique, en voulant amalgamer la Civilisation et la liberté, ignore que la liberté doit être fondée sur la richesse tomfotée, sur l'art d'enrichir à la fois le fisc et le contri' buablepar l'impôt qui aujourd'hui les met en discorde, La Civilisation est trop pauvre ; c'est le vice qui neutralise tous ses efforts d'amélioration et ses rêveries de liberté. La liberté n'est faite que pour la classe riche. Les philosophes l'ont si bien senti qu'en France, tout récemment, ils avaient limité l'éligibilité aux fortunes do cent mille francs, limite qui enleva au 9S/1U0 de la population ces libertés civiques, ces momeries de droits imprescriptibles, de représentation, pour lesquelles on s'égorge depuis trente ans. Aujourd'hui c'est pitié d'entendre les philosophes déclarer que le peuple est opprimé parce qu'on a restreint l'éligibilité aux champions de 300,000 fr. Hais quand on retendrait it ceux qui ne possèdent que 30,000 fr. et qui peuvent Être aussi hoa< nét«s gens que ceux de 300,000, quel en serait le bénéfice pour l'immense quantité du peuple qui languit dans le besoin? Plus on donne d'extension aux cabales électorales, plus on multiplie les agitateurs et les ferments de troubles. Ouvrez des chances de souveraineté à la classe bourgeoise, elle formera des coteries pour déposséder la classe noble, et bientôt les parvenus, cbanlant que le peuple est sauvé, s'iustallant dans lea hautes fonctions, seront, comme les nobles de Bâie, plus orgueilleux, plus avides que ceux qu'ils auront remplacés, tandis que le peuple, toujours réduit à la besice, n'aura gagné à ce changement de maîtres qu'un accroisse» ment d'impdts.
Il est temps de s'éveiller de ces illusions qui ne serrent qu'à élever une coterie de prétendants exclus. Il faut servir l'immense multitude et trouver un ordre qui fasse vraiment le bien des peuples et du souverain i la fois, en augmentant la richesse du cultivateur et donnant à la culture assez de relief et de charme pour y retenir cette foule de déserteurs qui vont quêter des places ou s'entremettre dans l'état mercantile pour spolier la classe productive.
6 rattTIQBS DE COSMlliMIOM.
A défaut il est nécessaire de créer une classe de privilégiés pnvflliisseurs qui , pniir In ropo» [général, sachent bien museier hi vxchis.
D'ailleurs, quel bien social espéivi' tant qu'on tégètedou un ordre de choses qui ne favorise que te vice et tl'ouvre ait Teilu qu'une carrière de di^races bien définie par le Piodare français qui déplore ainsi les maPieurs de la Tertn eo cirlli- Htion : Infortunés trétori, elc? EnrichlsMi te Corpt Social, si vous voulez qu'il prSte rorellieà la vertu.
Jusqaes à quand les philosophes tarderont-fla k raconnaltre que la liberté ne peut naître que dans un état do AOses qui mettrait le peuple à l'abri du besoin «I qof créemit l'attraction industrielle sans la()uelle il n'est aucun moyen de garantir un mfnimtHn au peuple? Sophistes qui parlez de vérité, avei-vous pesé la valeur des nota et des dioiesT Avez-vous calculé les effets de la Kberté chez un homme pauvre que le besoin force k la vénalité journalière? 81 vous aviez de bonne foi apprécié cet effet, vous auriez posé «principe que la liberté ne convient pas à des nations qui oontiennent des pauvres et demi-pauvres. le suis plus que vous ami delà liberté, et quiconque m'a connu ne m'a jamais entendu tenir un langage ennemi de la liberté; mais je ne saurais la voir dans des prétentions qui ne concilient point les vues du souverain avec celles du peuple , qni ne présentent pas au souverain un gage de sécurité, un accroissement de revenus, dans l'eiiension des mesures de liberté. Le contraire a lieu en Civilisation: plus on y [ ), plus on
sème de discordes entre les souverains cl les peuples, d'où il est évident que les mélhudcs philosophiques ne conduisent pasi la liberté.
Hais puisque tous les partis sont également coupables de n'avoir pas travaillé d découvrir l'isiuo de ci-tto désastreuse société, il n'y aura désormais do sa^jc quo celui qui avouera Hns détour le long égarement de la politique et la nécessité d'abjurer la Civilisation et les sciences philosophiques pour entrer dans les voies de la richesse et de ta vérité, dans la vols de l'Association.
(ttI8.-n-,cMelO.)
Vous ilitea que le peuple seru iieuruui quand il aura MrfeclioDné sa raison par le progrès do lumières; inaifl lis aura toujours faim quand même il saura d'où pfovient sa faim. Que font pour lui vois lumières dvilisées, vos idées libérales? Elles lui eoseigoent qu'il es! libre; eb ! de quoi faire? de mourir do faim; — qu'il a des droits impr^criplibles; eti 1 quels droits? pas taèam celui de domander du travail et du paio- Ce | \ so maintiendrait sous
tous les régimes civilisa. Meitez en place le parti vaincu , les libéraux. Lorsqu'ils seront inslalk^s dans les lidtola des ministères et des directions , vous verrez comme auparavant le peuple réduit à 10 sols d'appoinlement en travaillaat 16 heures dans les manuractures de glaces, et dans ce cas 1q triomphe des libéraux n' offrira au peuple d'autre arantage que cette liberté de la Pologne , où les seigeufs ' - ' à coups de fouet au nom de la libéra.
u vui LiBftuuun ,
le Ctnntiime lodal.
[i, ooteB.)
