NOUVEAU SYSTEME DE VANNE TOURNANTE
APPIICABLE AUX Tt' M BINES RECEVAIT L'EAU EN DESSUS, BEPBKSEttTÉE F1G. 6 A 8, PL 23.
MM. Laurent et Deckherr ne se sont pas seulement occupés d'un système de turbines recevant l'eau en dessous, comme celui que nous venons de demi e, mais encore d'un nouveau mode de vannage et de distributeur d'eau, applicable aux turbines dites d'Euler ou de A. Kœchlin, qui reçoivent l'eau en dessus, pour la déverser par la partie inférieure.
Ce système a pour objet de permettre de régler le nombre de passages nécessaires a l'admission de l'eau sur la roue, proportionnellement au volume disponible, c'est-à-dire que l'on varie la section des orifices suivant les dépenses d'eau. Par conséquent, la turbine étant construite pour pouvoir débiter la plus grande quantité d'eau que la rivière est susceptible de fournir dans l'année, à mesure que le volume diminue, on réduit le nombre d'ouvertures qui donnent passage au liquide, au point que l'on peut ainsi arriver à ne dépenser que de très-faibles quantités, comparativement au volume maximum. Nous avons fait voir, dans le premier volume, eu publiant la turbine de M. Gentilhomme, une vanne horizontale, avec laquelle l'auteur a cherché à remplir le même but.
Pour mettre leur idée à exécution, MM. Laurent et Deckherr ont imaginé une disposition fort simple, qui consiste, comme nous venons de le dire, dans l'application d'un nouveau genre de distributeur et dans une nouvelle vanne circulaire se mouvant horizontalement.
Le distributeur est construit de telle sort»' qu'une moitié de ses orifices est recouverte, en partie seulement , par un diaphragme horizontal , à la partie supérieure et du côté de la circonférence la plus éloignée du centre, tandis que l'autre moitié est, au contraire , recouverte en partie, dans la portion la plus rapprochée du centre. La vanne est une sorte de couronne cylindrique qui est ajustée sur le plan supérieur du distributeur, et percée de deux entailles demi-circulaires dont l'une, plus grande de diamètre, est en rapport avec la première série d'orifices, et l'autre, d'un diamètre plus petit, est en correspondance avec la seconde série. Etant dentée à sa circonférence extérieure, cette vanne est extrêmement facile à manœuvrer, de sorte qu'on peut à volonté lui faire changer de position et par suite lui faire découvrir ou recouvrir un plus ou moins grand nombre d'orifices injecteurs.
Les fig. 6, 7 et 8 du dessin pl. 23 montrent bien la disposition de ce nouveau système, et de l'engrenage qui sert à le faire mouvoir.
On voit que le distributeur est une couronne en fonte A, dont l'intérieur U est divisé par une suite de compartiments, de manière à présenter une série d'aubes courbes qui sont sensiblement inclinées vers la partie infé-
PUBLICATION INBIISTRIBI.LK.
rieurc, pour diriger convenablement l'eau sur les aulx* de la turbine
Celle couronne est terminée, h sa base supérieure, par une cloison horizontale, dans laquelle sont ménagées deux ouvertures demi-cireulaiivs C et I), dont l'une débouche la moitié des orifices injecleurs ou des directrices, et l'autre débouche l'autre moitié; mais l'une des ouvertures est d'un diamètre plus petit que l'autre, quoique la section ou la surrace de chacune soit exactement égale.
Sur cette base horizontale, préalablement bien dressée , repose, après avoir été ajustée avec soin, la vanne circulaire E, également en fonte; cette vanne est aussi percée de deux ouvertures demi-annulaires C, IV, absolument semblables et égales aux précédentes C et D, auxquelles elles correspondent exactement lorsque les orifices doivent être entièrement ouverts.
