‹ Publication des manuscrits de Charles FourierChapitre 9 sur 136 · INTENTIONS DE DIEU · texte numérisé non relu

INTENTIONS DE DIEU

les ] ] à des ignorants , à des enfants , s'il influe

encore pour moitié sur celles dos hommes de fart, le lot du génie se trouve réduit à pou pr{>s au quart, et le hasard envahit la grande majorité d'influence. N'est-ce pas une disposition monstrueuse, et peut-on croire qu'elle soit conforoie aux intentions de Dieu ? Ou faut- il présumer que les hommes ont manqué la route méthodique des découvertes? Question digne du plus sérieux examen , et qui no sera pas longue à éclaircir.

On ne peut douter que Dieu connaisse toutes les inventions dont Tosprit humain est capable. Â-t-il voulu qu'on ne put y atteindre que fortuitement et vaguement, que les plus pressantes fussent retardées , comme la boussole , de plusieurs mille ans, ou bien at-il assigné quelque procédé régulier pour pénétrer successivement et méthodiquement tous ces mystères?

Si l'on suppose qu'il ait voulu s'en remettre sur nos découvertes aux faveurs du hasard , il contrevient à ses trois attributs, il commet infraction à l'unité, à l'universalité, à l'économie :

4® Infraction à Vunilé de système. Dieu donnerait au hasard une influence presque absolue sur le génie de l'honnme. Dans ce cas, l'homme no serait pas , en fait de génie, identique avec l'esprit de Dieu, dont les lumières ne peuvent être une faveur du hasard.

2® Infraction à VuniversalUé de providence. Dieu aurait laissé au hasard le soin de nous pourvoir de ce qui nous est le plus nécessaire; dans ce cas, nous devrions au hasard plus d'autels qu'à la Divinité.

3® Infraction à Véconomie des ressorts , puisque Dieu aurait exposé les hommes à consumer plusieurs mille ans à la recherche des inventions qu'un calcul régulier aurait pu leur donner en temps convenable.

Il est donc absurde de penser que Dieu ait voulu asservir ainsi le génie au despotisme du hasard, et qu'il ne nous ait pas assigné de méthode régulière pour procéder à l'exploration de toutes les découvertes possibles. Celte méthode doit exister, elle ne doit laisser d'autre chance au hasard que celle du plus ou moins d'à-propos dans rex[)loration et l'application des procédés ; mais toute découverte cherchée doit

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