Le vrai libéralisme est l'art de donner à tous tant ravir à aucun «t d'enrichir lei peuples par l'opération qui enrichira les gouvernements. — Tels sont les résultats du Garantigme.
Le libéralisme ou Garantisme consiste dans l'association intégrale des masses de producteurs pour appuyer le travail incohérent de chacun des producteurs dont se compose la masse.
Le libéralisme est un mot tellement déBguré par l'esprit de parti qu'il faut d'abord l'isoler des acceptions que lui doime l'intrigue. A l'envisager dans son vrai sens, on doit le considérer comme bienveillance collective) philantropie unitaire et charité générale, étendue à toutes les classes, k toutes tes nations. Tout plan de restauration qui n'embrasse DM ctUa maiso est hors du vrai libéralisme.
QtTBU SONT LES bisits hb^a v&ns.
Si l'on veut travailler réellAmeot tu bien de la masse, il faut constater d'abord ses désira unaDÎmes. La multitude Teut l'essor des 13 passions et de le pivotale ; mais ne parlons que des 9, 6 sensltives et i affectives, pnisqne les 3 autres ne sont pas connues.
La division des passions connues en matérielles et spirituelles fournira deux articles, celui des garanties ^irituelles ou applicables aux i passions affectives , et celui des garanties matérielles applicables à l'essor des passions sensitives. ■— Chacune de ces garanties devra s'étayer du concours de la pivotale, oa garantie d'unité, concours d'uoitë et d'intention; l'unité est une boussole qu'on doit suivre sans cesse dans les garanties.
Les garanties sont comparables k un port qui aurait 48 entrées, chacune des 12 conduit au port; — ouànneforteresso de 13 bastions, si on peut s'enriparer de l'un des 13, on esi bien vile maître des onze autres. De même, si l'on peut atteindre i l'une des 12 garanties, on arrive par la mÀne voie ^ toulos les douze, puisqu'il en ost 3 dlâlributivcj qui uarssent des neuf autres.
Notre objet sera donc ici de fureter sur divers point comment on aurait pu arriver k quelqu'une des 1j garanties, n'importe laquelle. Par quelle (alalilé, quel vico de méthode s'est donc égaré le génie moderne, qui n'a su découvrir aucune des neuf garanties ? Il n'a pas ici l'excuse d'inadvertance comme dans l'aRaire des séries : au contraire, il no s'occupe que de contrepoids , balance, équilibre, etce penchant est dans l'ordre naturel. Il convient que la Civilisation, G* période lymbique, tende h la 6' avant de tendre â la 7' : de li vient que nos politiques sont tout préoccupés de garanties, voies de (f* période, et fort peu d'association, voie du 7' période.
0>r»iitiea mplrllaelle*.
1" En tUre d'ambition.
([Il est entendu que nous ne traitons ici que de la garantie utile en essor d'ambition : l'utile en ce genre est l'industrie et non pas les prétentions aux droits imprescriptibles des farouches républicains. Négligeant toutes les illusions, nous
■-:. iHia TAMi UAL snimi.- « 9
ne traiteroiiB la garantie d'ambition que sous le rapport de Futile ou de Tessor industriel.))
Les recherches sur ce point se sont bornées aux moyens d*asaurer les droits d'avancement aux fonctions administratives et les droits de suffrage électoral. Ce n'était pas là Tobjet pressant; la masse du peuple réclame, en affaire d'ambition, des garanties bien plus urgentes, celles qui touchent k l'intérêt pécuniaire. Le seul fruit qu'on ait tiré jusqu'à présent des garanties de prétentions aux emplois, c'a été d'apprendre par des expériences réitérées que la civilisation ne comporte pas cette admission générale des prétendants, et qu'il s'élève tdt ou tard une classe qui envahit les honneurs, les dignités. Sous Bonaparte, ce furent les républicains qui se firent titrer de comtes et de dues. Il est donc avéré par le fait que la Civilisation échoue sur cette sorte de garantie, la seule dont on se soit occupé en affaires d'ambitioo. Spécu* Ions sur d'autres plus utiles et plus faciles k établir et à conserver, celle des bénéfices industriels.
L'ordre civilisé est comparable à une table mal servie où les convives intriguent pour s'enlever les morceaux qu'on offrirait civilement à son voisin s'il y avait abondance. Tel est le vice radical de la Civilisation. En quelque sens qu'on l'organise, on y verrait toujours une caste s'emparer des emplois et des bénéfices, tant qu'on n'appliquera pas à ce vice le véritable remède qui est l'abondance, Tenrichissement du Corps social. S'il peut arriver aux Garanties , son produit s'élèvera déjà au double de celui de la Civilisation. Cet avantage réuni à celui d'une répartition mieux ordonnée suffirait déjà à changer toute la [ ] de la politique civilisée.
Un doublement de richesse réelle ne serait pas une garantie efficace contre l'indigence. II faudra y ajouter un régime d'obligation condilionneUe de la masse envers l'individu ; c'est ce que nous appelons asêurance, qui est la grande mode, la manie dominante du siècle.
Pour cette fois je suis heureux que la mode et le hasard me constituent en accord avec le goût français, avec le goût du jour, avec la loterie composée (4) qu'on nomme assurance.
(1) Je loi donne le nom de loterie composée ou unitaire , parce fD'eUe réunit les deux Intérêts» celui do ponte et du banquier. Un
10 ASBOLUMi oD xnwn t*W«Bit.
Aacua siècle n'a tradu plm TMUemMit qM le ttMn è l'iBvention des gsranlies industriollm. Oh M déooafre (pMtquea WMm rameaux : Im assurancei, les hypothèques, les nornses ch retraite , sont des indices de lendaBce h un BfMèHM e*mpl«l dos garanties d'ambllfon, et cette impalBion très gÂniraie sofflt k con»Mter qne la Civilisation cherche A g'fahapper h ell»-m4me, car si elle partieni ft nne ganntfe ioiÀ' gnlst DM seule des 1S, elle«ntre en siiième période.