Une garniture en bois F est rapportée à vis sur cette vanne et taillée m regard des ouvertures, suivant une partie arrondit* et é\asée, comme le montre la fig. 6, pour éviter la contraction de l'eau à son entrée dans les aubes directrices. Une saillie ou rebord circulaire a est ménagée à la partie inférieure de la vanne, pour maintenir celle-ci constamment dans l'axe du distributeur ; cette saillie lui sert véritablement de pivot ou de tourillon lorsqu'on In fait tourner sur elle-même.
Au bord ou h la circonférence extérieure de la vanne, est une denture droite b, avec laquelle engrène un petit pignon G, dont l'axe s'élève audessus du sol pour être manœuvré à la main. On comprend sans peine qu'en faisant tourner ce pignon, ou change la position de la vanne, et par conséquent une partie des orifices du distributeur se trouve bouchée entièrement. Il est évident que ce sont toujours les orifices diamétralement opposés qui sont fermés en même temps. On peut arriver ainsi à couvrir successivement toutes les ouvertures du distributeur, et par suite arrêter toute la turbine, ou bien on peut s'arranger pour ne laisser a découvert que deux ou quatre ou six orifices, ou encore n'en recouvrir que deux ou quatre, etc., en proportionnant, dans chaque <ns, le neml rc des orifice», et par conséquent la section des passages, au volume d'eau disponible,
Cette disposition parait très -avantageuse en pratique, d une exécution facile et précise, et d'une application simple et économique.
Des expériences au frein ont été faites récemment sur une turbine en dessus avec ce système de vanne, par une commission d'ingénieurs composée de MM. D l stocqi ois, Larivibrb et Rellehmaisn.
Voici les conclusions du rapport de ces Messieurs :
<■ . . . . Des considérations précédentes, il résulte :
« r Que ta turbine Laurent et Dcckherr, établie à Dolaincourt, rend un effet « utile qui s'élève à 0.7!) du travail absolu dépeusé par le moteur, quand les orilices « d'admission de l'eau sont entièrement démasqués par la vanne tournante;
« 2" Que lorsque la dépense d eau est réduite de 72 à 4», ou de 3 à 2, l'effet utile • est encore de 0.66 ;
« 3- Que la vitesse de cette roue peut varier dans des limites Irès-éteiidnes en
« deçà et au delà de celle qui correspoud au maximum d'effet, sans que le rapport •• d'effet utile au travail absolu du moteur diminue d'une manière notable;
« 4° Que l'effort maximum que cette roue peut exercer s'élève environ à 2.31 fois « celui qui correspond au maximum d'effet : d'où résulte que cette turbine convient « parfaitement aux usines qui, lors de leur mise en train ou pendant leur travail , « peuvent offrir une résistance accidentellement plus considérable que leur résis- « twe moyenne. Sous ce rapport elle est supérieure aux meilleures roues hydrau- « liques.
- Quant au vannage tournant, qui forme surtout le caractère distinctif de cette « turbine, il présente saus contredit, sur tous ceux connus jusqu'alors, une grande « supériorité, tant par sa simplicité que par la régularité de sa manœuvre, qui per- « met d'ouvrir ou de fermer à volonté, soit un certain nombre, soit la totalité des « oriOces pendant la marche même de la turbine. Aussi MM. Laurent et Deckherr
• nous paraissent-ils avoir résolu le problème depuis longtemps cherché, de la dis- ■ position la plus simple pour fermer ou ouvrir successivement et deux à deux
• diamétralement opposés, tous les augets du distributeur.
« Enfin , nous signalerons le mode de graissage employé pour cette turbine, qui « est particulier à MM. I aurent et Deckherr. Il consiste à préserver le pivot et son
• pot à graisse du contact de l'eau , en le plaçant sous une cloche remplie d'air, et « formée par le moyen même de la turbine. Cette disposition , dont l'efficacité est > reconnue par deux années d'expérience sur la turbine de Laneuveville, nous « parait la plus simple et de beaucoup préférable à celles qui ont été employées jus- « qu'à présent .