L'assuraore, entre auti^s , est le [ | qui dAnoie la
tendance générale au Oarantisine. Les compagnies d'attorances se multiplient en tons genres, mime pour assurer les efaevaux et les bceurs, et an besoin les chiens et les etiaïs. C'est opérer en régime garantiste qui est une association d'une masse pour )e soutien d'iniéràta individuels q>tfciaoi, «ttériears ou étrangers A elie, c'est i dire une denii-aBso< dation. Pour s'élever au plein, il faudrait que l'assuré fut en participation générale d'intérêt avec l'assureur.
piDpriétalra agit sageraMil en sacriQant une petite portion du te- Ttnu ou du capiUi pour assurer le tout, et une admiaisuallon agit ■agemenl en créant des compagnie! qui spéculent 9ur les tiibuti collecllfe pour assurer l'indemnilé Individuelle. VoilA ce qu'on appelle procddé unitaire, composa, qui compromet et concilie tes lu térét; dp la masse avec ceux de l'individu. li^n prévenant ainsi let Mmmoiionfl domestlquei, on Ta.\l cojncldcr les Intérêts dn gonvcr- Mment avec ceux de l'Individu. L'aismanre e«t donc une loterie «ompoeée, barmonlque, unitaire. Les autres loteries telles que la aatlonBle ou royale , n'Importe le nom , sont des loieriee simplei où la masse dea pontes est dupe de l'individu, banquier ou gouvernement. 11 ne le uie pas. Il se justiQc par lii uéLeMllé de subvenir au service. Ce n'est pas lui qu'il bul Llâmcr ) mais la politique moderne qui , toute eNcroûtÂ: de simplisme, ne sait Inventer qne Aa, procéda d'ordre simple , des duplicités d'action', rommc «ette loterie et tant d'autres opérations où rinlérét de TAdmlnlstratlon eal sans cesse en conflit avec celui des administrés. L'unité , mleboutsolB du Men loeinl, exige toujours la comeldence des dmi parties intervenantes. C'nt ce qu'on n'a Jamais pu faire eiH tendre A la politique citllisée, qui ne sali qu'ori^niaer des intrigues potriotiquee tendant à brouiller les cbeFs avec les sujets. SI la phlkiMpliie moderne avait quelque notion d'unilé, elle aurait rougi d'elle-même en voyant naître de tons ses systèmes ce bonleux rénillat, Mie depllclté d'action ^ C«tte déflance reipecttve des admlflUiittnn « M adiBliiutréi.
Pour aller i>ar degré, ce serait d^'à un grand pas que d*étêbUr cette demnissociation dans tout le système industriel. Si l^Éoonomisme était méthodique dans sa marche et docile aux leçons de Texpérience, il se serait posé le problème d'extension des assurances^ art de les élever au mode intégral et applicable à toute propriété, à toute industrie, à toute rcter tien industrielle.
On assure un vaisseau contre les risques des forbans; pourquoi n' assurerait-on pas de même Tagnculture en masee contre les corsaires qui la spolient ?
J*ai déjà taii remarquer que la Civilisation, par intérêt et non par génie, a su découvrir et établir une de ces garanr ties contre les faussetés du commerce industriel, celle de la monnaie. Elle reconnaît donc ce principe, que toute fausseté tolérée cause spoliation de la masse industrieuse, et puisqu'on a obvié à ce vice dans les relations monétaires, pou^ quoi ne pas aviser à l'extirper dans toute la masse des relations industrielles? Cette réforme serait le premier pas en garantie d'ambition. L'initiative est prise du système monétaire ; il fallait étendre et généraliser l'opération, l'appliquer À tout le régime commercial qui n est qu'une collusion de corsaires dépouillant Tagriculluro.
Je lis dans un discours prononcé au corps législatif, %i novembre 4824, qu'une seule maison de Londres a gagné en telle occasion trois millions sur telle branche d'agiotage aup tour de laquelle sont groupés tous les juifs d'Europe, sur Iss reports de la rente. N'est-ce pas l'agriculture qui paie tous les bénéfices de ces corsaires? N'était-ce pas à elle à provoquer la découverte d'un ordre commercial différent qui mit un terme aux pirateries de ces écumeurs, tolérés forcément tant qu'on ne saura pas inventer un mécanisme commercial qui soit à l'abri de leurs intrigues ?
La première garantie en titre d'Ambition n'est-elle pas d'assurer à l'industrie productrice la jouissance pleine et entière de son produit? Tel devrait être le but des iOO sociétés agricoles fondées en 4849. L'agriculture, indépendam* ment des plaies matérielles et climatériques comme le dégAt des forêts, est ufiligée d'une plaie politique non moins funeste, celle de l'agiotage qui lui enlève à la fois produits et capitaux^ Il faut qu'elle couvre de $QSt deiûer» ipuaiaa béaép
42 Li coanon comaiiAt «UVMtamftimE.
floes des i^oteun qui pour donUer te mal (wton la loi du malheur bicomposé) riislraient tout le Doraératre, le concen- Irent daus les arènes d'agiotage où il afflae k bas prix , tandis que le cultivateur n'en oblîent qu'à un taux uaarmre. C'est contre cette plaie composée qu'on devrait provoquer les recherches d'une garantie.
Le parti qu'on appelle libéral déclame contre une augmentation d'impôts s'élevant à quelques millions; it ne dit mot sur les exactions des sangsues de la Bourse qui souvent en un seul mois enlèveront trente millions à l'agriculture. C'est elle qui paie ultérieurement leurs béuéBces. Lorsqu'on augmente I'imp6t, celui qui le paie peut se consoler en pensant que ce versement est employé ï solder des foDotionnaires «vils et militaires, mais tous les tributs prélevés par l'agiotage et le commerce, loin de solder aucun agent nèceasaire, ne servent qu'à élever indéfiniment le nombre des vampires mercantiles nommés marchands.
Abrégeons sur ces préludes. Qu'avait à faire le monde agricole dans celte conjoncture ? C'était de s'emparer du commerce, envahir ses bénéfices, l'anéantir par une opération que lui-même appelle icraiemenl. Les marchands ne s'occupent qu'à s'écraser respectivement (te! est l'effet et le but avoué de la concurrence) ; il fallait que l'Agriculture, usant de la liberté du commerce, les écrasèt à son tour par une opération que je nommerai comploir communal actionnaire, ou maison de commerce et de manutention, exerçant par entrepôt sur avances de fond;. Elle serait fondée dans chaque subdivision de 1,500 à 2,000 habilanls.
I! fallait donc, en Franco, fonder environ tî à 45,000 comptoirs communaux. Comment devaient-ils être organisés, quel devait être leur plan d'opération t C'est de quoi je ne traiterai pas dans cet article, ou je ne veux qu'indiquer l'opération; je me borne à énoncer que ces comptoirs une lois établis auraient pour propriétés <" de jHiyeràjour fixe ks impôts de la commune entière et sans frais, méthode doublement agréable au gouvernement ; 2° d'avancer des fonds au cours le plus bas !i tout agriculteur dont le domaine présenterait suffisante garantie ; > de rétribuer à la Commune un ample bénéfice, produit du commerce communal.
On se plaint partout d'un système de concentration qui empiète de plue eu plus sur les campagnes et les provinces au
CmmïïÊiJÊ MX AGABtaiBS DS PROVINOE. 43
bënéilce d'one capitale. C'est une tendance de la Civilisation à sa 4* phase, où elle doit tout concentrer par féodalité mercantile. D'où Tient le progrès de cet abus? De ce que les gooTemements, engagés dans les emprunts, les anticipations, les négociations, sont obligés de s'allier avec quelque auiillaire. Si ragricoltore ne s'empare pas de ce r^le, c'est l'agiotage qui intervient et entre en partage avec le gouven^^ ment. Dans ce eas il y a ligue entre eux pour pressurer la classe productive. Dans le cas contraire, il y aurait ligue entre le producteur et l'Administration pour contenir les fourbes commerciaux et les réduire au strict nécessaire, au dixième numériquement et à zéro quant aux capitaux dont les Comptoirs communaux n'auraient aucun besoin après leur installatioR.
Cette garantie était la première qu'auraient dû tenter les 400 sociélës agricole» récemment fondées. Leurs sociétaires, au nombre de vingt mille et plus, n'étaient-ils pas en nombre suflfeant pour enfanter quelque idée neuve et entrer en lico avec les partisans de l'agiotage ?
Au lieu de s'attacher à ce rôle ils se sont traînés sur les pas des grandes académies de capitale. Ils ont, dans de vastes plans, embrassé toutes les sciences, et n'ont pas considéré que les grandes académies, placées dans les capitales, sont entraînées k flatter les vices dominants du système social, et que les petites, qui ne sont ni rentées ni en passe de tirer parti des abus, doivent, sans s'arrêter à de vaines satires, chercher des moyens de remède et s'en imposer la loi. Il fallait qu'elles s'emparassent du rôle négligé, qu'elles prissent pour thème : « Les capitales ont brillé dans le bel esprit, attachons-nous au bon esprit; leurs orateurs ont su bien dire, occupons-nous à bien faire et sortons des sentiers battus qui n'ont conduit qu'à écraser l'agriculture au béné* fice de l'agiotage. »
Si les sciences philosophiques n'avaient pas imbu tous les esprits de faux principes, les académies nouvelles auraient aisément reconnu que tout ce brigandage commercial était une duplicité d'action, un ordre subversif, où les corsaires industriels trouvent moyen de se rendre nécessaires au gouvernement, et obtiennent sa protection contre l'industrie productive.
La acioDce doit tendre au but opposé, tendre à liguer le
gouvernement avec l*agriculture contre lee ooraairet iodiiBtriels. Ce sera servir les intentions secrètes du gouverne^ ment qui méprit les agioteurs. Un ministre est en botte à la critique parce qu'il a un traitement de cent mille francsi dont il consomme plus de moitié en frais de repréaeslatioa obligée. Il semble à entendre les partis d'opposition que le traitement de ce ministre surcharge Tagriculture, et les amis éclairée de l'agriculture et de l'utile industrie se laisseai entraîner à un prétendu libéralisme qui consiste à chicaner les ministres et protéger les agioteurs» dont on seul, pour prix de ses fonctions éversives, perçoit sur Tagriculture en un mois dix fois plus que n'obtient en dix ans un ministère entier.
Chacune des iOO Académies devait s'apercevoir que les savants des capitales, à titre de co-partageants et dupes des pirateries du Commerce, fermaient les yeux sur ses brigandages.
En quel sens les savants sont-ils co-partageants de l'agiotage? Ce n'est pas par la médiocre somme de 400,000 francs qu'ils reçoivent au budget ; ce n'est pas non plus par de médiocres pensions qui assurément ne leur fournissent pas de quoi vivre splendidement; mais ils deviennent copartagéants par leur duperie môme, par Téblouisseraent dont les frappe l'honneur d'admission dans les salons de ces agioteurs que la science devrait démasquer : loin de là, les pauvres savants, parleur humilité, ont habitué l'agiotage à les considérer comme des pique-assiettes, et tandis que les savants ( ] à déclamer contre le ministère, un agioteur, as-
sisté de son cuisinier, s'élève au rang de ministre directeur des savants.
Lequel, dans cet état de choses, est le plus avili, ou de la masse agricole, ou des savants? Je ne sais, et pour esquiver les détails offensants, j'estime que les doux classes peuvent se donner la main.
L'invention do garantie agricole ou Comptoir communal n%vait rien de difficile. C'est une maison de commerce mixte, cumulant négoce et manutention économique dos objets consignés. En conséquence elle exige des éditices. L'idée aurait dû nattre dans toutes les communes qui, ayant des monastères sans emploi, pouvaient les affecter aux caves, greniers •I salles du Comptoir coaununal.
MÈHtmStê VÊê txm^totÈê comin un aux . 4 B
On â vu au début que les procédés de garantie ne mèri- )ot ce nom qu'autant qu*ils arrivent à l'unité d^action , ou Dncours d'intérêts et d'intentions des deux parties, Admifâlrtttion et Peuple. Vérifions si ce concours existerait técliinènt dans la fondation des comptoirs communaux. Je ne dis ici qu'annoncer ce que je prouverai en détail dans d'au- *tid Volumes. Exposons donc les propriétés principales des Otnptoirs communaux, dont personne n*a su effleurer la Idle Invention.
Bénéfice composé des administrés.
4* Garantie de lésion dans la vente des produits, et nounment contre la vente forcée par besoin d'avances, puis outre les ruses de Tacheleur commercial qui profite des beoins d'argent ou de la connaissance des manœuvres d*agior âge prémédité pour enlever au producteur sa denrée avant époque où il aurait pu en tirer un parti raisonnable.
V Garantie de lésion dans l'achat des objets de consomlation journalière et d'approvisionnement extérieur, objet ur lequel le cultivateur est tellement dupe, qu'il ne peut as même songer aux entreprises que lui faciliterait le omptoir communal dont il serait coassocié par action et ^opérateur.
Bénilicê tomposé de l* ÀdminislreUion.
4* Impôt abonné à jour fixe avec les comptoirs commuaox, dispense des frais de perception ({ui s'élôvent en ranee à 440 millions, dispense de harceler le petit contri* uable pouf qui le Comptoir ferait l'avance d^impôt dans )us les cas où il y aurait possibilité avérée de percevoir ledit npAti
i* Doublement relatif du produit de l'impôt réel par dégrèement de moitié. Si la France, produisant 5 milliards, paie njourd'hui le 4|4 en impôts, y compris roctroi et les accesoires divers, elle ne paierait plus que 4/8 Hu lieu de 4/4, ans le cas où son impôt maintenu sur pied actuel de 4,fOO aillions (accessoires compris) serait supporté par un produit [« 10 tiillliàrâa d affecté de etiârges toflitifllMdi idbilMim
A6 GARANTIES VA«n»14XP«« i .
qui laisseraient chaquo année au moins 600 millions à la disposilion du fisc pour emploi d^uliliké générale.
Dans le cas où ces i conditions seraient remplies (c*est le tlième qu'il faudra expliquer dans la théorie du Comptoir communal actionnaire), on arriverait en matière de finances à une garantie d* unité bi-composée, savoir: double avantage pour le fisc et double avantage pour le peuple. Je pourrais, en disséquant plus en détail l'opération, y découvrir non pas 4, mais au moins 8 avantages respectifs, y compris Tagrément d'intrigue et distraction des intrigues politiques ; il suffît de faire entrevoir le résultat bi-composé qui est gage de bonheur en relations collectives ou individuelles.
La garantie d'Ambition étant la plus importante , ;'ai dû lui donner le premier rang; je passe à celle d* Amitié ou Testament libéral qui devait, comme le Comptoir communal , être mis en scène par les nouvelles académies.
r En titre d'amitié, [Voir le grand traité : ExtroducHon^ citer,]
3" En litre de familisme.
En voulant donner au groupe de famille une prééminence absolue sur les trois autres, on n'est parvenu qu'à le rendre leur dupe, car on protège le célibataire qui est un être voué aux cabales ambitieuses, aux bombances amicales, aux amours illicites.
Il eût fallu protéger le groupe de famille par des mesures efficaces, dont la première était Timpôt du célibat processif ^ impôt qui devait atteindre par degrés le revenu des célibataires. [Tableau à Tinterlo^ue du grand traité; thèse des garanties mineures.)
On parle sans cesse de protéger le mariage qui est, dit-on, le lien fondamental de la société. Je n'examine point jusqu'à quel point cette opinion peut être fondée, je l'admets telle qu'on l'établit, et j'en conclus qu'on doit protéger le mariage aux dépens du célibat, et prélever sur les célibataires masculins une indemnité pour les filles non épousées.
Il est bizarre qu'une législation, qui se dit protearice du mariage, donne pleine latitude à des sybarites qui se dispen*
* BfMT mm X1M ciuiATAnig. 47
sent ée toates les charges de Tétat de famille. C'est une îdoonséqnence digne de la Civilisation : vanter l'état conjugal et protéger le célibat ! Voilà bien la sagesse des civilisés.
Avisons au remède; personne n*y a songé. 11 se trouve dans le tableau d'imposition et d'hoirie légale que je viens de tracer. Comment de pareilles mesures sontrelles encore ignorées dans un siècle si fécond en extorsions fiscales. 11 sait inventer tout ce qui est vexatoire et ne saura imaginer rien de ce qui peut être utile. Discutons sur remploi de cet impôt qui ne serait qu'une calamité de plus s'il était alloué au fisc. [Voir au grand traité, passage sus-indiqué, un autre emploi que celui ci^après énoncé.]
i® En tUre d*am<nir.
Cette passion est une des quatre cardinales dont le con-« cert est nécessaire pour arriver à une extirpation de l'indigence. Dissertons donc sur les garanties à établir en relations d'amour, et d'abord sur une de ces garanties à fonder sur l'impôt du célibat masculin.
Il devra être employé à fonder une caisse d'indemnité virginale en faveur des filles non mariées et victimes du célibat des libertins ou des spéculateurs tardifs à épouser.
«Ah! ah! une caisse d'indemni lé virginale, diront les plaisants, mais comment reconnaître les véritables vierges? Gomment les discerner de ces soi-disant vierges qui font de furieuses brèches à la virginité ? »
C'est mal poser la question. Les plaisants ne savent qu'embrouiller tout sujet qu'ils traitent ; avec leur bel es~ prit et leurs équivoques, il faussent l'opinion et donnent pour insolubles des problèmes que le moindre des hommes peut éclaircir s'il veut éloigner le bel esprit et les équivoques.
Tout est manqué en garanties sociales si on ne parvient pas à établir le quadrille des garanties sociales en Amitié, Ambition, Famillisme, Amour; on ne doit donc pas négliger celles d'Amour parce qu'elles présentent un côté plaisant ; c'est comme si on voulait briser une des roues du char, parce qu'elle serait peinte en couleur bizarre. Le char, privé d'une de ses roues, ne pourrait plus cheminer.
Il en est de même en équilibre passionnel, et notamment sur le problème de l'eitîrpatioB de rindigeiioe, honte des
48 lUBKIINirÉ DU^afeUMV^iÉMllIlf.
iociélés civiliaôes. Si elles veulent ^[técaler sur les mofeDi de M laver de cette honte sans recourir à Tiaveatioii des séries, 7« période, il faut au moins qu'elles {atteignent à i'iavention des garanties, 6" période ; or les garanties dohreDt être complètes et quaternaires en passions afièoUves*
Spéculons donc sur la garantie primordiale en ralatîoDs d'amour. C'est l'indemnité du oélibat féminin. Elle doit être formée par le tribut des célibataires masculins.
Quant à l'application distributive, elle doit être soimûse à 3 échelles progressives : celle des âges, — celle des fortunes, -*- celle de la virginité.
On distinguerait des échelons de virginité oomoia des échelons d'âge et de fortune. Les femmes non mariées sauraient assez connaître et signaler celles qui auraient fait plus ou moins de faux pas dans la carrière de virginité. L'informa* tion serait bien exacte quand elle serait confiée à la police féminine.
Le Corps social doit indemnité à toute classe qu'il opprime ou spolie par convenance générale. Il n'en est pas de plus évidemment opprimée que la classe des filles nubiles, à qui la loi interdit Famour jusqu'à l'époque d'un mariage trèsincertain et nullement garanti. Qu'importe que les filles s'en dédommagent en secret? elles n'en sont pas moins frustrées selon la loi et censées obéissantes à la loi do virginité, tandis que la coutume, plus forte que la loi, autorise l'homme non marié à user librement des plaisirs. Cette même coutume, cette opinion doublement injuste, raille la fille qui a perdu sa jeunesse daus [ ] en attendant qu'un
épouseurvint la marchander. On doit donc une indemnité à la fille non épousée; elle doit s'établir en raison comparée des longueurs du délai et du degré de continence. Cette indemnité doit naturellement être supportée par les céliba taires qui n'ont point déféré au vœu de la loi et se sont af* franchis des charges qu'impose une famille.
Ainsi les deux garanties mineures que je viens de citer sont liées l'une à l'autre. En les négligeant, lo Français, qui se dit galant, prouve qu'il est aussi jongleur en courtoisie qu'en libéralisme; car un politique vraiment courtois pour le sexe n'aurait pas manqué d'inventer ces deux garanties, de même qu'un politique vraiment libéral aurait avisé à l'in- Iroduction des deux majeures placées au début de l'article.
Après tant de négligences (d'oubli, si Ton veut] en fait de garanties, fautril s'étonner qu'on ait échoué sur la principale, sur l'art d^extirper et prévenir Tindigence. Il fallait y opposer d'abord des appuis .de corporations des i titres, puis la garantie contrôle commerce, dont Je traiterai à l'article «(l^r. Les philosophes n'ont imaginé pour secourir l'indigent qèe la famille qid renie ses pauvres et repousse les branches nécessiteuses.
La faqaille ne doit intervenir pour l'indigent que de concert atec les 3 autres groupes. Leurs corporations n'étant pas formées en Civilisation, l'indigent y retombe à la charge de la famille qui le repousse et qui n'a pas même de subvention réglée à cet égard. Je ne m'arrête pas à en déterminer le mode progressif, les bornes de cet article permettant à peine d'exposer une seule des garanties sur chacun des i titres affectifs.
Il est beaucoup d'autres garanties à établir sur les i passions cardinales* Je me suis borné à citer une garantie sur chacune pour habituer le lecteur à procéder intégralement et ne pas prétendre à faire marcher le char sur une seule roue.
Pour arriver à l'extirpation de l'indigence, premier problème que se pose la politique civilisée, il eut fallu spéculer Sur l'ensemble des garanties dont on raisonne sans cesse et dont on n'a aucune connaissance. J'en ait décrit ici i senlement; il serait aisé de décupler la dose et d'en décrire 40. J'en ai dit assez pour prouver qu'on n'a jamais su disserter régulièrement sur les garanties affectives. Nous allons examiner si on a mieux envisagé les sensitives, et quand il sera prouvé que la politique civilisée n'a aucune connaissance exacte sur les unes ni sur les autres, on ne s'étonnera plus qu'avec ses verbiages de garanties, contrepoids, etc., elle ne soit parvenue à aucun résultat satisfaisant sur les garanties, objet de ses recherches. — Examinons si elle est plus experte en garanties matérielles, ou plutôt si son ignorance n'est pas d'égale force en spirituel et matériel. [Voir le grand traité.]
30 LES OtVX BUTS DK L\ TRÉOMX fllKIETAIU.
[I8Î8.— SLcoteio.)
La théorie sociétaire se propose deux tiato qui soot :
L'attraction industrielle,
L'asBociatiOD la plus étendue et la plus écoaomtqoe n tous travaux.
Ces deux di^>ositions sont inséparables,
4* L'Attraction industrielle est l'art de rendre le travail aussi altray an[ que le sont aujourd'hui les plaisirs, les festins, bals, spectacles, etc.
K (»lte attraction n'existe pas, il arrive que le peuple tend partoutlà l'oisiveté, que les riches y teniîent bien plus encore, puisqu'ils peuvent se passer de travailler, et que les sauvages refusent obstinément d'eiercer l'industrie agricole, parce qu'ils ne sont dociles qu'à l'attraction qui ne peut pas, dans l'état actuel , s'allier à l'industrie agricole , manidacluriére et domestique. Aussi les sauvages sont-ils obligés de réduire les femmes au plus dur esclavage.
Sans l'attraction industrielle, on est obligé de contenir le peuple par les sbirres et les supplices, oi^anisor un petit nombre d'esclaves armés qu'on appelle soldai* pour museler et retenir au travail la multitude dâsarméo qu'on appelle talarUs,
Sans (attraction industrielle, toute justice est bannie de l'ordre social qui exigerait avant tout qu'on accordât au peuple une indemnité en compensation des droits naturels doQt il est dépouillé.
L'indemnité à garantir au peuple serait l'avance d'un minimum d'entretien et subsistance ^ mais s'il était assuré de cette avance, il refuserait tout travail. On ne pourra donc faire l'avance du minimum qu'autant que le régime d'attraction industrielle garantira la persévérance des classes pauvres à l'industrie et la rentrée de co minimum annuel qui leur serait avancé. Aussi le système social doit se proposer pour premier but l'attraction industrielle.
3° Ce moyen deviendrait illusoire sans l'appui de l'association la plus nombreuse en industrie agricole, manufacturière et domestique, par laquelle on élL<verait au plus haut degré les économies, le mécanisme et la ricbesse.
Uoidre drillaé, que noos Yantons, esloehii delà HMHBdre asBodatîon possible, car on ne peut pas imaginer de subdiyiaioD plus petite que celle d'une famille, un couple, homme et femme, dont lee enfants, dès qu'ils sont devenus grands. forment d'autres subdivisions domestiques. La Gvilisation est donc le superlatif du morcellement industriel ; c'est l'état le plus opposé à réconomle, au mécanisme, aux combinaisons des moyens industriels, et par suite au progrès des ri*
L'aseodatîoB ou réunion d'une masse de familles industrieuses ne peut se fonder que sur trois dispositions très inconnues dans Tordre civilisé. Ce sont la vérité en relations, la justice en répartition, Toption en durée, en genres et en espèces de travail.
On sait que les associés se brouillent et se séparent : 4* s'il y a tromperie reconnue en affaires, ou seulement tentative de l'un pour duper, tromper l'autre ; 2* s'il y a injustice en répartition, si chaque associé ne se trouve pas rétribué équitablement en raison de son capital, de son travail et de son talent; 3* s'il y a lésion de goûts, si chacun n'a pas le choix du travail qui lui convient, et la liberté de le varier à son gré.
Ces trois conditions sont certainement liées, et chacune est inséparable des deux autres. En vain le peuple se passionnerait-il pour le travail utile, pour l'association et les économies qu'elle fait naître, si on ne trouvait pas un moyen de répartir en raison des trois facultés, capital, travail et talent, le produit du travail, devenu attrayant, serait comme aujourd'hui dévoré par quelques chefe qui ne laisseraient à la multitude qu'un salaire insuffisant.
(1S36.— ai^cotelO.)
A quoi servirait l'art de quadrupler le produit de l'industrie, si tant de richesses ne devaient aboutir qu'à créer, comme aujourd'hui, des légions de misérables, n'ayant pas même la garantie du travail nécessaire à leur subsistance, et réduits à envier le sort du sauvage qui jouit des sept
21* .. oïlr'âVTCUfi^M IWWillWBUfcoitT an
droite iMtarols : chasft, pédie, ooeiUM», inÉMlèiÉBQB, «ta.?
Bn prirant de ces droite les indastrieuit il semble que Tétat civilisé devrait leur garantir en indemnilé aii moins le droit au travail et le nécessaire on minimun d'entretien; mais que résuUerait^il de oette ooneession? Que la peeple^ uae fois assuré d'un petit bien-^tre, ne voudrait plue travail* 1er, parce que Tindustrie B*esl poial attrayante dans Vétel civilisé ou étet de gestion noreelée.
De là vient qu'en Civilisation le Corps social est loroé d'être spéculativement ii^aste en méoeonaissent le driût dn peuple à un nécessaire de minimum d'entretien. Ce mini* mumne peut être concédé que dans le ces oà* existerait faliractiim MuitrUlU qui gan^ntirait, d'une part, l'em« pressemcnt du peuple à exercer Tindustrie, et d'autre part le recouvrement ^ sur le produit de son travail , de l'avanœ clod deux tiers qui lui serait faite en fournitures joum^Uteee, telles que le fera un canton sociétaire.
La classe industrieuse, dite bas peuple, est si malheureuse» qu on devient ridicule en annonçant qu'elle est destinée à jouir d'une grande aisance et d'un grand bonheur sous le régime sociétaire. Jusqu'à présent ses prolecleurs, les écrivains ])olitiques, n'ont su lui créer d'autre bonheur que celui de vivre sous la Constitution; mais la Constitution n'assure ni travail ni pain, encore moins un minimum d'entretien; elle fait tout pour le bien des oisifs, et rion pour la classe industrieuse, dite menu peuple, salariés.
Le bonheur du peuple, objet de tant de vaines recherches, tient donc à établir le régime d'attraction industrielle qui transformant les travaux en plaisirs, garantira la rentrée du minimum à avancer au peuple, et garantira par la même voie le repos des riches, toujours en danger tant que le peuple aigri par la misère est dans un état de guerre intentionnelle avec le riche.
L'état civilisé ou état d'industrie morcelée, subdivisée en pauvres ménages, compromet la sûreté des classes opulentes, en réduisant les prolétaires à l'excès de misère.
C'est' donc de l'attraction industrielle que dépendent le bonheur et le repos de toutes les classes. L'altraaion passionnelle , lorsqu'on l'applique à des masses nombreuses, conduit en tout sens à établir l'association ou gestion combinée des travaux domestiques, agricoles et manuiaclorienSy
iÉMiiMÉ- par maMèsd'eDviroB 8 à 400 faraHi» inégalw lortone, comme nos bourgs de 4,500 à 8,000 habitante.
ieire progrès social est illusoire. La classe riche avance, il. la dasse pantre est staticimaire, toujours au degré D ou absence de minimum. Il est donc fenix que nous ns fait des progrès en politique sociale. II n'y a dans notre tème qu'oppression, spoliation de la classe pauvre, et non justice distributive. Si cette justice existait, le Corps soi devrait^ tout en formant une échelle des fortunes inées, assigner à la basse classe un minimum équivalant au tième aentretien d'un homme de haute classe, ^us ne povvons aucunement admettre ce principe. Quel Mlle du peuple consentirait à travailler, si on lui assuk le train de vie qui exige 7,000 fr. par an ? Cet effet oe ii avoir lieu que dans un régime d'attraction industrielle garantira la persistance des peuples au travail. Son bien- 9 dans ce cas sera doublement utile aux riches , en leur urant :
«a stabilité de Tétat sociétaire qui quadruplera leur relu;
jO charme industriel qui ne peut s'établir qu'autant que le iple est poli, content et bienveillant pour les classes riches, comment pourrait-il s'effectionner aux riches si son bien- ) ne croissait pas en proportion du leur, tout en menant la juste proportion d'échelles entre les neuf classes. La résumé, le minimum sociétaire ou concession d'un nésaire à la classe pauvre doit toujours être fixé au ((8«)) du enu que possède la classe haute qui tient le n» 7 dans le ieau. [Voir la préface du Nouveau Monde induslrieL] ?elle est la condition sine quâ non de l'harmonie socié- •e ou régime d'attraction industrielle.
Quelques gens s'effraient à cette idée de voir le peuple reux, jouissant d'un bien-être qui s'accroît en proportion i^lui des Grands. Je les invite à suspendre tout jugement jn'à ce que je leur aie présenté le compte des pertes que se à l'homme riche les misères du peuple et des bénés que trouverait la classe opulente dans le régime socié- '0, qui sans jamais rompre l'échelle des neuf classes de •une, augmenterait le bien-être de la classe pauvre en port de celui de la classe riche et amènerait les neuf
ii POILANTHROPES, SOKGEZ AUX
classes à s'aimer par convenance respective d'intérit au tien de se baïr de plus pu plus comme aujourd'hui, par suite du progri's ctiU'??;!! d'une industrie qui ne laisse toujours au petiplo ijik; l'uxa-s de misère, même dans les villes c liées conHne Soyen da perfectioiueiiHot, tellea que Ljxm, HoneD, Handiester et Glaacow.
: (iai6 — U, cote 10.)
L'erreur où gont tombas fous nos philanlropea civilisés est de croire qu'il faut travailler au bonheur des pauTrea sans t^en faire pour les ricfaea. Oa est loin des voies de la nahira quand on ne travaille pas pour tous.
(180) à 180B. -* En tète de la première page de ce cahter se trou- Tait d'abord ee titre i « Découverte du calcul mathématique det destinées sodaiêi ou de l'harmonie^ annoncée par une symphonie à plasieurf fugues et eontrefugues à grand orchestre, « — «t plas tas : •'^Vjimowr du mépris de soi-mémef titre d'un livre ascétique annoncé dans le Bulletin de Lyon le 10 brumaire an 1 1 [novembre 1802]. » Tout cela a été rayé, et la page 32 du manuscrit Indique que ce cahier, qui a dû être écrit peu de temps après le 10 bromaire an 1 1 » doit commencer comme suit :)
€•■•▼•• de Us sympkoBle.
Motif en fugue continue.
L*amouT du mépris de soi-même.
Sept motifs en fugue perpéiueUe»
t, L*humbie livre de Hiomblft serviteur de Dieu.